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Changements climatiques : le N.-B. présente un plan généralement bien accueilli

La centrale thermique de la société Énergie N.-B. à Belledune
La centrale thermique de la société Énergie N.-B. à Belledune Photo: Radio-Canada / François Vigneault
Radio-Canada

Le plan du gouvernement de Brian Gallant, au Nouveau-Brunswick, en matière de lutte aux changements climatiques est bien accueilli par des environnementalistes même s'il laisse deux enjeux en suspens.

Le document intitulé La transition vers une économie à faibles émissions de carbone a été dévoilé mercredi matin à Fredericton.

Le plan contient plus de 100 mesures qui, selon la province, visent à appuyer des « interventions soutenues et ambitieuses en matière de changements climatiques ».

Le gouvernement Gallant annonce qu'une tarification sur le carbone ainsi que des plafonds pour les émissions de gaz à effet seront établis en tenant compte de la réalité de l'économie provinciale.

Le Nouveau-Brunswick prévoit aussi étendre les programmes d’efficacité énergétique et d’énergie propre à tous les secteurs et à tous les combustibles.

Le gouvernement compte augmenter de 50 % les fonds qu'il consacre à l’efficacité énergétique dans son budget d’immobilisation.

Aucune décision sur deux enjeux

Le plan ne précise pas si le Nouveau-Brunswick va imposer un jour une taxe sur le carbone ou créer une bourse du carbone. Dans le plan, on explique que la tarification du carbone va maintenir le statut concurrentiel de la province. Le gouvernement veut éviter que des industries déménagent dans d’autres provinces pour éviter de payer des coûts plus élevés.

De plus, le plan n’offre aucune décision sur le sort de la centrale électrique de Belledune, qui emploie le charbon comme combustible.

Vers l’élimination progressive du charbon

Le gouvernement du Canada a annoncé le mois dernier son intention d’éliminer progressivement d'ici 2030 le charbon comme combustible servant à la production d’électricité. Le gouvernement Gallant espère atteindre cet objectif « tout en respectant la réalité économique du Nouveau-Brunswick ». Il entend collaborer avec le fédéral, les provinces voisines, les services publics d’électricité et d'autres intervenants locaux.

« Si le soutien approprié peut être trouvé afin de minimiser les effets sur les coûts de l’énergie et sur l’économie locale, le charbon pourrait être éliminé d’ici 2030. Sinon, le charbon serait éliminé d’ici 2040, soit la date du statu quo, avec des objectifs de réductions intérimaires des émissions qui sont conformes aux nouvelles normes fédérales », peut-on lire dans le document.

Louise Comeau en entrevueLouise Comeau, du Conseil de la conservation du N.-B., est satisfaite du plan d'action sur les changements climatiques. Photo : Radio-Canada / Michèle Brideau

La ministre de l’Environnement et du Changement climatique du Canada, Catherine McKenna, félicite le gouvernement du Nouveau-Brunswick pour son plan de réduction de ses émissions, et elle lui promet un certain soutien.

« Le gouvernement du Canada travaillera avec le Nouveau-Brunswick sur la mise en oeuvre de mesures pour s’attaquer aux changements climatiques et pour soutenir des projets qui favoriseront la croissance propre et l’atteinte des objectifs de leur plan commun de lutte contre les changements climatiques, dont l’accélération de l’élimination de la production d’électricité à partir du charbon », a déclaré la ministre Catherine McKenna.

Le Conseil de la conservation se réjouit

Louise Comeau, du Conseil de la conservation du Nouveau-Brunswick, estime que le plan est complet et comparable aux meilleurs plans en vigueur ailleurs au pays.

Elle dit que c’est un grand jour pour les travailleurs de la province parce que le plan et son financement entraîneront une création d’emplois dans les domaines de l’énergie renouvelable et de l’efficacité énergétique.

Le Conseil de la conservation, explique Mme Comeau, a observé durant des années un manque de sérieux en matière de lutte contre les changements climatiques. Les choses changent toutefois avec ce plan. Elle souligne qu’il y aura désormais des comités du Cabinet dirigés par le premier ministre. De plus, précise-t-elle, des rapports sur les progrès accomplis seront régulièrement présentés à l’Assemblée législative.

Michel DesjardinsMichel Desjardins, de Grand Moncton Post Carbone, met en doute les intentions réelles du gouvernement de faire une transition rapide vers une économie à faibles émissions. Photo : Radio-Canada / Michel Nogue

Paula Noël, de l'organisme Conservation de la nature Canada, se réjouit notamment des mesures visant à protéger les écosystèmes. « C’est de protéger des écosystèmes naturels, la plupart sur les côtes et des rivières qui sont importants pour protéger les communautés près des côtes [de] l’impact des changements climatiques », souligne-t-elle.

Les intentions du gouvernement remises en question

Michel Desjardins, de l’organisme Grand Moncton Post Carbone, exprime toutefois des doutes sur la volonté du gouvernement.

Aujourd’hui, on annonce une série de mesures positives, mais hier à l’Assemblée législative on déposait une motion pour réitérer notre appui à l’oléoduc Énergie Est. Selon moi, il y a une espèce de contradiction là-dedans. Je pense qu’on peut s’interroger sur la volonté réelle du gouvernement de s’engager dans une transition post-carbone.

Michel Desjardins, de l’organisme Grand Moncton Post Carbone

M. Desjardins estime qu’en encourageant la construction d’un oléoduc, on perpétue la dépendance à l’énergie fossile. Il devient alors plus difficile, selon lui, de faire une transition rapide vers une économie post-carbone.

Les entreprises ne savent pas à quoi s’attendre

Louis-Philippe Gauthier, de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) au Nouveau-Brunswick, s’interroge sur les conséquences de la tarification du carbone.

« On n’a pas encore d’information. On n’a pas encore la décision du gouvernement au niveau de la tarification. Alors, la question: est-ce que ça va être une taxe sur le carbone ou est-ce que ça va être un système de plafonnement et d’échanges, demeure entière », dit-il.

Les membres de la FCEI, explique M. Gauthier, espèrent que le gouvernement réduise leurs impôts si la tarification du carbone entraîne une hausse de leurs coûts.

Acadie

Politique provinciale