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Inquiétudes en Ontario après une vague d'incidents racistes

Une affiche raciste sur un poteau à Toronto

Une affiche raciste sur un poteau à Toronto

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Plusieurs associations de Juifs, d'Afro-Canadiens et d'Arabes dénoncent les récents actes de racisme et de vandalisme perpétrés en Ontario. Des graffiti antisémites ont été peints sur la résidence d'un rabbin à Ottawa et des affiches racistes ont été découvertes à Toronto lundi. Par ailleurs, un homme de minorité visible s'est fait invectiver dans un tramway de Toronto le même jour en soirée. L'élection de Donald Trump pourrait être en cause.

Un texte de Jean-Philippe NadeauTwitterCourriel  

La police de Toronto affirme qu'elle n'a pas recensé de recrudescence d'actes racistes au cours des dernières semaines, mais la conseillère municipale Janet Davis se dit très inquiète. « L'élection de Donald Trump aux USA a déchaîné le discours haineux en public tout en donnant une légitimité aux extrémistes. » Dans le quartier qu'elle représente à Scarborough, les citoyens ont été estomaqués par les affiches qu'un groupe de suprémacistes blancs a collées sur des poteaux.

La directrice de la clinique juridique afro-canadienne, Margaret Parsons, pense que « les néonazis et les suprémacistes blancs ont maintenant l'occasion de dire qu'ils ont l'homme le plus puissant du monde derrière eux ». Il revient toutefois aux élus, aux citoyens et à la communauté de s'élever, selon elle, contre l'intolérance.

Le président par intérim de la Fédération canado-arabe, Mohamed Boudjénane, en appelle directement au premier ministre. « Le fait qu'on a un premier ministre comme monsieur Trudeau ne veut pas dire qu'on est à l'abri, au contraire, il faudrait justement que le premier ministre prenne une position assez claire que ce genre de chose n'est pas acceptable au Canada. »

L'organisation B'nai Brith Canada dit qu'elle n'est pas surprise non plus par de tels actes et elle y voit même une recrudescence. La directrice nationale de sa ligue des droits de la personne, Amanda Hohmann, dit que l'extrême droite nationaliste est en train de s'affirmer en Amérique du Nord.

L'élection de Donald Trump est très symptomatique à ce sujet, mais ce n'est pas lui qui a provoqué cette vague de racisme et de vandalisme.

Une citation de : Amanda Hohmann, B'nai Brith Canada

Elle reconnaît néanmoins que M. Trump a permis à certains d'afficher leurs idées xénophobes plus ouvertement qu'auparavant.

L'agresseur allégué regarde la caméra, clamant qu'il a été frappé au visage.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'agresseur allégué à bord du tramway

Photo : Valeska Griffiths

En ce premier anniversaire du massacre au club Bataclan à Paris, le professeur de criminologie à l'Université d'Ottawa David Moffette parle davantage d'incidents cycliques. « C'est pas nouveau, il semble y avoir une hausse des incidents chaque fois qu'il y a une situation conflictuelle sur la scène internationale, c'est le cas aussi lorsqu'il y a des politiciens qui font de la promotion de la haine et de l'intolérance pour gagner leur élection. »

Une loi avec des dents, mais inutilisée

B'nai Brith Canada regrette par ailleurs que la loi fédérale en matière de crimes haineux ne soit pas suffisamment appliquée au Canada. « En pratique, nous avons une loi sévère, mais les autorités hésitent à déposer des accusations; la loi sur la liberté d'expression est par ailleurs souvent utilisée comme contre-arguments dans nos cours de justice par ceux qui professent la haine, mais qu'elle a ses limites. »

Le professeur en criminologie de l'Université d'Ottawa, Michael Kempa, explique que « les corps de police n'ont pas les ressources nécessaires pour lutter contre les crimes haineux et qu'ils sont trop occupés à lutter contre le terrorisme » par exemple. M. Kempa pense que l'élection de Donald Trump va toutefois permettre de changer les choses en mobilisant le public, qui risque selon lui d'exiger des autorités qu'elles appliquent davantage la loi pour mieux se protéger contre le racisme et le vandalisme.

Tous reconnaissent enfin que les politiciens doivent être tenus responsables à un plus haut degré pour ne pas jeter d'huile sur le feu et faire le jeu des extrémistes de tout crin. Le professeur David Moffette mentionne notamment « la récupération du discours populiste de Trump par la députée conservatrice Kelly Leitch, par le chef de la CAQ François Legault dans une certaine mesure [et dit qu'] il y a donc des responsabilités politiques importantes dans l'augmentation de telles violences. »

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