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Il n’a jamais reçu la table commandée sur Facebook

Simon Rioux montre la table qu'il a commandée sur Facebook.

Simon Rioux montre la table qu'il a commandée sur Facebook.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

L'achat en ligne sur les réseaux sociaux gagne en popularité. Il faut cependant se méfier des arnaques, de plus en plus nombreuses sur ces plateformes.

Un texte d'Yvan LamontagneCourriel à La facture 

Pour les achats, on trouve de tout sur Facebook. Du vélo aux rideaux. Des jouets de bébé à la chaise en osier. De la maison jusqu’aux meubles du salon.

Simon Rioux se cherchait une petite table de salon sur Facebook. En quelques clics, il trouve ce qu’il recherche sur la page de l'entreprise Zurban Déco. La copropriétaire lui indique que son meuble coûte 150 $, taxes et livraison incluses, et qu’il peut être livré dans un délai de 3 à 4 semaines.

M. Rioux commande la table en mai 2015 et verse un dépôt de 75 $. Le meuble n'a jamais été livré.

Le porte-parole de l’Office de la protection du consommateur (OPC), Charles Tanguay, nous met en garde contre le faux sentiment de confiance que peut créer Facebook.

Charles Tanguay, porte-parole de l’Office de la protection du consommateur (OPC)Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Charles Tanguay, porte-parole de l’Office de la protection du consommateur (OPC)

Photo : Radio-Canada

« C’est un réseau d’amis. On peut avoir tendance à penser que le commerçant est plus proche réellement », explique Charles Tanguay.

Facebook est un moyen publicitaire comme un autre. On peut trouver des petites ou des grandes entreprises, des honnêtes et des moins honnêtes.

Charles Tanguay, de l’OPC

L’OPC a enregistré 12 plaintes contre Zurban Déco au cours des deux dernières années. Elles portent principalement sur la non-livraison du bien qui a été commandé.

La fraude, plus facile sur les réseaux sociaux

En 2015, les Canadiens ont dépensé 28,8 milliards de dollars pour leurs achats en ligne. Uniquement au Québec, c’est 8 milliards de dollars, une hausse de 22 % par rapport à l’année précédente.

La fraude sur les transactions en ligne prend également de l’expansion. Dans le monde, la valeur des transactions frauduleuses passera de 10,7 milliards de dollars en 2015 à 25,6 milliards en 2020.

Les médias sociaux risquent de rendre la fraude encore plus accessible, selon Sylvain Sénécal, professeur à HEC Montréal et titulaire de la Chaire de commerce électronique.

Sylvain Sénécal, de HEC MontréalAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Sylvain Sénécal, de HEC Montréal

Photo : Radio-Canada

Pour les fraudeurs, ça devient quasiment plus facile qu’avant. On peut mettre en place différents éléments comme de belles photos ou des offres alléchantes, et on peut disparaître facilement.

Sylvain Sénécal, professeur à HEC Montréal

« Malheureusement, il faut juste être plus vigilant comme consommateur », ajoute Sylvain Sénécal.

Le reportage d’Yvan Lamontagne et Martin Jolicoeur est diffusé le 22 novembre à l’émission La facture sur ICI Radio-Canada Télé.

Un dépôt trop élevé et le paiement par Interac

Les propriétaires de Zurban Déco ont refusé de nous accorder une entrevue.

Toutefois, au téléphone, l’un d’eux, Sylvain Girard, nous dit qu’il n’a rien d’un fraudeur. Il explique que son carnet de commandes trop rempli et l’arrivée d’un bébé ont chamboulé la fabrication et la livraison des meubles. Il ajoute que tous les dépôts seront remboursés.

Après des mois d’attente pour sa table, Simon Rioux décide d’annuler la transaction. Par contre, Zurban Déco refuse de lui rembourser son dépôt de 75 $, qui représente la moitié du prix d’achat.

Comme dépôt, c’est beaucoup trop, selon Charles Tanguay, de l’OPC : « Notre consigne au consommateur est toujours de laisser le plus petit montant de dépôt possible. »

Simon RiouxAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Simon Rioux

Photo : Radio-Canada

Par ailleurs, le commerçant a perçu la TPS et la TVQ sur la marchandise. Pourtant, les numéros des deux taxes reliés à cette entreprise sont inactifs. Cela veut dire que les propriétaires sont en infraction et sont passibles d’une amende de plusieurs milliers de dollars.

Et ce n’est pas tout. Zurban Déco a exigé le paiement de la marchandise par Interac, ce qui n’offre aucune protection et contrevient à la Loi sur la protection du consommateur.

Selon Charles Tanguay, « le commerçant ne peut percevoir un paiement à l’avance, sauf s’il est fait par une carte de crédit qui permet la rétrofacturation en cas de problème. Le consommateur peut se retourner et demander à sa carte de crédit de le rembourser. »

Simon Rioux pensait être capable de démêler le faux du vrai sur Internet. Il admet que, malheureusement, il s’est fait duper.

Mais pour une question de justice, il a décidé de porter sa cause devant la Division des petites créances. Il a gagné.

Les propriétaires de Zurban Déco ont été forcés de payer le montant inscrit dans le jugement, soit près de 220 $.

Société