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Ballons dirigeables : portrait de l'industrie en Ontario

Essai en vol d'un dirigeable hybride de Solar Ship en juillet 2014
Essai en vol d'un dirigeable hybride de Solar Ship en juillet 2014 Photo: Radio-Canada / Solar Ship
Radio-Canada

Plusieurs entreprises ontariennes s'intéressent à l'utilisation de ballons dirigeables pour le transport de marchandises. Le Canada et l'Ontario suivent de près l'évolution de cette industrie, mais se montrent prudents avant de délier les cordons de la bourse.

Un texte de Stéphany LaperrièreTwitterCourriel  

L'idée d'utiliser des ballons dirigeables pour le transport de marchandises n'est pas neuve.

En 2013, les avantages théoriques de l'utilisation de ces aéronefs ont été évoqués dans un rapport du Comité permanent des transports, de l’infrastructure et des collectivités de la Chambre des communes sur l'innovation dans le secteur des transports.

Dans ce rapport, le Comité appelle à la prudence avant d'investir dans de nouvelles technologies.

« Le Comité ne propose pas l’injection de nouveaux fonds publics dans la prochaine "technologie de pointe" et ne cherche pas non plus à faire des politiciens des ingénieurs, des inventeurs ou des sociétés de capital de risque en prônant des programmes gouvernementaux qui choisissent les gagnants et les perdants », indique le rapport.

Le dirigeable conçu par Lockheed Martin.Le dirigeable conçu par Lockheed Martin. Photo : Courtoisie : Hybrid Enterprises

Existence d'un marché

Cette prudence n'a pas empêché des entreprises canadiennes d'investir dans le développement de ballons dirigeables pour le transport de marchandises.

Minéraux rares Quest a récemment fait part de son intention d'avoir recours à des ballons dirigeables pour le transport de minerai et d'autres minières songent à emboîter le pas.

Selon le directeur des opérations pour Hybrid Entreprises, qui sollicite des acheteurs pour des dirigeables hybrides qui doivent être construits par Lockheed Martin d'ici 2019, le secteur privé s'intéresse suffisamment à cette technologie pour qu'elle se développe sans l'aide financière des gouvernements.

C'est un produit que plusieurs grandes entreprises, notamment du secteur minier, aimeraient utiliser, donc le marché est viable et nous n'avons pas besoin de soutien du gouvernement. J'espère plutôt que le gouvernement devienne un client et ait recours aux dirigeables

Grant Cool, directeur des opérations pour Hybrid Entreprises

Lockheed Martin n'a reçu aucun financement des gouvernements fédéral et provincial pour concevoir ces dirigeables, indique Grant Cool.

De son côté, l'entreprise Solar Ship, qui développe actuellement trois types de dirigeables hybrides pour desservir les régions éloignées, est ravie que de nouveaux joueurs s'intéressent à cette industrie.

« Quand on voit la compétition qui entre pour essayer de brancher notre Nord, c'est merveilleux, parce que ça légitimise notre secteur », affirme son directeur général, Jay Godsall.

Solar Ship, dont le siège social est à Toronto, a reçu 2,2 millions de dollars du gouvernement fédéral en 2013 pour concevoir un prototype de dirigeable hybride propulsé par des moteurs électriques.

Essai en vol d'un dirigeable hybride de Solar Ship en juillet 2014Essai en vol d'un dirigeable hybride de Solar Ship en juillet 2014 Photo : Solar Ship

Solution possible au coût élevé des aliments

Les dirigeables n'ont pas été mentionnés dans le sommaire de la table ronde sur l'accès aux collectivités du Nord qu'a tenue le ministre des Transports en juillet dernier à Iqualuit.

Pourtant, selon le professeur en gestion à l'Université du Manitoba Barry Prentice, les dirigeables offrent une solution aux défis soulevés par les participants de cette table ronde, notamment le coût élevé des aliments et des matériaux de construction en raison du sous-développement de l'infrastructure des transports dans le Nord.

« Ce sont des problèmes causés par les coûts élevés d'amener des choses dans les communautés », dit-il.

Joseph Leblanc, directeur général du Conseil de planification sociale de Sudbury, n'est pas du même avis.

Les progrès technologiques, lorsque développés par des entreprises privées, sont faits pour bénéficier [à] ces entreprises privées

Joseph Leblanc, directeur général du Conseil de planification sociale de Sudbury

Selon lui, la réduction des coûts de transports qui pourrait être engendrée par le recours aux dirigeables n'aura pas d'impact sur le prix élevé des aliments dans les communautés du Nord, où il existe un monopole.

« Sans compétition, il n'y a rien qui incite les entreprises à faire bénéficier les consommateurs de ces économies », poursuit Joseph Leblanc.

Selon lui, il faudrait plutôt que les nouvelles technologies, comme les dirigeables hybrides, soient mises en oeuvre à travers des partenariats avec des coopératives ou des entreprises sociales.

Toronto

Métaux et minerais