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Le gouvernement refuse de parler de « racisme systémique » à la SQ

Les ministres de la Sécurité publique et des Affaires autochtones du Québec, Martin Coiteux et Geoffrey Kelley

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les ministres Martin Coiteux et Geoffrey Kelley refusent de parler de « l'existence d'un racisme systémique au sein des forces de l'ordre à l'égard des Autochtones », comme indiqué dans le rapport de l'observatrice civile indépendante Fannie Lafontaine.

Un texte de Mathieu Dion Twitter Courriel correspondant parlementaire à Québec  

Le rapport de l’observatrice sur l’enquête du SPVM au sujet d’allégations d'agressions sexuelles commises par des policiers de la Sûreté du Québec (SQ) contre des femmes autochtones de Val-d’Or et d’ailleurs, dévoilé mercredi, soulève « la question de pratiques policières discriminatoires ».

Martelés de questions par les journalistes, les ministres des Affaires autochtones, Geoffrey Kelley, et de la Sécurité publique, Martin Coiteux, ont semblé mal à l’aise face à cette observation de Mme Lafontaine.

Ce n’est pas une question d’être surpris ou pas, c’est une question d’assumer nos responsabilités. Et ici, on a des enjeux sociaux qu’on doit être capable de confronter.

Martin Coiteux, ministre de la Sécurité publique du Québec

À la fois, M. Kelley et M. Coiteux ont soutenu que l’actuelle commission d’enquête fédérale va se pencher sur ces enjeux et qu’une table de concertation a été proposée par Québec aux communautés autochtones pour rétablir un lien de confiance avec les policiers.

Je suis encouragé par le rapport de Mme Lafontaine. Il faut s’asseoir et trouver des solutions.

Geoffrey Kelley, ministre des Affaires autochtones du Québec

Même malaise au PQ et à la CAQ

Le porte-parole du Parti québécois (PQ) en matière d’affaires autochtones, Alexandre Cloutier, a refusé de s’avancer sur la notion de « racisme systémique » soulignant seulement que la question se pose et qu’une enquête indépendante provinciale s’impose dans ce contexte. À la Coalition avenir Québec (CAQ), le chef François Legault a affirmé en anglais qu’il « n’aime pas le mot systémique », « ne pense pas qu’il y a un système », mais qu’il y « a encore beaucoup à faire pour lutter contre le racisme ».

La députée de Sainte-Marie-Saint-Jacques, Manon Massé

La députée de Sainte-Marie-Saint-Jacques, Manon Massé

Photo : Radio-Canada

Québec solidaire, qui réclame aussi une enquête provinciale, est toutefois allé plus loin en évoquant que le racisme systémique « existe au Québec ».

Les tables, peut-être qu'ils en ont soupé. Ce qu'ils ont besoin, c'est de l'action concrète et surtout, qu'on commence à reconnaître concrètement qu'il y a du racisme systémique envers les Autochtones.

Manon Massé, députée de Sainte-Marie-Saint-Jacques
 

Aucune accusation à Val-d'Or

Dans la foulée de cette affaire, le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) devrait annoncer vendredi qu’il ne déposera pas d’accusations de sévices sexuels, d’intimidation et d’abus de pouvoir contre les patrouilleurs de la SQ à Val-d’Or.

Toutefois, Fannie Lafontaine a déclaré en entrevue à RDI qu’elle serait « surprise qu’il n’y ait aucune accusation » dans l’ensemble des 37 dossiers remis au DPCP par le Service de police de la Ville de Montréal, qui a mené l’enquête.

Radio-Canada a d'ailleurs appris que le DPCP annoncera, demain à Val-d’Or, que des accusations d’agressions sexuelles ont été portées contre Alain Juneau pour des gestes qu’il aurait posés à Schefferville, en 1994, alors qu’il était policier pour la Sûreté du Québec (SQ) sur la Côte-Nord.

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