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Appels à la régularisation du statut des femmes sans-papiers

Une pancarte demandant que le statut des femmes sans-papiers soit régularisé.

Des manifestants demandent à Ottawa que le statut des femmes sans-papiers soit régularisé.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Une soixantaine de manifestantes se sont présentées samedi devant les bureaux de Justin Trudeau à Montréal, dans l'arrondissement de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension, pour demander à Ottawa de régulariser la situation des femmes sans-papiers au Canada.

Les manifestantes ont décidé de porter un masque pour préserver leur anonymat et de se couvrir d'un drap blanc pour symboliser leur invisibilité dans la société, lors du rassemblement organisé par le Collectif des femmes sans statut de Montréal dans le cadre des Journées d'action contre la violence faite aux femmes.

Ces femmes travaillent et ont des enfants, mais n'ont aucun statut légal ni aucun droit. Elles vivent dans la peur constante d'être expulsées.

Maria, membre du Collectif des femmes sans statut de Montréal, croit que les femmes en situation irrégulière sont plus vulnérables que les hommes.

« Ce sont elles qui doivent généralement rester à la maison quand les enfants ne peuvent pas aller à l'école parce qu'ils n'ont pas de papiers. Ce sont elles qui, souvent, restent ici [au Canada] lorsque leur mari est expulsé [...]. Ce sont elles aussi qui ne peuvent dénoncer quand elles sont victimes de violence domestique », a-t-elle expliqué.

Une femme membre du Collectif des femmes sans statut de Montréal parle dans un micro et soutient que les femmes sans-papiers sont plus vulnérables que les hommes.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une femme membre du Collectif des femmes sans statut de Montréal soutient que les femmes sans-papiers sont plus vulnérables que les hommes.

Photo : Radio-Canada

« On accepte le travail qu'on trouve. C'est choisir entre le mauvais et le pire. C'est choisir entre le bas, le plus bas et le plus bas », a déploré une autre membre du Collectif des femmes sans statut de Montréal.

Ce n'est pas une vie, c'est une survie. Tu manges, tu dors et tu essaies. Si tu n'es pas stable, il n'y a rien. C'est la rue. Il y a la police, il y a [l'expulsion].

Une citation de : Une membre du Collectif des femmes sans statut de Montréal

Les enfants sont aussi victimes de cette situation.

« Ils ont vécu toute leur vie ­[en étant] déséquilibrés, sans statut, dans le stress, dans l'anonymat. Ils n’avaient même pas le droit de faire la chose la plus minimale que tous les enfants du monde font : [se faire] des amis. Parce que, tout le temps, ils ont peur de divulguer leur statut », a affirmé une membre du Collectif.

Une femme membre du Collectif des femmes sans statut de Montréal, masquée, parle dans un micro.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une femme membre du Collectif des femmes sans statut de Montréal déplore ce que les enfants d'immigrants sans-papiers doivent vivre.

Photo : Radio-Canada

Les immigrants illégaux au Canada

Contrairement aux États-Unis, la plupart des immigrants illégaux au Canada sont entrés légalement. Ils ne sont toutefois pas repartis après l'expiration de leur papiers.

Des milliers d'immigrants illégaux sont arrêtés chaque année, puis expulsés. Le nombre d'expulsions est toutefois en baisse. En 2012, 18 921 immigrants ont été expulsés, alors qu'ils sont 9422 à l'avoir été en 2015, selon les chiffres de l'Agence des services frontaliers du Canada.

Selon le Collectif des femmes sans statut de Montréal, environ 50 000 immigrants résidant à Montréal n'ont pas de statut légal et, au Canada, ils seraient environ 500 000 dans cette situation.

Dans la dernière décennie, le gouvernement fédéral avait toujours refusé de régulariser la situation des immigrants illégaux, expliquant que cela serait injuste pour ceux qui suivent les règles. Le Collectif des femmes sans statut espère toutefois que le gouvernement Trudeau sera plus conciliant.

Avec les informations de Sarah Sanchez et de Michel Marsolais

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