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Le blogueur Harold Cardenas, un regard jeune et juste sur Cuba

Le reportage de Jean-Michel Leprince
Radio-Canada

Il est considéré, par des médias d'un peu partout dans le monde et des écoles de journalisme, comme l'un des blogueurs qu'il faut lire si l'on veut vraiment découvrir et connaître la réalité cubaine dans toute sa complexité et ses contradictions.

Un texte de Martin MovillaTwitterCourriel 

Il s’appelle Harold Cardenas. Il a 30 ans et il a créé, il y a sept ans, la page web Joven Cuba, ce qui signifie « Jeune Cuba ».

Il nous parle de Fidel Castro sans ambages, il n’a pas beaucoup écrit sur l’ancien dirigeant cubain, président pour les uns, dictateur pour les autres. « Il est vraiment compliqué d’écrire un article honnête sur lui. Souvent, les articles sont louangeurs ou diffamatoires », explique-t-il.

Son regard est toujours fixe et arrêté, il parle avec force et douceur en même temps. Il ne le cache pas : c'est un admirateur de la révolution, mais il croit aussi que la critique peut faire évoluer et améliorer les choses.

Celui qui a déjà été chroniqueur pour plusieurs radios internationales gagne sa vie comme pigiste pour plusieurs émissions culturelles de quelques médias étrangers.

Il représente les nouvelles générations cubaines. Il fait partie de la génération du millénaire et il est convaincu que « les jeunes doivent avoir des plateformes pour faire circuler leurs idées et pour s’exprimer sur les sujets qui les intéressent ».

« Je crois que nous avons une dette et une gratitude envers Fidel Castro, surtout ma famille. C’est grâce à lui qu’ils ont pu étudier pour devenir des professionnels », dit-il, en ajoutant que « la relation des Cubains avec Fidel Castro est purement émotive. En fait, elle n’est pas rationnelle ».

Le blogueur est convaincu d'une chose. « Castro a fait de bonnes choses, mais il a aussi commis des erreurs. Je préfère le Fidel des erreurs, parce cela démontre bien qu’il a été un être humain. »

Pour Harold Cardenas, le peuple cubain a, tout d’abord, aimé Fidel Castro et après, il s’est occupé du modèle économique et politique.

Pour les blogueurs et les journalistes d’opposition, Cardenas est un ami du système, un défenseur du communisme. Mais il y a aussi des gens, du côté du pouvoir politique, qui n’aiment pas ses critiques ou ses commentaires.

La critique est nécessaire pour transformer le pays, pour faire avancer la cause.

Harold Cardenas, blogueur cubain
Le blogueur cubain Harold Cardenas, dans son espace de travailLe blogueur cubain Harold Cardenas Photo : Radio-Canada / Martin Movilla

Les milléniaux cubains, comme ceux d’ailleurs

Quand on parle des funérailles de Fidel Castro et du désintérêt de nombreux jeunes Cubains pour la politique nationale, Harold Cardenas répond : « La génération du millénaire - les jeunes d’aujourd’hui - ne sont pas différents de la jeunesse des années 50 et de ces jeunes de l’époque qui dansaient pendant que les révolutionnaires luttaient pour concrétiser la révolution et chasser le dictateur. »

Pour finir, il ajoute : « La mondialisation a aussi mondialisé l’apathie politique. À cause de la mondialisation, Cuba est entré dans le monde, mais le monde est aussi entré à Cuba. »

Harold Cardenas ne veut pas finir l’entrevue sur Fidel Castro et la jeunesse cubaine sans dire que les jeunes ont toujours, à toutes les époques, cru à la contestation, à la critique et à la remise en question pour consolider les bonnes choses de la société ou des processus de changement comme celui qui a entraîné la révolution.

International