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Photo : Radio-Canada

Le thé, c’est loin d’être poche! C’est la boisson la plus consommée au monde après l’eau, et malgré son incroyable diversité aromatique, elle est produite à partir d’une seule plante : Camellia sinensis. Cet arbuste aux belles feuilles vertes et cireuses est cultivé par l’être humain depuis des millénaires; on trouve d’ailleurs des théiers cultivés encore vivants datant de plus de 1000 ans.

Si on laissait les théiers pousser comme ils l’entendent, leur cime s’élèverait à plus de 15 mètres, mais la plupart sont élagués pour ne pas dépasser la hauteur de la taille humaine.

La boisson, qu’on sirote nonchalamment, est le résultat d’un travail intense. D’abord, la culture du théier se fait dans des conditions précises : il doit avoir chaud le jour et froid la nuit, il nécessite un sol meuble et très riche, et beaucoup d’eau. Les meilleurs thés sont récoltés à une altitude atteignant 1500 mètres.

Une fois que le théier donne une quantité suffisante de feuilles, elles doivent être récoltées. À la main, dans le cas des grands « crus », et aux ciseaux pour le thé en poche. La première récolte des nouvelles feuilles, appelée « first flush », est considérée comme la plus fine, et c’est celle qui coûte le plus cher.

Selon le type de thé qu’on désire, les feuilles doivent être traitées. Le thé blanc est uniquement séché, alors que le thé vert est cuit, souvent à la vapeur, pour l’empêcher de s’oxyder et pour conserver ses qualités aromatiques.

Du côté des thés plus foncés, on trouve le thé oolong, à mi-chemin entre le thé vert et le thé noir. Ce dernier est oxydé, puis séché : ce processus permet de le conserver très longtemps, et donc de le transporter, ce qui explique qu’il soit devenu populaire en Europe. En Asie, c’est toujours le thé vert qui prime.

En bouche

On goûte les bons thés comme on goûte les vins. Leurs qualités gustatives se modifient selon les terroirs et les méthodes de production. On trouve aujourd’hui des thés biologiques récoltés à la main et sans ingrédient ajouté, comme pour les vins nature. Les aficionados de thé recherchent des cultivars provenant de régions précises.

Par exemple, le sencha, un thé vert japonais, apportera des arômes d’algues, légèrement iodés, et un goût très frais. Le thé Darjeeling est un thé noir qui fait l’objet d’une appellation géographique contrôlée et qui se compare parfois aux vins tirés du cépage muscadet. Le thé chinois pu-erh est un thé vieilli qui apporte des arômes profonds de sous-bois et qui peut se garder en cave et s’affiner à la manière des grands vins.

Se cuisine

On goûte un thé grâce à des infusions courtes et successives qui modifient l’expérience gustative chaque fois. La première infusion est toujours la plus puissante, mais l’évolution du goût est impressionnante et révèle des arômes surprenants.

Les cérémonies du thé, dans les cultures d’Asie de l’Est, sont des moments contemplatifs extrêmement codifiés qui se pratiquent depuis des centaines, voire des milliers d’années. Certains pays africains, dont le Mali et les pays du Maghreb, observent aussi des rituels entourant la consommation du thé.

Le thé est également utilisé en cuisine : on trouve en effet des gâteaux, des biscuits et des nouilles au thé vert. On peut également faire une sauce de style gravy grâce au thé noir.

Se conserve

Le thé vert de grande qualité ne se conserve que quelques mois, car ses arômes sont délicats. Le thé noir, grâce à sa méthode de préparation, se garde pendant deux ans.

Ses alliés

En Asie, au Moyen-Orient et dans plusieurs parties de l’Europe, on consomme le thé quotidiennement et à toute heure. Il se lie donc bien avec tous les repas. Il est par contre possible de faire des accords mets-thé, en suivant les mêmes règles qu’avec le vin.

Photo : Radio-Canada