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Surdoses mortelles : Ottawa n'écarte pas une déclaration d’état d’urgence de santé publique

La ministre fédérale de la Santé, Jane Philpott, préside une conférence nationale sur les opioïdes en compagnie du ministre ontarien de la Santé, Eric Hoskin.
La ministre fédérale de la Santé, Jane Philpott, préside une conférence nationale sur les opioïdes en compagnie du ministre ontarien de la Santé, Eric Hoskin. Photo: La Presse canadienne / Darryl Dyck
Radio-Canada

La ministre fédérale de la Santé, Jane Philpott, a laissé entendre que le gouvernement pourrait déclarer l'état d'urgence de santé publique devant l'explosion du nombre de surdoses mortelles aux opiacés dans le pays.

Mme Philpott, qui s’exprimait à l'occasion d’une conférence nationale sur les opioïdes réunissant de nombreux professionnels de la santé à Ottawa, a qualifié la situation de « crise nationale de santé publique » qui nécessite une approche pancanadienne « pour limiter les dégâts ».

Si nous établissons que [l'état d'urgence] est un outil approprié, nous le décréterons.

La ministre Jane Philpott

Mme Philpott réagissait à l’appel formulé, plus tôt aujourd’hui, par des professionnels du milieu médical qui ont sommé le gouvernement d’intervenir par rapport à cette crise.

Le docteur David Juurlink, du Centre des sciences de la santé Sunnybrook, à Toronto, soutient que la déclaration d'une urgence de santé publique habiliterait les autorités médicales à s'attaquer au problème de front.

La prolifération d’opiacés, comme le fentanyl, a grandement augmenté les risques de décès chez les toxicomanes. Selon la police fédérale, il suffit d’une dose d’à peine deux milligrammes de fentanyl à l’état pur pour tuer un adulte.

Environ 2000 Canadiens sont morts d'une surdose d'opioïdes en 2015 seulement, a d’ailleurs rappelé Don Davies, porte-parole du Nouveau Parti démocratique en matière de santé, également présent à la conférence.

Une situation préoccupante

Selon la ministre de la Santé, le Canada occupe le deuxième rang mondial en matière de consommation d'opioïdes sur ordonnance par habitant. Dans certaines régions du pays, soutient-elle, les surdoses font plus de morts que les accidents automobiles.

Le ministre de la Santé de l’Ontario, Eric Hoskins, a aussi exprimé ses préoccupations quant à la crise actuelle.

Quand vous avez plus de 700 morts chaque année en Ontario, un nombre similaire en Colombie-Britannique, des chiffres en hausse en Alberta et au Manitoba, il est clair que nous devons agir urgemment.

Le ministre ontarien Eric Hoskins

L'Association médicale canadienne a fait son mea culpa en reconnaissant « que les habitudes d'ordonnance d'opioïdes », souvent prescrits dans les cas de cancer ou de maladies chroniques, « comptent parmi les nombreux facteurs qui contribuent à cette crise ».

De son côté, Jane Philpott a déploré le manque d’informations sur l’usage des opiacés au pays, notamment en ce qui a trait à leur provenance ou encore au nombre exact de surdoses fatales qu'ils provoquent.

La ministre fédérale de la Santé estime que l'augmentation du nombre de centres d'injection de drogues médicalement supervisés pourrait aider à contenir la crise.

Jane Philpott recommande aussi une plus grande utilisation du naloxone, un antidote permettant de renverser les effets d'une surdose, par les premiers intervenants. Sous sa gouverne, le ministère de la Santé pourrait également abroger la loi canadienne sur les drogues pour permettre d’accélérer l’ouverture de centres d’injection supervisée « dans les collectivités qui en ont besoin ».

Renforcer le contrôle frontalier

La première ministre de Colombie-Britannique, Christy Clark, a réclamé que le gouvernement fédéral prenne les mesures nécessaires pour contenir l'afflux de fentanyl provenant de Chine.

En avril dernier, le gouvernement britanno-colombien avait été contraint de déclarer l’état d’urgence dans la province en raison du nombre élevé de décès occasionnés par la consommation de l’opioïde.

Le ministre fédéral de la Sécurité publique, Ralph Goodale, a mentionné que le Canada devra solliciter l'aide de la communauté internationale et augmenter les ressources humaines et matérielles des services frontaliers.

Avec les informations de Agence France-Presse, et La Presse canadienne

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