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Se sentant délaissée par la GRC, la famille d’une fille portée disparue se fie aux médias

Wilfred et Bernice Catcheway

Bernice Catcheway affirme qu'aucun inspecteur de la GRC ne l'a contactée depuis la disparition de sa fille Jennifer, il y a huit ans.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les parents de Jennifer Catcheway, une jeune manitobaine disparue, réclament une meilleure communication entre la police et les familles des filles et des femmes autochtones disparues. Ils disent dépendre des médias pour rester informés au sujet de l'enquête sur la disparition de leur enfant.

Bernice et Wilfred Catcheway se sont adressés à une salle comble, mercredi, lors d’une séance de discussion ouverte sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, à l’Université de Winnipeg.

Jennifer Catcheway est portée disparue le 19 juin 2008.

Jennifer Catcheway a été portée disparue le 19 juin 2008.

Photo : Famille Catcheway

« Nous avons cessé de nous en remettre à la Gendarmerie royale du Canada, aux responsables. Ils nous disent : “Nous sommes vos alliés, nous nous tenons à vos côtés”. Bien, je ne les vois pas. Pas un seul d’entre eux », a évoqué Bernice Catcheway entre deux sanglots.

Jennifer Leigh Catcheway, de Portage-la-Prairie, a disparu le 19 juin 2008 alors qu'elle se préparait à fêter son 18e anniversaire.

Malgré leurs efforts constants et leur croyance que la GRC les gardait au courant des nouvelles relatives à l’enquête, Mme Catcheway a dit qu’elle et son mari ont appris des médias que la police avait transmis le dossier de Jennifer à l’escouade des homicides.

« Chaque fois que je leur pose une question, ils disent “Nous ne pouvons pas vous en parler, parce que l’enquête est en cours”. Bien, il faut en parler. Il faut communiquer », a-t-elle estimé.

La GRC ne m’appelle pas. En fait, je n’ai jamais reçu d’appel de quiconque affecté au dossier de ma fille, au dossier de Jennifer – même pas le détective. Personne ne m’appelle.

Bernice Catcheway, mère de Jennifer

La famille de la jeune femme disparue cherche sans relâche depuis huit ans un quelconque indice qui pourrait expliquer ce qui est arrivé à l'adolescente. Celle-ci serait âgée aujourd'hui de 26 ans.

Enquête nationale sur les femmes autochtones disparues et assassinées 

Une question de racisme?

La première fois que la mère de Jennifer a signalé la disparition de sa fille, Mme Catcheway a affirmé qu'un agent de police aurait répondu que sa fille était partie à une fête et a déclaré : « Elle doit être partie sur une brosse ; donne-lui une semaine, elle va revenir ».

Le père de l’adolescente, Wilfred Catcheway, rappelle que, dans les jours suivant la disparition, une douzaine de bénévoles se sont présentés pour effectuer une battue.

Je ne suis pas raciste, mais quand une fille blanche était portée disparue à Portage-la-Prairie, plus de 1500 personnes se sont présentées. C’est quoi le problème avec notre société ? Est-ce une question de pouvoir ?

Wilfred Catcheway, père de Jennifer

« Quelles mesures ont prises les forces de police pour arrêter le racisme? Qu’a-t-elle fait depuis huit ans? Où en sont les preuves? », a-t-il demandé.

La surintendante de la GRC, Jeanette Thiesen, aussi présente au forum public, a abordé les questions des Catcheway lors de son intervention. La policière a rapporté que l’enquête sur la disparition de Jennifer se poursuit « très activement » et que l’équipe d’enquête donne suite aux informations que Mme Catcheway et son mari transmettent à la police.

L’agente Theisen a soutenu que la GRC déploie des efforts à l’égard du racisme et pour sensibiliser les policiers en ce qui a trait aux conséquences de leurs actions afin qu’ils en assument la responsabilité. Elle a encouragé toute personne qui croit avoir été victime de discrimination de se faire connaître et de signaler l’incident. « Comme dans tout autre domaine, nous avons besoin de l’aide du public », a-t-elle concédé.

Manitoba

Autochtones