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Les services sociaux de l’Alberta au cœur d’un débat

Serenity, 4 ans

La petite Serenity est morte en septembre 2014 alors qu'elle était placée sous la tutelle de proches de sa mère.

Photo : Photo fournie à CBC/Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'histoire tragique d'une enfant de 4 ans morte sous la garde de proches de sa famille a soulevé de nombreuses questions sur le système des services sociaux de l'Alberta et a mené à la tenue d'un débat d'urgence lundi soir sur le sujet à l'Assemblée législative.

La petite Autochtone Serenity est morte d’un fort traumatisme à la tête en septembre 2014 alors qu’elle avait été placée par les services sociaux chez un couple de proches de la famille de sa mère. Son histoire a fait l’objet d’une enquête du défenseur des droits des enfants et de la jeunesse Del Graff qui a noté plusieurs dysfonctionnements dans le système.

Le défenseur n’a cependant pas eu accès au rapport d’autopsie de la fillette puisque la Gendarmerie royale du Canada (GRC) enquête toujours sur la mort de celle-ci. Le nom de l'enfant a également été supprimé du rapport, remplacé par un pseudonyme. La mère de la fillette s’est également plainte de devoir encore chercher des réponses sur les circonstances de la mort de son enfant.

Personne n’a encore été arrêté. Savez-vous à quelle vitesse ils m’ont retiré la garde de mes enfants à cause d’une personne abusive?

Mère de Serenity

Débat passionné

Le chef de l’opposition officielle Brian Jean a souligné en Assemblée législative que trop de secrets entouraient encore la mort d’enfants impliqués auprès des services sociaux. « Un système qui travaille dans le secret continuera de décevoir nos enfants », a-t-il défendu.

La députée Wildrose Angela Pitt a accusé le gouvernement néo-démocrate d’annoncer toujours plus de financement sans jamais démontrer que des changements avaient lieu.

Il y a des rapports qui définissent des problèmes systémiques et personne ne fait rien.

Angela Pitt, députée wildrose d'Airdrie

Le ministre aux Relations autochtones Richard Feehan qui a travaillé dans le domaine de l’aide aux enfants pendant 34 ans s’est lancé dans une tirade passionnée en guise de réponse. Il a défendu les besoins d’argent des enfants dans les réserves pour améliorer les programmes d’éducation et de santé. « Si je me fais dire encore une fois si ça me tient à cœur, je vais demander à cette personne ce qu’elle a fait ces 34 dernières années », a-t-il martelé.

La première ministre de l’Alberta Rachel Notley a toutefois refusé de rendre public le rapport d’autopsie, préférant se ranger du côté de la GRC. Elle a également indiqué que des changements étaient en cours pour assurer une meilleure protection des enfants placés auprès de proches sans toutefois rentrer dans les détails.

Des plaintes classées sans suite

Le défenseur des droits des enfants et de la jeunesse de l'Alberta, Del GraffAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le défenseur des droits des enfants et de la jeunesse de l'Alberta, Del Graff, suggère trois mesures pour améliorer le système de placement des enfants avec des proches.

Photo : CBC

Le rapport du défenseur a révélé que deux mois après son placement chez le couple, les services sociaux ont reçu des appels concernant l’état de santé de Serenity et de ses frères et sœurs. La mère de Serenity s’était également plainte que les enfants apparaissaient mal nourris et disaient être battus. Le cas a été cependant clos parce que les enfants n’ont pas révélé aux services sociaux le traitement qu’ils subissaient. Le couple a par la suite obtenu la tutelle des enfants et les services sociaux ont cessé de leur rendre visite.

Plus de deux ans après la mort de la fillette, le défenseur a recommandé d’améliorer les évaluations des proches qui veulent obtenir la tutelle d’un enfant. Il croit que les gardiens devraient mieux démontrer comment ils peuvent répondre aux besoins d’enfants qui ont souvent été l’objet d’abus.

M. Graff suggère également de rendre obligatoire la formation de ces familles d’accueil et d’effectuer une évaluation en profondeur des besoins de l’enfant avant de donner la tutelle et de cesser les visites des services sociaux.

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