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Vague de vandalisme dans Hochelaga-Maisonneuve

Le reportage de Julie Marceau
Radio-Canada

Cinq commerces de l'arrondissement Hochelaga-Maisonneuve ont été vandalisés dans la nuit de dimanche à lundi. Les malfaiteurs ont fracassé les vitrines et aspergé les installations de peinture. Le maire de l'arrondissement dit envisager l'installation de caméras de surveillance dans le secteur.

Les commerces en question sont situés sur un tronçon de la rue Sainte-Catherine Est situé entre l'avenue Orléans et la rue Jeanne-d'Arc, tout juste à l'ouest du boulevard Pie-IX. Il s'agit de deux détaillants de meubles – Montréal Moderne et Showroom Montréal – d'un salon de coiffure, d'une agence immobilière et d'un petit fabricant de lampes artisanales.

« Il y a des témoins qui ont vu au moins une dizaine de personnes », affirme le propriétaire de Montréal Moderne, Martin Lafrance. « Ils étaient munis d’extincteurs à fumée qu’ils ont remplis de peinture. Ils ont cassé mes vitrines et, par les trous que ça a créés, ils ont tout simplement vidé leurs extincteurs dans mon commerce. Sous la pression, il y a eu de la peinture sur pratiquement 75 % de ma marchandise. »

Marc Gosselin n'a pas caché son désarroi après que son commerce a été vandalisé.Marc Gosselin n'a pas caché son désarroi après que son commerce a été vandalisé. Photo : Radio-Canada

Les caméras de surveillance d'un bar voisin ont permis de capter des images des vandales, mais ces derniers seront difficilement identifiables, puisqu'ils avaient le visage masqué.

« C’est dur à comprendre », affirme Marc Gosselin, de Showroom Montréal, visiblement choqué des dommages que son commerce a subis.

« Nous, on commence à se sentir victimes. On commence à être terrorisés. Je ne sais pas comment on peut appeler ça. Je ne sais pas si c’est du terrorisme ».

Ils veulent qu’on ferme boutique? Ils veulent qu’on change de carrière? Ils veulent qu’on change de quartier? Pourquoi c’est leur quartier et pas le nôtre? Pourquoi ce n’est pas notre quartier?

Marc Gosselin

« C'est décevant, déstabilisant », soutient Julie Duquette, propriétaire du salon de coiffure La Cornette touffue, également touché. « Moi, j’habite dans le quartier, j’aime le quartier, j’ai une vie de famille dans le quartier – c’est très familial, très accueillant. […] Je ne me voyais pas travailler ailleurs », dit celle qui a ouvert son commerce en janvier dernier.

« J'ai l’impression que ces attaques ne sont peut-être pas ciblées aux bonnes personnes », ajoute la femme d'affaires. « On est des travailleurs comme tout le monde, moi je travaille sept jours sur sept pour réussir à venir à bout d’arrondir les fins de mois. »

Il y a quelques mois, d'autres commerces d'Hochelaga-Maisonneuve avaient aussi été vandalisés par des personnes disant vouloir dénoncer l'embourgeoisement du secteur. Les vandales qui ont frappé au cours des dernières heures n'ont cependant laissé aucun message derrière eux.

« Nous sommes rendus à notre sixième vague depuis le début de l’année. Il y a 22 commerces qui ont été vandalisés », précise le commandant du poste de quartier 23 du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Martial Mallette.

 

M. Mallette assure que le SPVM déploie « énormément d'efforts » pour résoudre ces crimes et qu'il a toujours « espoir de procéder à des arrestations », même si cela s'avère compliqué. « Les personnes sont souvent cagoulées, donc évidemment l’identification est difficile », indique-t-il.

En entrevue au Réseau de l'information, le maire de l'arrondissement Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, Réal Ménard, affirme pour sa part que l'arrondissement doit envisager l'installation de caméras de surveillance dans le secteur, afin d'aider les policiers à « récolter de la preuve », même si une telle approche peut soulever des questions en matière de protection de la vie privée.

Je pense qu’on en est rendu à envisager des caméras de surveillance. [...] Il faut qu’il y ait des accusations qui soient portées. Tous les moyens qui vont permettre de faire aboutir les enquêtes doivent être envisagés.

Réal Ménard

En appui aux commerçants

M. Ménard demande en outre aux résidents du quartier de faire preuve de solidarité avec les commerçants touchés. « Ce n’est pas le vivre-ensemble qui est en cause », soutient-il. « La très très grande majorité [des résidents] croit à la mixité sociale. »

Sans attendre, la Société de développement commercial Hochelaga-Maisonneuve (SDCHM) a d’ailleurs décidé de lancer une campagne de soutien aux commerçants touchés, dans les médias et sur Facebook.

Elle demande d’abord à la population de visiter ces commerces et d’y faire des achats.

La SDCHM invite également les gens à se rendre sur sa page Facebook, où l’achat de certificats-cadeaux, de chandails et d’autocollants en soutien aux commerçants seront notamment proposés. Tous les profits iront aux commerces vandalisés.

« On a décidé de proposer quelque chose de positif face à cette situation intolérable. Nos commerçants sont extrêmement importants, ils revitalisent la rue Saint-Catherine Est. Ça a un impact très important pour nos résidents en terme de propreté, en terme de sentiment de sécurité, et on n’est pas prêts à laisser aller les choses », a indiqué un porte-parole de la SDCHM.

Grand Montréal

Justice et faits divers