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Le monde de la BD en deuil : Gotlib s'éteint à l'âge de 82 ans

Marcel Gottlieb, alias Gotlib
Marcel Gottlieb, alias Gotlib Photo: Facebook (Dargaud)
La Presse canadienne

L'auteur de bande dessinée Gotlib est mort, a annoncé son éditeur Dargaud dimanche.

Le père de la célèbre série humoristique Rubrique-à-brac est décédé dimanche à l'âge de 82 ans, a indiqué l'éditeur sur sa page Facebook.

« Quiconque aura eu un jour la chance de croiser le "brave et généreux Gotlib", comme l'appelait René Goscinny, se souviendra avec tendresse d'un homme d'une gentillesse inouïe, au sourire contagieux et à l'humanité parfaite, qui ne se rendit jamais totalement compte de l'admiration sans bornes qu'il suscitait », écrit-on.

De son vrai nom Marcel Gottlieb, le bédéiste est né en 1934 à Paris. La mère du petit garçon juif était parvenue à le sauver en le cachant chez des agriculteurs pendant l'occupation nazie. À l'âge adulte, il avait raconté cet épisode de sa vie dans une Rubrique-à-brac fort émouvante.

Il crée le personnage de Gai-Luron pour la revue Vaillant, qui deviendra plus tard Pif Gadget.

Recruté par le patron de la revue Pilote, René Goscinny, au milieu des années 1960, il dessine, sur des textes de celui-ci, la série des Dingodossiers, sorte de parodie de la vie des Français de cette époque.

Détail de la couverture de la bande dessinée « Rubrique-à-brac »Détail de la couverture de la bande dessinée « Rubrique-à-brac » Photo : Dargaud

Gotlib crée ensuite la série qui fera sa gloire, la Rubrique-à-brac, mélange détonnant de relecture de conte de fées, de zoologie délirante, de parodie de séries policières (les policiers Bougret et Charolles), dans laquelle il mêle un humour souvent sophistiqué à une poésie bucolique.

Une carrière fructueuse

En 1972, mécontent des relations qu'il entretient avec Pilote, il fonde, en compagnie des dessinateurs Nikita Mandryka et Claire Bretecher, la revue L'Écho des savanes. Trois ans plus tard, il fonde une autre revue, avec ses collègues Alexis et Jacques Diament, Fluide glacial. Parmi ses recrues figure le grand André Franquin. Le créateur de Gaston Lagaffe lui apporte ses Idées noires.

D'autres grands noms sont à l'affiche : Binet, Edika, Goossens ou Maëster.

« J'ai fini par me sentir à l'étroit à Pilote, et puis, 12 ans de psychanalyse m'ont donné le courage de faire des cochonneries », avait-il dit, une citation que reprend le site Internet de L'Obs dimanche.

Il continue de lancer de nouvelles séries dont Pervers Pépère ou encore Rhââ Lovely.

En 1991, Gotlib obtient le Grand Prix du festival d'Angoulême.

Les réactions à l'annonce de son décès ont été nombreuses.

L'auteur Boulet a affirmé, sur Twitter, que Gotlib « était un auteur fabuleux et probablement la plus grosse influence de toute une génération ».

Sa mort a aussi eu des échos au Québec.

L'animateur et humoriste Guy A. Lepage a écrit sur Twitter qu'il « a vénéré cet homme », ajoutant : « Gotlib, le dieu de notre enfance, est mort. »

L'animatrice Marie-France Bazzo faisait, elle aussi, état de sa tristesse sur Twitter. « Un fluide glacial m'envahit. L'immense dessinateur Gotlib est mort », mentionne-t-elle.

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