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Shamattawa est toujours en état de crise

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La députée de Kewatinook et chef intérimaire du Parti libéral du Manitoba Judy Klassen, le conseiller de la Première Nation Shamattawa Laliberty Redhead et la grande chef des Premières Nations du Manitoba Keewatinowi Okimakanak (MKO), Sheila North Wilson.

Photo : Radio-Canada / Pamela Kazekare

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Quelques semaines après l'incendie qui a ravagé le conseil de bande et l'unique épicerie de la Première Nation Shamattawa, au Manitoba, la communauté se relève difficilement.

Des événements survenus récemment forcent à sonner de nouveau l’alarme. Le suicide récent d’un des membres de la communauté isolée, située à environ 750 kilomètres au nord-est de Winnipeg, inquiète les leaders de la Première Nation, qui veulent éviter une nouvelle vague de suicides.

Les chiffres sont alarmants pour la communauté de 1600 résidents. Cette année, 92 tentatives de suicide ont eu lieu. Un chiffre qui pourrait dépasser celui de l’an dernier où 99 tentatives ont été traitées. « En 2015, six personnes se sont suicidées, dont quatre en un mois », précise le conseiller de la Première Nation Shamattawa Laliberty Redhead. On ne veut pas revivre le même scénario, c’est la raison pour laquelle on tient cette conférence de presse. »

« C’est difficile pour toute la communauté », ajoute la grande chef des Premières Nations du Manitoba Keewatinowi Okimakanak (MKO), Sheila North Wilson qui souligne qu’une invitation a été envoyée au premier ministre Justin Trudeau, également ministre responsable de la Jeunesse.

« Nous sommes fatigués. Les communautés du Nord ont été négligées depuis trop longtemps. On demande au gouvernement fédéral et à tous les paliers gouvernementaux de venir au secours des communautés du Nord », implore la grande chef des Premières Nations du MKO.

Solutions temporaires

Elle soutient que MKO, une organisation de représentation politique qui regroupe 30 Premières Nations du Manitoba, travaille présentement sur l’offre de solutions temporaires. Un organisme international basé en Ontario, Right to Play, devrait se rendre à Shamattawa d’ici quelques semaines pour présenter un programme pour la jeunesse, selon Sheila North Wilson. « On espère que cela amènera les jeunes à penser différemment », mentionne-t-elle.

MKO appuie également la création d’une équipe de sensibilisation à la santé mentale pour toutes les communautés du nord du Manitoba.

Manque de logement

La pénurie de logements à Shamattawa ajoute de la tension à une situation déjà délicate selon les trois représentants de la conférence de presse.

Le conseiller indique que la Première Nation Shamattawa compte 161 unités d’habitation pour une population de 1600 personnes. « On compte en moyenne neuf membres par résidence », précise-t-il.

Sheila North Wilson renchérit sur le sujet: « 22 personnes vivent dans une seule maison à Shamattawa, dans 3 chambres à coucher. Difficile de trouver un coin d’intimité lorsque le besoin est ressenti. Cette situation n’aide pas les cas de santé mentale. »

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BDV L’unique épicerie et le bureau du conseil de bande de la Première Nation Shamattawa, situé à 745 kilomètres au nord-est de Winnipeg, ont été complètement détruits par les flammes en septembre.

Photo : GRC

L’isolement de la communauté demeure un défi pour la construction d'infrastructures, qui demeure la priorité de la communauté. La construction d’unités d’habitation et d’un centre récréatif pour la jeunesse figure à la liste des demandes en plus d’un soutien structuré pour les soins en santé mentale.

« C’est physiquement impossible de remplacer le bâtiment qui a brûlé en septembre. Aucune route ne donne accès à la communauté. Il faut attendre les routes de glaces. L’hiver est l’unique temps de l’année où les matériaux peuvent être amenés à Shamattawa », spécifie la grande chef.

« Les membres de la communauté veulent de meilleures conditions de vie. Ils ne veulent pas partir », conclut-elle.

Avec les renseignements de Jill Coubrough, Meaghan Ketcheson et Pamela Kazekare

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