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De remarquables oubliés - Black Hawk

La tombe de Black Hawk au cimetière d'Iowaville.
La tombe de Black Hawk au cimetière d'Iowaville. Photo: wikipédia.org
Radio-Canada

Black Hawk, Autochtone sauk et descendant d'un Autochtone de Montréal, a vu le jour près de la rivière Rock dans le Wisconsin en 1767.

À 15 ans, il est reconnu comme un des « braves » par sa tribu.

Deux visions

On le décrit comme un très bel homme, viril, le « beau idéal », même à un âge avancé: il était la personnification vivante du « noble sauvage ». Pour les colons qui se battaient contre les Autochtones dans leur poussée vers l'Ouest américain, ces peuples indigènes n'étaient guère plus que des animaux sauvages, violents et brutaux.

De remarquables oubliés - Black Hawk

La révolte

En 1804, des chefs des Sauks signent un traité avec le gouvernement américain qui leur achète 15 millions d'acres en Illinois, au Wisconsin et au Missouri contre 2 274,50 $. Black Hawk et d'autres chefs contestent cette transaction, mais le gouvernement reste inflexible. En 1812, Black Hawk prend le parti des Britanniques contre les Américains.

Une guerre légendaire

Comme d'autres tribus, les Sauks sont chassés de leurs terres et traversent le Mississippi. Black Hawk réunit, en 1832, 400 guerriers plus femmes et enfants et commence la longue marche pour réclamer le territoire des Sauks. Après des mois de guérilla contre l'armée des États-Unis et la milice de l'Illinois, les Sauks et leurs alliés indiens, affamés et démunis, sont presque tous massacrés lors de la bataille de Bad Axe River dans le Wisconsin, le 2 août 1832. Black Hawk prononce son célèbre discours de reddition et est fait prisonnier à Saint-Louis avec, entre autres, son fils Whirling Thunder.

De prisonniers à vedettes

Au printemps de 1833, les autorités américaines décident de leur faire faire un tour des grandes villes américaines afin de démontrer à ces Indiens vaincus la grandeur des États-Unis et ainsi les décourager de toute velléité de reprendre le combat. Black Hawk et son fils rencontrent le président Andrew Jackson qui voit d'un mauvais oeil la popularité croissante de ces Indiens. Contrairement à ce qui a été prévu, Black Hawk et son fils sont considérés comme de véritables vedettes. Les gens se bousculent pour les voir. On met fin abruptement à cette tournée.

Un pâle reflet du héros

Cet été-là, Black Hawk dicte son autobiographie qui devient un best-seller à sa publication en 1833. En 1837, Black Hawk s'installe près de la rivière Des Moines, en Iowa. C'est un chef déchu, alcoolique et portant des vêtements de Blancs. Il est mort en octobre 1838 des suites d'une brève maladie.

Les derniers Sauks ont été déportés vers l'Oklahoma. La statue de Black Hawk surplombe aujourd'hui la rivière Mississippi près de sa terre natale. Ironiquement, un hélicoptère de l'armée américaine porte son nom ainsi qu'un casino du Colorado et une équipe de hockey très connue, les Black Hawks de Chicago.

Ils nous on fait beaucoup de promesses. Ils les ont toutes trahies. Toutes sauf une; ils nous ont promis qu'il prendraient nos terres et ils l'ont fait.

Red Cloud, Chef Lakota sioux

Pendant ce temps...

En 1830, le gouvernement américain adopte une loi déportant les Indiens vivant à l'est du Mississippi.
En 1831, départ vers l'ouest de 13 000 Choctaws du Mississippi.
En 1832, des Creeks de l'Alabama sont expulsés de leurs terres par des Blancs, sans que le gouvernement fédéral intervienne.
En 1838-1839, les Cherokees sont déportés de la Géorgie en Oklahoma. Cet épisode est tristement connu sous le nom de la Piste des larmes.

Références : bibliographie et hyperliens

  • MA-KA-TAI-ME-SHE-KIA-KIAK or Black Hawk, Black Hawk war of 1832, dictated by himself, Antoine Le Clair, interprète, J. B. Patterson Editor and Amanuensis, Rock Island, Illinois, 1833.
  • History of the Black Hawk War, de J. B. Patterson, Oquawka, Illinois, 1882.
  • Black Hawk, the battle for the heart of America, de Kerry A. Trask, Henry Holt and Cie, New York, 2006.
  • Le pays renversé - Amérindiens et Européens en Amérique du Nord-Est (1600-1664), Denys Delâge, Boréal Compact, 1991.

Série Chefs amérindiens de l'ONF (Nouvelle fenêtre)

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