•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Rester à Montréal, pour innover en intelligence artificielle

Un homme debout dans un salle de rencontre.

Sébastien Provencher, entrepreneur en série

Photo : Radio-Canada / Martin Lessard

Martin Lessard
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Eric Schmidt, en 2001, alors à la tête de Google, avait dit : « Si l'on vous offre une place à bord d'une fusée, ne discutez pas de l'emplacement du siège. Sautez dedans! » Cette phrase, Sébastien Provencher s'en est souvenu quand Element AI, la nouvelle entreprise montréalaise dans le domaine de l'intelligence artificielle, lui a proposé un poste. Pour lui, le prochain arrêt, ce sont les étoiles.

Sébastien est considéré comme l’un des influenceurs les plus importants sur la scène des entreprises en démarrage au Québec.

Il a annoncé la semaine dernière avoir quitté le poste de vice-président produit pour Acquisio et accepté un poste au sein d’Element AI. Cette nouvelle entreprise se veut une plateforme pour aider les grandes entreprises à utiliser l’intelligence artificielle.

Sébastien, qui a un profil professionnel de calibre international, et qui a souvent craint que le Québec ne soit trop petit pour les ambitions de personnes comme lui à Montréal, a décidé de rester au pays.

Il a travaillé aux Pages jaunes e ta ensuite fondé l’entreprise Needium, placée sur la liste de TheNextWeb des sept entreprises canadiennes technos à surveiller en 2011.

Interviewé une première fois en 2013 par Triplex, le blogue techno de Radio-Canada, à propos du même sujet (rester ou partir?), Sébastien dit aujourd’hui qu’il ne voit plus pourquoi il regarderait ailleurs tant les occasions sont abondantes dans la métropole québécoise.

Il a décidé une fois de plus de rester à Montréal, « parce que c’est ici que ça se passe ».

La fusée Element AI

Montréal est devenue une plaque tournante en matière d’intelligence artificielle avec la présence du laboratoire de Yoshua Bengio à l’Université de Montréal.

M. Bengio est l’un des trois pères de l’apprentissage profond qui a sorti l’intelligence artificielle de sa torpeur (les recherches avaient grandement diminué à la fin des années 1990 et au milieu des années 2000).

Le nouveau rôle de Sébastien consiste à offrir un service de consultation aux grandes entreprises et de repérer si un modèle d’affaires fort émerge de ces rencontres.

« Mon rôle est de travailler avec les grandes entreprises pour identifier leurs besoins et de développer un logiciel d’intelligence artificielle qui répond à ces besoins. Et si ces besoins se trouvent chez d’autres clients similaires, par exemple chez les compagnies d’assurance pour la détection de fraudes, alors il y a une occasion de créer une compagnie de logiciels, par exemple un logiciel antifraude intelligent. »

Au sein d’Element AI, d’autres employés sont en contact avec les chercheurs en intelligence artificielle à Montréal pour connaître les dernières avancées dans le domaine.

Que Yoshua Bengio de l’Université de Montréal soit le cofondateur de la compagnie Element AI assure l’entreprise d’être toujours au cœur de la recherche.

« Mon rôle ultime, continue Sébastien Provencher en entrevue, c’est d’être le PDG d’une des compagnies qu’Element AI va créer. »

Pour un entrepreneur en série comme lui, être au cœur d’un processus de découvertes de clients (customer discovery), avec de tels mandats de consultation, dans un domaine en pleine croissance, c’est « la fusée dans laquelle il devait embarquer ».

Naomi Goldapple, anciennement de Nexalogy, une firme montréalaise d’analyse de la grande donnée, travaille aussi pour Element Al et y occupe le même poste que Sébastien.

D’autres ressources s’ajouteront rapidement à l’équipe dans les prochaines semaines et les prochains mois.

La montée de Montréal

Quand Eric Schmidt de Google a félicité personnellement sur Twitter Yoshua Bengio pour la création d’Element AI (cofondé avec Jean-François Gagné, Nicolas Chapados et Jean-Sébastien Cournoyer), de nombreuses personnes y ont vu la consécration de Montréal.

 

Montréal est passée au premier rang des villes canadiennes pour le montant de capital-risque investi dans les entreprises depuis le début de 2016.

 

Dans un rapport, remis la semaine dernière, sur l’état des jeunes pousses sur l’île de Montréal, le secteur emploie plus de 10 000 personnes et a reçu environ 360 millions de dollars en fonds investis dans les cinq dernières années.

Un des enjeux pour le secteur est de renforcer les liens entre les universités, les institutions et la grande entreprise. C’est justement ce qu’Element AI et Sébastien Provencher cherchent à faire dans ce domaine très prometteur qu’est l’intelligence artificielle.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !