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La biche May retournée dans sa famille : une mauvaise nouvelle selon le Refuge Pageau

Yves Martel et sa biche trouvée il y a plus de 4 ans. Tous deux sont assis sur un canapé.

Yves Martel et sa biche trouvé il y a plus de 4 ans.

Photo : Page Facebook SauvonsMay

Radio-Canada

Il semble que la biche May, dont il a été abondamment question sur les réseaux sociaux, pourra retourner dans sa famille adoptive. L'animal a été saisi par des agents de la faune lundi, après une plainte. L'histoire a fait le tour des réseaux sociaux, soulevant l'indignation de plusieurs. Le retour de l'animal en milieu domestique n'est pas une bonne nouvelle, selon le Refuge Pageau.

Un article de Félix B. DesfossésTwitterCourriel 

Un permis spécial

May est une biche qui est hébergée chez un couple des Laurentides depuis quatre ans. Après avoir perdu sa mère en 2012, alors qu'il était bébé, l'animal a été remis au couple, qui l'a sauvé et l'a élevé. Après avoir été retiré à ses propriétaires et que l'histoire eut enflammé les réseaux sociaux, l'animal pourrait retourner dans la famille.

Les agents de la faune sont en contact avec Brigitte Thomas, qui a accueilli May chez elle, « pour essayer de retrouver les conditions acceptables pour avoir un permis spécial concernant la biche May », confirme Gabrielle Fallu, attachée de presse du ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Luc Blanchette. Le permis spécial pourrait être délivré au cours des prochains jours si la famille arrive à remplir certaines conditions qui sont imposées par les agents de la faune.

« Ça fait partie du quotidien de notre travail »

Marie-Frédérique Frigon, du Refuge Pageau, à Amos accueille cette nouvelle avec un regard critique. « On a eu la même chose avec le raton laveur Nimousse l'an passé. Quand ça fait un tollé dans les médias comme ça, c'est traité comme un cas d'exception, mais ce n’en est vraiment pas un. Ça fait partie du quotidien de notre travail, nous, au refuge, de recevoir des animaux qui ont été gardés illégalement ou d'essayer de convaincre aussi des gens qui ont chez eux des animaux, illégalement, de les remettre à des autorités compétentes », affirme-t-elle.

La loi et la bonne foi

« La biche n'en serait pas là en ce moment si elle avait été traitée adéquatement par des gens qui ont des permis et si elle avait été élevée avec d'autres faons plutôt qu'avec des chiens », continue Mme Frigon.

La responsable des communications du Refuge Pageau ne veut pas accuser la famille qui a accueilli May. « Possiblement que ça a été fait dans l'ignorance de l'existence d'une structure de réhabilitation. Au Québec, il y a quelques centres, on n'est pas les seuls. C'est souvent fait naïvement, sans savoir qu'il y a quelque chose qui existe pour nous aider », précise-t-elle.

Le faon en 2012, après avoir été trouvé à proximité du cadavre de sa mère.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La faon en 2012 lorsqu'il a été trouvé à proximité du cadavre de sa mère.

Photo : Page Facebook SauvonsMay

Pourtant, il est interdit par la Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune d'héberger un animal sauvage. « La loi existe pour protéger l'animal, parce que les gens qui s'improvisent sauveteurs d'animaux n'ont pas nécessairement les connaissances nécessaires pour prendre en charge un animal sauvage. Ça peut causer finalement plus de souffrance à l'animal que lui apporter des bienfaits. Même avec May, même si elle est bien traitée en ce moment, on peut voir que les gens n'ont pas nécessairement fait comme il faut. Si leur but avait été de la remettre en liberté, ils ne l'auraient pas fait coucher sur le coussin avec leurs chiens », souligne Mme Frigon.

Le danger pour l'animal, c'est que les gens se lassent ou réalisent que c'est du trouble et le remettent dehors une fois qu'il est trop tard.

Marie-Frédérique Frigon

L'animal peut aussi représenter un danger pour les humains. Marie-Frédérique Frigon affirme que 70 % des animaux sauvages recueillis par le Refuge Pageau sont porteurs de parasites, tels que des puces ou des tiques.

Cette situation soulève plusieurs interrogations. « Si on remet les animaux aux gens qui les gardent illégalement, tout le temps, la question se pose : est-ce qu'on devrait enlever cette loi? » se demande Mme Frigon.

Des amendes à payer

La famille aura malgré tout des amendes à payer. « On rappelle que Mme Thomas a agi dans l'illégalité pendant plus de quatre ans. Ce n'est pas un comportement qu'on encourage au ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs. On convient que c'est une situation particulière qu'on a regardée d'une façon particulière aussi [...] Quand on trouve un animal sauvage sur le bord de la route, on appelle S.O.S. Braconnage. Il y a une ligne pour ça et il y a des agents de la faune qui travaillent tous les jours pour le bien-être des animaux sauvages et c'est ce qu'on encourage les gens à faire », insiste Gabrielle Fallu.

Écoutez l'entrevue complète accordée par Marie-Frédérique Frigon, du Refuge Pageau, à l'émission Des matins en or.

Entrevue avec Marie-Frédérique Frigon

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