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GES : les Ontariens paieront pour des réductions au Québec et en Californie

Photo des émissions polluantes sortant d'une cheminée d'usine

Cheminée d'usine (archives)

Photo : AP / Mark Schiefelbein

Radio-Canada

Pas moins de 80 % de la réduction des émissions de gaz à effet de serre prévue par l'Ontario d'ici 2020 dans le cadre du nouveau marché du carbone sera réalisée au Québec ou en Californie, prévient la vérificatrice générale ontarienne.

L’Ontario n’atteindra ainsi ses objectifs en matière de GES que grâce à l’achat par des entreprises ontariennes de crédits de pollution de compagnies québécoises ou californiennes.

Pas de contrôle de la qualité selon la vérificatrice

Le coût de ces crédits, estime la vérificatrice Bonnie Lysyk : 466 millions de dollars de 2017 à 2020 et plus de 2,2 milliards en 2030.

Les fonds en question pourraient quitter l’économie de l’Ontario uniquement pour permettre au gouvernement de prétendre qu’il a atteint une cible.

Bonnie Lysyk, vérificatrice générale de l'Ontario

La vérificatrice ajoute que l’Ontario, le Québec et la Californie pourraient clamer en double une partie des mêmes réductions de GES dans le cadre de leur marché d'échange conjoint.

À lire aussi : La rentabilité incertaine du marché du carbone

Photo de la passerelle à Pickering en septembre 2016Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Photo de la passerelle à Pickering en septembre 2016

Photo : Rapport de la vérificatrice générale de l'Ontario

AUTRES FAITS SAILLANTS DU RAPPORT

Le rapport annuel de la vérificatrice générale – pour la première fois en deux volumes d'un total de plus de 1200 pages – contient une litanie d’autres exemples de gaspillage et de mauvaise gestion des fonds publics :

  • Le ministère des Transports a payé 23 millions de dollars pour la réparation de fissures dans l’asphalte de cinq grandes routes, pavées seulement un à trois ans plus tôt alors qu’elles devaient durer 15 ans. Par ailleurs, le Ministère a continué à verser des primes à des entrepreneurs, même après s’être rendu compte qu’ils avaient trafiqué leurs échantillons d’asphalte.
  • L’agence provinciale Metrolinx a accordé à un entrepreneur la 2e phase d’un contrat pour la construction d’une passerelle pour piétons au-dessus de l’autoroute 401 à Pickering, même s’il avait bâclé la 1re phase du projet de 19 millions de dollars, en installant notamment une poutre à l'envers initialement. Durant la 2e phase, il a «  gravement endommagé  » la passerelle. Metrolinx lui a quand même payé la presque totalité de la somme prévue au contrat, en plus de choisir la même compagnie pour un autre projet de 39 millions.
  • Le ministère de la Santé n’a pas enquêté sur 9 spécialistes qui ont facturé plus de 360 jours de travail en 2015-2016, dont six, qui disaient avoir travaillé 366 jours (2016 était une année bissextile).
  • 14 ans et 8 milliards de dollars plus tard, l’agence cyberSanté n’a toujours pas mis au point les dossiers médicaux électroniques que les Ontariens devaient avoir l’an dernier.

Hausse des tarifs d’électricité

Photo de la vérificatrice générale de l'Ontario Bonnie Lysyk qui présente son rapport annuel 2016 à la presse.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La vérificatrice générale de l'Ontario Bonnie Lysyk

Photo : Radio-Canada / Michel Bolduc

Dans son rapport, la vérificatrice rappelle également que le régime de plafonnement et d’échange de l’Ontario entraînera une augmentation des coûts de l’énergie :

  • 210 $ de plus annuellement en 2019 pour les ménages ontariens (essence et gaz naturel).
  • 7 % de plus en 2030 pour les tarifs d’électricité industriels, alors que la Chambre de commerce de l’Ontario affirme que le coût élevé de l’électricité est déjà le « plus grand risque  » pour ses membres, en matière de concurrence.

L’Ontario a choisi en 2008 d’adhérer à un marché du carbone avec le Québec et la Californie. Toutefois, ce n’est qu’en 2016 que le gouvernement a mené une analyse comparative d’autres approches.

Ce rapport révèle que le régime conjoint choisi par l’Ontario est celui qui mènera à la plus faible réduction réelle des émissions dans la province en 2020, alors que c’est celui qui coûtera le moins cher par tonne aux émetteurs.

 

Les libéraux ont promis de réinvestir les 8 milliards générés par le marché du carbone dans différents programmes et projets verts.

Toutefois, la vérificatrice souligne que certaines de ces initiatives avaient déjà été annoncées, incluant l’électrification du réseau de trains de banlieue GO dans la région de Toronto. « La province a trouvé un autre moyen de financer ses coûts, sans cependant réduire davantage les émissions », affirme Mme Lysyk.

Santé mentale

Une femme atteinte de dépression.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une femme atteinte de dépression.

Photo : iStock

Certains patients souffrant de troubles mentaux attendent jusqu'à trois mois pour des traitements dans les hôpitaux psychiatriques spécialisés de la province, constate également la vérificatrice générale dans son rapport.

Par ailleurs, le nombre d'enfants et de jeunes souffrant de problèmes de santé mentale a augmenté de 50 % depuis 2008-2009, selon Mme Lysyk, qui se demande pourquoi la province n'a pas cherché à connaître les raisons expliquant cette tendance préoccupante ni tenté de la corriger.

Publicités partisanes

La vérificatrice provinciale reproche aux libéraux d'utiliser des deniers publics pour faire de « l'autopromotion ».

Elle cite les exemples notamment de récentes campagnes du publicité du gouvernement sur l'augmentation des dépenses en santé et sur l'environnement qu'elle juge « complaisantes ».

La province réagit

Dans la foulée de la présentation du rapport, plusieurs ministres du gouvernement libéral ont assuré aux médias le compte-rendu de la vérificatrice générale ne resterait pas lettre morte.

Le ministre des Transports, Steven Del Duca, a notamment assuré qu'un suivi serait fait par son ministère.

 

La province a dépensé plus de 6 milliards de dollars en cinq ans pour la construction et la réfection de routes principales. De ce montant, près d'un milliard et demi a été dépensé pour le pavage.

Le député conservateur Michael Harris met en doute la capacité du gouvernement de superviser les grands projets d'infrastructures qui s'annoncent.

Considérant ce rapport, comment pouvons-nous faire confiance aux libéraux pour la surveillance et l'imputabilité nécessaires pour les milliards de dollars qui seront dépensés pour nos besoins en infrastructures?

Michael Harris, porte-parole conservateur en matière de transports

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Toronto

Politique provinciale