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Intoxication aux opioïdes : 13 Canadiens hospitalisés chaque jour

Une équipe médicale dans un couloir avec effet de vitesse

Depuis 2007, les préjudices liés à une intoxication aux opioïdes chez les jeunes Canadiens de 15 à 24 ans ont augmenté de 62 %.

Photo : Getty Images

Catherine Logan

Le Canada traverse une crise de santé publique en raison de la hausse des préjudices associés aux opioïdes, conclut un nouveau rapport de l'Institut canadien d'information sur la santé (ICIS) et du Centre canadien de lutte contre les toxicomanies (CCLT).

Selon le rapport intitulé Hospitalisations et visites au service d’urgence liées à une intoxication aux opioïdes au Canada, à l’échelle du pays, le nombre d’hospitalisations du genre a augmenté de plus de 30 % entre 2007 et 2015, tandis que les intoxications aux opioïdes entraînent plus de 13 hospitalisations par jour.

Les taux de préjudices liés aux opiacés sont plus élevés dans l’ouest du pays, souligne le rapport, notamment en Saskatchewan (20,5 hospitalisations pour 100 000 habitants), en Colombie-Britannique (19,1 hospitalisations pour 100 000 habitants) et en Alberta (18,6 hospitalisations pour 100 000 habitants).

Le Québec était la province avec le plus faible taux d’hospitalisations (9,7 préjudices pour 100 000 habitants), et ce, tout au long de la durée de l’étude.

 

Une question d’âge?

Alors que le taux d’hospitalisations liées à une intoxication aux opioïdes a augmenté parmi tous les groupes d’âges, les jeunes de 15 à 24 ans ont affiché le changement le plus marqué, soit une hausse de 62 % par rapport à 2007-2008. Il s’agit également de la tranche d’âge où les intoxications sont majoritairement le résultat d’un geste intentionnel (52 %).

Les Canadiens de 65 ans et plus sont toutefois restés en tête du classement depuis 2007, avec le plus d’incidences parmi toutes les tranches d’âge, soit 20,1 hospitalisations pour 100 000 habitants en 2014-2015. Même si ce groupe d’âge ne représente que 16 % de la population, affirme le rapport de l’ICIS, il représente près du quart des hospitalisations liées à une intoxication aux opioïdes.

« Quand il est question de surdoses, on ne pense pas systématiquement aux personnes âgées », soulève Brent Diverty, vice-président des programmes à l’ICIS, dans un communiqué envoyé mercredi.

D’après le rapport, les personnes âgées présentent un plus grand risque d’hospitalisation « parce qu’elles prennent souvent plusieurs médicaments et le vieillissement entraîne des changements physiologiques » nécessitant parfois des médicaments opiacés pour soulager la douleur.

 

Un point de départ

« Ce qui est alarmant, constate Brent Diverty, c’est que ces chiffres ne disent pas tout, puisque des centaines de personnes décèdent avant d’arriver à l’hôpital. Ce rapport est un bon départ, mais nous n’avons toujours pas de portrait global des intoxications aux opioïdes au Canada. »

La première dirigeante adjointe du CCLT, Rho Martin, partage l’avis de M. Diverty.

Bien que ces chiffres soient inquiétants, ils constituent probablement une sous-estimation de ce problème.

Rho Martin, première dirigeante adjointe du CCLT

D’ailleurs, les auteurs du rapport reconnaissent que les données ne comptabilisent pas la récente flambée de nombre d’hospitalisations liées à la consommation de fentanyl.

Mme Martin est cependant convaincue que les résultats du rapport permettront de « trouver une solution à la crise d’opioïdes au pays ».

« En plus de contribuer à l’élaboration d’interventions ciblées efficaces, les résultats de ce rapport diminueront également la stigmatisation entourant la consommation d’opioïdes ou d’autres substances, indique-t-elle. Effectivement, les données nous indiquent clairement que les personnes qui subissent un préjudice lié aux opioïdes sont nos parents, nos grands-parents, nos collègues, nos voisins et nos jeunes adultes. »

Manitoba

Drogues et stupéfiants