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Lutte contre le VIH : Québec solidaire demande un plan d'action

La députée de Sainte-Marie-Saint-Jacques, Manon Massé

La députée de Sainte-Marie-Saint-Jacques, Manon Massé

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Québec doit financer adéquatement les organismes communautaires qui luttent contre le VIH pour compenser la perte de subventions fédérales, affirme la députée solidaire Manon Massé, alors que des projets de prévention devront être abandonnés un peu partout au Québec, faute d'argent.

Un texte de Mylène CrêteTwitterCourriel 

Québec solidaire a profité de la journée mondiale du sida, jeudi, pour présenter une motion à l'Assemblée nationale, adoptée par les députés présents, qui vise entre autres à promouvoir l'éducation sur le VIH, qui cause la maladie, et défendre les droits des personnes qui en sont atteintes.

Le texte de la motion

« Que l'Assemblée nationale prenne acte de la Déclaration québécoise des droits et responsabilités des personnes vivant avec le VIH-sida;

« Qu'elle s'engage à défendre les droits de chacun, et refuser la discrimination et la stigmatisation; promouvoir l'éducation et l'information, et combattre l'ignorance; favoriser la solidarité et l'inclusion, et combattre l'abandon; résister à la banalisation et combattre les préjugés; persévérer et refuser le fatalisme;

« Finalement, que l'Assemblée nationale invite les citoyennes et citoyens du Québec à adhérer aux principes d'inclusion de cette déclaration. »

« Nous voulons que le gouvernement dépose un plan clair pour nous permettre de diminuer le plus possible la transmission du VIH-sida, de nous permettre de bien accompagner les gens qui en sont porteurs et de nous assurer de faire la prévention nécessaire », demande Manon Massé.

À pareille date l'an dernier, un groupe d'experts estimait qu'il serait possible d'éradiquer la transmission du virus d'ici cinq ans sur le territoire québécois. Depuis, des organismes communautaires, un peu partout au Québec, ont appris que le financement qu'ils recevaient du gouvernement fédéral pour faire de la prévention était annulé en raison de nouveaux critères d'approbation.

« Nous faisons face actuellement à une crise où il y a des régions complètes du Québec et des populations qui sont exclues du prochain financement fédéral », dénonce Ken Monteith, le directeur général de la Coalition des organismes communautaires québécois de lutte contre le sida (COCQ-sida).

Régions exclues :

  • Bas-Saint-Laurent
  • Côte-Nord
  • Saguenay
  • Abitibi (à l'exception d'un projet spécifiquement pour les Autochtones)
  • Laurentides
  • Laval
  • Lanaudière

« Dans presque toutes les régions du Québec, il y a au moins un organisme de lutte contre le VIH-sida et il faut absolument que ces organismes aient les moyens de maintenir leurs activités de base », poursuit Ken Monteith.

La ministre fédérale de la Santé, Jane Philpott, a promis des fonds jusqu'en 2018 pour aider les organismes exclus à s'adapter. Ken Monteith croit que le gouvernement du Québec devrait profiter de l'occasion pour bonifier son programme de soutien aux organismes communautaires afin que ces groupes puissent obtenir un financement stable et être moins dépendants des enveloppesdestinées aux projets.

Manon Massé a profité d'une conférence de presse confirmant le dépôt de sa motion pour embrasser des sidéens qui l'accompagnaient. Un « geste de sensibilisation » destiné à montrer que le SIDA « ne s'attrape pas de même », a-t-elle souligné.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Manon Massé a profité d'une conférence de presse confirmant le dépôt de sa motion pour embrasser des sidéens qui l'accompagnaient. Un « geste de sensibilisation » destiné à montrer que le SIDA « ne s'attrape pas de même », a-t-elle souligné.

Photo : Radio-Canada

Responsabilité québécoise

Certains des organismes qui voient leur financement fédéral réduit sont dans la circonscription de Sainte-Marie-Saint-Jacques, représentée par Manon Massé. « La santé publique est de responsabilité québécoise, dit-elle. C'est à M. Barrette à investir de l'argent, à négocier avec le gouvernement canadien et à s'assurer que le programme soit réorienté. »

Le Fonds d'initiatives communautaires en matière de VIH et d'hépatite C du gouvernement fédéral dispose d'une enveloppe annuelle de 26,4 millions de dollars. Les projets de 124 organisations un peu partout au pays ont été retenus, dont 13 au Québec.

Pour mettre fin à la discrimination

En conférence de presse jeudi, Jacques Gélinas, un sidéen engagé de longue date dans la lutte contre la maladie, a estimé que l'appui exprimé à la Déclaration des droits et responsabilités des personnes vivant avec le VIH, par l'intermédiaire de la motion, était un geste « primordial » pour contrer la montée de la discrimination dont les sidéens sont victimes.

Cette déclaration, issue d'une rencontre nationale tenue à Montréal en 2007, constitue non seulement une prise de parole pour les sidéens, mais aussi une « une prise de position politique, qui dénonce l’état actuel du droit et réclamant clairement l’égalité de tous et toutes devant la loi ». En l'appuyant, les parlementaires poseraient un « geste de compassion et de solidarité ».

« Il y a peut-être 80 % [des employeurs] qui disent que les personnes qui vivent avec le VIH devraient dire qu’elles sont des personnes avec le VIH. […] Si on le disait, il y en a 60 % qui disent qu’ils ne nous embaucheraient pas. […] Il faut que cesse cette discrimination », a-t-il illustré.

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