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Le recours aux banques alimentaires à la hausse

Banque alimentaire

Un homme prépare des boîtes de nourriture (archives)

Photo : Radio-Canada/Michel Nogue

Radio-Canada

Un plus grand nombre de Canadiens ont eu recours aux banques alimentaires cette année, particulièrement dans certaines provinces comme la Nouvelle-Écosse, où la demande a bondi de 20,9 %.

D’après le Bilan-Faim 2016 de Banques alimentaires Canada, 863 492 personnes ont reçu de la nourriture d’une banque alimentaire en mars 2016, soit la période du sondage annuel de l’organisme. C’est une augmentation de 1,3 % par rapport à l’an dernier. Le recours aux banques alimentaires a bondi de 28 % depuis mars 2008.

Toutes les provinces, à l’exception de l’Ontario et du Manitoba, ont connu des hausses, certaines plus fortes que d’autres.

Pourcentages d’augmentation par province :

  • Nouvelle-Écosse 20,9 %
  • Alberta 17,6 %
  • Saskatchewan 17,5 %
  • Î.-P.-É. 6,9 %
  • Québec 5,3 %
  • T.-N.-L. 5,3 %
  • Nouveau-Brunswick 4,1 %
  • Colombie-Britannique 3,4 %

L'impact des réfugiés

L’organisme Feed Nova Scotia, qui distribue des denrées alimentaires aux 147 banques alimentaires de la Nouvelle-Écosse, estime que l’arrivée d'un grand nombre de réfugiés a contribué à la demande accrue.

« Ils représentent un grand défi pour au moins trois des banques alimentaires que nous soutenons », affirme Nick Jennery, porte-parole de l’organisme. « Ces banques alimentaires ont vu le nombre de leurs clients quasiment doubler! »

Le directeur général de la banque alimentaire de la Nouvelle-Écosse, Nick Jennery

Le directeur général de la banque alimentaire de la Nouvelle-Écosse, Nick Jennery

Photo : Radio-Canada

Les réfugiés n’expliquent pas tout, cependant. Le recours aux banques alimentaires a augmenté de 2,3 % dans les régions rurales du pays, où relativement peu de réfugiés se sont établis. Une bonne partie de cette hausse est attribuable aux aînés et aux autochtones.

Les aînés et les Autochtones

Les retraités représentent 8 % de la clientèle des banques alimentaires au pays, mais ce pourcentage augmente à 10 % dans les régions rurales.

En ce qui concerne les Autochtones, ils formaient 14 % de la clientèle des banques alimentaires en mars 2016, un pourcentage qui passe à 29 % dans les milieux ruraux.

Les enfants forment aussi une partie importante des usagers des banques alimentaires, soit 36 %. Les familles monoparentales représentent 22 % des usagers, même si elles ne composent que 10 % des foyers canadiens.

Selon le Bilan-Faim, les enfants et les jeunes continuent à être surreprésentés chez les usagers des banques alimentaires. Cela s’explique, selon les auteurs, par le fait que les familles avec enfants ont recours plus rapidement à l’aide alimentaire en cas de besoin, contrairement aux ménages sans enfants qui vont d’abord épuiser tous leurs recours.

Les célibataires représentent malgré tout une clientèle importante : 44 % des gens qui ont recours aux banques alimentaires étaient des personnes seules sans lien;iens familiaux en 2016.

Le N.-B.

Au Nouveau-Brunswick, le nombre de personnes qui se sont prévalus des services d'une banque alimentaire a augmenté de 783 personnes en mars, comparativement à mars 2015.

Selon le Front commun pour la justice sociale, la majorité des utilisateurs, soit 58,7 %, sont des bénéficiaires de l'aide sociale. Ce pourcentage est de 13 % supérieur à la moyenne canadienne ce qui démontre bien, selon l'organisme, que « le revenu provenant de l’aide sociale n’est pas adéquat et doit absolument augmenter ».

Au Nouveau-Brunswick, la majorité des clients des banques alimentaires sont prestataires de l'aide sociale.

Au Nouveau-Brunswick, la majorité des clients des banques alimentaires sont prestataires de l'aide sociale.

Photo : Radio-Canada

Le Bilan-Faim 2016 illustre bien le manque de revenu criant de nombreux Néo-Brunswickois, selon le Front commun pour la justice sociale, autant celui des assistés sociaux que celui de nombreux travailleurs qui touchent un salaire trop faible. Cette dernière catégorie, celle des travailleurs et des chômeurs, représentait 17,1 % des clients des banques alimentaires du N.-B. selon le Bilan-Faim 2016.

Des solutions

Banques alimentaires Canada recommande notamment l’instauration d’un revenu de base lié au coût de la vie réel pour que tous les Canadiens puissent se nourrir adéquatement sans devoir se tourner vers les banques alimentaires.

Ce revenu minimum remplacerait les autres formes d’aide au revenu et serait versé à tous les citoyens, sans qu’ils aient à subir un examen de leur situation financière.

« Le revenu de base constitue une solution de rechange au système actuel de revenu de dernier recours, dans le cadre duquel les personnes qui traversent des périodes difficiles sont obligées d’exposer tous les aspects de leur vie à une bureaucratie gouvernementale envahissante dans le simple but d’avoir accès à un revenu mensuel excessivement inadéquat », peut-on lire dans le rapport.

Nick Jennery de Feed Nova Scotia voudrait aussi qu’un débat plus large s’engage au sujet du prix des aliments et d’enjeux économiques.

« Il faut regarder ces chiffres [...] et se demander comment amener les gens à un niveau de bien-être plus élevé.

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