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Cuba honore la mémoire de Fidel Castro

Des Cubains font la file, place de la Révolution, pour rendre un dernier hommage à Fidel Castro.

Photo : Reuters / Carlos Barria

Radio-Canada

À La Havane, des centaines de milliers de Cubains défilent dans une atmosphère empreinte d'émotion et de recueillement, place de la Révolution, devant des portraits du « Comandante » Fidel Castro, mort vendredi.

La procession se poursuivra mardi matin, avant qu'une « cérémonie de masse » destinée aux dignitaires étrangers ne se mette en branle en soirée. Le premier ministre canadien JustinTrudeau ne sera pas présent pour l'occasion.

C'est par un énorme coup de canon qui a retenti dans toute la capitale que la cérémonie de deux jours a été lancée vers 9 h, place de la Révolution, là où Fidel Castro prononçait ses discours légendaires. Des Cubains avaient déjà commencé à faire la file des heures plus tôt pour rendre hommage au père de la révolution cubaine.

Contrairement à ce qui était attendu, l'urne contenant les cendres de l'ex-président n'a pas été présentée au public, qui défilait dans le calme, mais à un rythme soutenu, devant les trois portraits en noir et blanc de Fidel Castro. Certains immortalisent l'évènement avec leurs téléphones portables, beaucoup ont les larmes aux yeux.

« C'est le père de tous les Cubains », commente Lourdes Rivera, fonctionnaire retraitée de 66 ans, assise sur le trottoir avec son bouquet de glaïeuls. « Mon papa était mon papa, mais il n'a pas pu me donner ce que (Fidel) m'a donné. Il m'a tout donné, la liberté, la dignité. »

« Fidel, c'était le pays, la révolution. Mais par-dessus tout, Fidel était un homme qui avait su ouvrir son coeur au peuple », affirme en larmes Ana Maria Vasquez, qui dit avoir travaillé au Conseil exécutif d'État, que le Lider maximo a présidé jusqu'à ce qu'il cède les rênes du pouvoir à son frère Raul, il y a une dizaine d'années.

Le combat des dissidents se poursuit

Ces festivités laissent froids la plupart des dissidents. Ils entendent rester discrets pendant les neuf jours de deuil, par respect, mais aussi par crainte de représailles.

« On va rester tranquille, même si (Fidel) est le principal responsable de la misère et de l'absence de droits politiques à Cuba », explique Jose Daniel Ferrer, ancien prisonnier politique et dissident « historique ». Le combat se poursuivra par la suite, dit-il.

Nous allons continuer à combattre le système que (Fidel) a créé. C'est cela notre véritable ennemi.

Jose Daniel Ferrer

Des sources diplomatiques ont confirmé que les dignitaires étrangers ont été conviés à une « cérémonie de masse » qui se tiendra mardi soir dans la capitale cubaine, plutôt qu'aux funérailles qui auront lieu dimanche à Santiago de Cuba, dans l'est du pays.

Le gouvernement canadien a confirmé de son côté qu'il sera représenté pour l'occasion par son gouverneur général, David Johnston, plutôt que par Justin Trudeau.

Le premier ministre canadien, qui avait rencontré Fidel Castro lors des funérailles de son père, Pierre Elliott Trudeau, à Montréal, en 2000, a été critiqué en fin de semaine pour des commentaires jugés trop complaisants à l'endroit du leader cubain. Il a dû préciser, dimanche, qu'il le considérait bel et bien comme un « dictateur ».

Le président russe Vladimir Poutine ne sera pas de la partie non plus. Ce dernier justifie son absence par un horaire chargé et la préparation d'un discours important. Le leader de la Douma, Vyacheslav Volodin, dirigera la délégation russe qui se rendra à Cuba. Moscou a été le principal allié du régime castriste jusqu'à la chute de l'URSS au début des années 1990.

La Maison-Blanche a aussi fait savoir lundi que ni le président Barack Obama ni le vice-président Joe Biden ne se rendront à Cuba pour rendre un dernier hommage à Fidel Castro. Le porte-parole de la Maison-Blanche, Josh Earnest, a précisé qu'une annonce serait faite dans l'hypothèse où une délégation américaine serait envoyée sur place.

Trois bougies allumées et une photo de Fidel Castro pour représenter que les Cubains sont en deuil à la suite de la mort de l'ex-dirigeant communiste.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les Cubains sont en deuil au lendemain de la mort de Fidel Castro.

Photo : Reuters / Jorge Cabrera

C'est au lendemain de cette cérémonie que les cendres de Fidel Castro seront transférées de La Havane vers Santiago de Cuba. Cette procession, qui traversera 13 des 15 provinces cubaines sur une distance de près de 1000 kilomètres, se poursuivra jusqu'à samedi. Le cortège empruntera symboliquement le trajet inverse de celui de l’armée rebelle entre les monts de la Sierra Maestra et la capitale du pays.

Les cendres de Fidel Castro seront ensuite inhumées dimanche au cimetière de Santa Ifigenia, de Santiago de Cuba, qui abrite déjà la tombe du héros national de l'indépendance, José Marti.

Premier vol américain vers La Havane

Le hasard a fait en sorte que le premier vol commercial entre les États-Unis et La Havane a eu lieu ce matin, trois jours après la mort de Fidel Castro. Un vol d’American Airlines s’est envolé de Miami à 7 h 30 ce matin pour rallier la capitale cubaine. La société assurera cette liaison quatre fois par jour à compter de jeudi.

Un vol commercial assurait la liaison entre Miami et Santa Clara, mais les avions ne se rendaient pas à La Havane. Un vol reliant New York à La Havane sera également inauguré jeudi. À terme, quelque 110 vols par jour seront offerts entre Cuba et les États-Unis.

La Corée du Nord porte le deuil

Les Nords-Coréens ont également entamé trois jours de deuil ce matin en hommage à Fidel Castro qu’ils qualifient d’« ami proche » et d’allié dans la lutte contre l’ennemi américain. Les drapeaux ont été mis en berne à la mémoire du dirigeant cubain qui a visité le pays en 1986.

Castro avait, en cette occasion, rencontré le père fondateur de la Corée du Nord Kim Il-Sung. Le leader cubain avait été honoré du titre de « héros de la République populaire et démocratique de Corée » en raison de ses efforts pour développer les relations bilatérales entre les deux pays et pour sa position « aux avant-postes de la lutte antiaméricaine et anti-impérialiste ».

Notre envoyé Philippe Leblanc a rencontré Juanita Castro, soeur de Fidel Castro, exilée à Miami depuis 1964.

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, et Associated Press

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