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Réchauffement climatique : la glace tarde à se former sur l'océan Arctique

Un iceberg

Photo : iStockphoto

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'océan Arctique est plus chaud que d'habitude cette année, ce qui a retardé la formation de la glace dans le Grand Nord canadien.

Un texte de Christianne HacaultTwitterCourriel 

L'absence de glace en mer se fait particulièrement ressentir pour les chasseurs et pêcheurs.

« La condition de la glace n'est pas très bonne - il y a de l'eau par endroits », affirme le chasseur inuit Moses Koonoo, ajoutant que l'épaisseur de la glace est d'environ 8 cm, alors qu'elle est normalement à 30 cm à ce temps-ci de l'année.

Son aire de chasse au large d'Arctic Bay, au Nunavut, est amputée par l'absence de la banquise : il n'ose pas s'aventurer trop loin de peur de tomber à travers la glace.

À Churchill, dans le nord du Manitoba, les touristes sont partis, mais les ours polaires sont encore bien présents. « Il n'y a pas de glace et les ours attendent tous », remarque Normand Preteau, un trappeur et guide de la région.

Il ajoute que les ours polaires quittent normalement les lieux le 15 novembre, mais qu'il faudra attendre encore une semaine avant qu'il y ait suffisamment de glace pour permettre leur départ. « La mère qui a deux petits, c'est difficile de soigner ses enfants quand elle n'a pas de gras sur elle », fait remarquer M. Preteau.

« Faut espérer que le printemps va arriver tard. On n'a pas grand choix. »

— Une citation de  Normand Preteau, trappeur et guide
Une mère et son petit attendent que les eaux de la baie d'Hudson gèlent pour aller chasser le phoque.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une mère et son petit attendent que les eaux de la baie d'Hudson gèlent pour aller chasser le phoque.

Photo : Radio-Canada / Cameron MacIntosh

Jennifer Francis, professeure en sciences marines et côtières à l'Université Rutgers, au New Jersey, explique qu'un manque de glace au large de la Russie et des pays scandinaves fait en sorte que le soleil réchauffe davantage les eaux de l'océan Arctique.

« Les températures dans l'atmosphère dans ces régions sont environ 20 degrés Celsius plus chaudes qu'elles devraient être à ce temps-ci de l'année, affirme Mme Francis. La température des océans est aussi plus élevée qu'elles devraient l'être. »

« Je suis très, très inquiète. Je pense que nous devrions tous être inquiets. »

— Une citation de  Jennifer Francis, professeure en sciences marines et côtières, Université Rutgers

Selon le directeur du centre de recherche américain Snow and Ice Data Centre, des changements dans la circulation atmosphérique poussent des masses d'air chaud vers le nord.

« La semaine dernière, il y avait une période au cours de laquelle la banquise n'a pas grandi du tout, note Mark Serreze. Il y a encore beaucoup d'énergie dans l'océan. Jusqu'à ce que l'océan refroidisse, la glace ne pourra pas vraiment se former. »

M. Serreze rappelle que les années plus chaudes, comme 2016, font rétrécir la calotte glaciaire de l'Arctique. « Nous nous dirigeons vers un monde où il n'y aura plus de glace l'été, prévient-il. Ce sera peut-être dans 20 ou 30 ans, mais ce sera dans un avenir prévisible. »

Avec les renseignements de Mitch Wiles et Karen Pauls, CBC News

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