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Les manifestants de Standing Rock refusent de bouger malgré les conditions difficiles

Montréal Ce soir, 19 juin 1995

Radio-Canada

La scène ne fait pas de doute, l'hiver est arrivé en force au Dakota du Nord. Un tapis blanc recouvre le camp d'Oceti Sakowin, où les protestataires de la Première Nation de Standing Rock se sont installés afin de s'opposer à la construction d'un pipeline.

Plus tôt cette semaine, le gouverneur du Dakota du Nord a ordonné le démantèlement du camp, mais les protestataires continuent de faire à leur tête : ni le temps ni les ordres du gouvernement ne parviendront à les forcer à quitter les lieux.

« Je ne vais nulle part », affirme Diana Baker, une sympathisante à la cause sioux. Elle habite sous une une tente et des bâches et tente tant bien que mal de se garder au chaud grâce à plusieurs couvertures.

Résidente de la Californie, Diana Baker est arrivée à Standing Rock il y a environ trois semaines et aide à fournir de la nourriture, du café et des vêtements chauds aux autres résidents du camp.

Même si elle a eu peur que son refuge de fortune ne s’envole avec les bourasques, elle ne change pas d’idée.

« Les protecteurs de l'eau »

Le sentiment est partagé par plusieurs dans le camp. Theresa Burns, alterne entre passer du temps chez elle à Pine Ridge au Dakota du Sud et dans le camp d'Oceti Sakowin depuis septembre. « C’est difficile de quitter l’endroit très longtemps », affirme-t-elle.

Elle a choisi de revenir après l’élection de Donald Trump dans le but de « faire quelque chose de bien ». Elle envisage d'isoler son véhicule récréatif avec de la paille et ne prévoit pas quitter le site sous peu.

« Je resterais ici jusqu’à ce qu’ils abandonnent », affirme Theresa Burns à propos du projet de développement du controverser pipeline. « Je suis ici jusqu’à mars peut-être. »

Le camp d’Oceti SakowinAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le camp d’Oceti Sakowin recouvert d'une épaisse couche de neige

Photo : Radio-Canada / Tyson Koschik

La compagnie texane Energy Transfer Partners est à l’origine du projet Dakota Access pipeline qui propose la construction d'un oléoduc de 1885 kilomètres. Une fois complété, celui-ci traversera quatre états américains transportant du pétrole du Dakota du Nord jusqu’à l’Illinois. Le projet est pratiquement complété, à l’exception d’un segment qui doit passer sous un réservoir de la rivière Missouri.

Les opposants au pipeline qui se nomment eux-mêmes « les protecteurs de l’eau » voient le projet comme une menace grave à la plus importante réserve d’eau potable de la région et à des sites considérés sacrés.

Depuis plusieurs mois, des milliers de personnes ont dressé une poignée de camp en opposition à ce projet de pipeline, mais le plus important est celui d’Oceti Sakowin au nord de la rivière Cannonball.

Depuis que l’hiver s’est installé sur le camp, les autorités ont décidé qu'il devait être démantelé et rapidement.

La semaine dernière, l’armée américaine et le gouverneur de l’état du Dakota du Nord, Jack Dalrymple, ont chacun ordonné le démantèlement du camp.

Ils prétextent l’hiver rigoureux, la protection des manifestants et des policiers ainsi que le manque d’efficacité à pourvoir les soins d’urgences.

« Le public doit savoir que l’endroit n’est pas sécuritaire, affirme le gouverneur mardi. Les gens pourraient littéralement être ensevelis par la neige et ça devient très dangereux. »

La sécurité incertaine

Diana Baker suggère au gouverneur de déneiger les routes et d’envoyer une personne pour s’assurer que tout va bien. Elle dit aussi d’arrêter d’arroser les protestataires lors des confrontations.

Les « protecteurs de l’eau » disent avoir été arrosés par des canons à eaux alors que la température était glaciale. Ils disent aussi que les policiers ont utilisé des balles de caoutchouc et des gaz lacrymogènes.

Le shérif du conté de Morton, Kyle Kirchmeier, dit que les policiers utilisent seulement la force nécessaire.

Depuis le 10 août, 563 personnes, provenant majoritairement de l’extérieur, ont été arrêtées selon le shérif. « Je crois que l’endroit a été pris d’assaut par des militants de la gauche qui n’ont rien avoir avec l’agenda des gens de Standing Rock », ajoute-t-il.

Pour l’instant, personne ne sait comment l’ordre d’évacuation sera appliqué, mais plusieurs estiment qu’ils resteront « jusqu’à la fin ». Le chef du conseil de bande, Dave Archambault, a quant à lui expliqué que la dernière chose qu’il souhaite c’est de la confrontation, parce que lorsqu’il y a confrontation les gens sont blessés.

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