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Photo : Marie-Pier Mercier

Comment préserver la magie du repas de Noël tout en ménageant son portefeuille? Bonne nouvelle, c’est tout à fait possible, même dans un contexte d'inflation où le prix des aliments est encore élevé. On a parlé à plusieurs spécialistes qui nous ont donné leurs conseils pour concocter un repas des Fêtes gourmand et économique.

1. Commencer tôt à planifier le menu

Une règle d’or reste la planification. Planifier son menu dès le début du mois de décembre permet de profiter des rabais proposés durant ces semaines-là. Sans oublier qu’on peut profiter d’un plus grand choix d’aliments intéressants à prix réduit.

Les canneberges en conserve ou fraîches, la farine, les œufs, ce sont tous des aliments qu’on peut acheter à l'avance, et ça va nous permettre d'étaler les dépenses. […] Si l’on est capable d'acheter non seulement en promotion, mais en plus à l'avance, ça a un impact moins négatif sur notre budget , explique Maryse Côté-Hamel, professeure en sciences de la consommation à l'Université Laval.

Personnellement, je prépare tout ce que je peux à l’avance, parfois même quelques mois d’avance, comme le ragoût de boulettes, les tourtières, etc. , mentionne le chef propriétaire du service traiteur Bouchée Double, Antoine Dumesnil. Le jour de Noël, il passe ainsi moins de temps à cuisiner et plus de temps avec ses convives.

Pour d'autres idées, consultez notre Dossier du temps des Fêtes

2. Végétaliser le menu

Une recette d'assiette magique festive
Une recette d'assiette magique festive | Photo : studio kay

Les légumes, les légumineuses et le tofu coûtent moins cher que la viande. Et comme de plus en plus de personnes sont végétariennes ou végétaliennes, ajouter des repas sans viande(Nouvelle fenêtre) au menu de Noël est une bonne idée.

Des options végétaliennes, c’est super en entrée, et même en repas principal! Une aubergine avec une sauce tahini coco, avec une purée de pommes de terre, c’est super bon et l’on peut économiser en faisant ça, explique Antoine Dumesnil.

Au lieu de la tourtière classique à la viande, il suggère d’opter pour une tourtière à la protéine végétale texturée. Oui, oui, elle sera tout aussi savoureuse! Le secret : utiliser les mêmes ingrédients et les mêmes épices que la version avec de la viande.

3. Un potage en entrée

Recette de potage Crécy
Recette de potage Crécy | Photo : Jean-Michel Poirier

Durant le temps des Fêtes, avouez qu’on se casse trop souvent la tête pour concocter un menu qui en met plein la vue (la fameuse pression!). Pourtant, ce qui fait souvent plaisir aux convives, c’est un repas réconfortant en famille ou en compagnie des gens qui leur sont chers.

Commencer le repas par un bon potage de légumes fait très bien l’affaire!

C’est une super bonne idée de faire un potage pour Noël parce qu’on peut acheter pas mal n’importe quel légume au rabais cette semaine-là et en faire un potage , explique Maryse Côté-Hamel. Pour un look plus chic, au moment de servir, ajoutez un filet d’huile ou de crème. Pas plus compliqué que ça!

Myriam Gendron, cofondatrice du site Tout simplement bouffe, qui propose des menus et des astuces pour économiser à l’épicerie, aime beaucoup faire des potages avec des légumes racines tels que des carottes, des betteraves ou des panais. Ils sont souvent moins chers que les autres légumes, et en plus, ils se conservent longtemps.

« L’ingrédient le moins cher de la saison est la carotte. Alors, [on prépare] un bon potage de carottes avec des oignons, des carottes, des pommes de terre, un peu de feuilles de laurier, de sarriette et des épices italiennes, et c’est réglé. »

— Une citation de  Antoine Dumesnil, chef propriétaire du service traiteur Bouchée Double

4. Vive la flexibilité!

Vous avez une idée précise de ce que vous voulez servir à Noël? Gardez en tête que pour économiser, mieux vaut s’armer de flexibilité souligne Myriam Gendron.

Disons que ça prend du porc, du veau et du poulet pour mettre dans la tourtière. On peut y aller simplement avec ce qu’on a. On mise souvent sur plusieurs viandes dans la tourtière, mais c'est le moment qui est important. Honnêtement, je n'ai jamais regardé dans mon assiette combien il y avait de sortes de viandes dans ma part de tourtière ou dans mon pâté à la viande. Si l’on prend juste du porc, ça va être bon. Pour les boulettes, c’est la même chose. La flexibilité, c'est la clé.

5. La dinde, surestimée?

Recette de cuisses de poulet aux canneberges et au vinaigre balsamique
Recette de cuisses de poulet aux canneberges et au vinaigre balsamique | Photo : O’Gleman Média / Maude Chauvin

Pour acheter une dinde à un prix décent, il faut s’y prendre tôt. Plus on se rapproche du 25 décembre et plus la dinde sera chère et difficile à trouver. Selon Myriam Gendron, si l’on veut absolument une dinde, il faut être stratégique et commencer à la magasiner vers la fin du mois de novembre ou le début du mois de décembre.

Mais si l’on veut vraiment une volaille sur la table à Noël, un poulet rôti, ça peut très bien faire le travail. C’est ce que je choisirais, parce que c'est tellement plus simple à cuisiner et à décongeler , explique-t-elle.

D’ailleurs, dans le contexte économique actuel, il n’est pas surprenant de constater que la dinde est de moins en moins présente au menu du réveillon chez bien des gens.

« Plus on avance dans les années, moins les gens se disent attachés à un repas en particulier. Ils vont plus être attachés à l'événement, surtout depuis qu’on a eu une petite pause de Noël à cause de la pandémie. Ce qui a manqué aux gens, c'est de passer du temps avec leurs proches, et non de manger une dinde avec la petite sauce aux canneberges et des pommes de terre à côté. »

— Une citation de  Maryse Côté-Hamel, professeure en sciences de la consommation à l'Université Laval

6. Inflation = potluck

Avec la facture d’épicerie qui n’a cessé d’augmenter cette année, pourquoi ne pas choisir la formule du repas-partage lorsqu’on reçoit à Noël? C’est une belle façon de diviser les dépenses (et les tâches!).

« Recevoir, ça coûte cher. Un menu pour notre famille, c'est une chose, mais un menu pour 30 personnes, c’est autre chose. Si j'avais 30 personnes qui venaient chez moi, je pense que j'opterais pour le potluck, que j'aime ça ou pas. »

— Une citation de  Myriam Gendron, cofondatrice du site Tout simplement bouffe.

La professeure en sciences de la consommation Maryse Côté-Hamel est du même avis. Si l’on décide de faire un repas en groupe durant le temps des Fêtes, il vaut mieux que tout le monde participe. Ça peut être un potluck ou un repas qu’on se fait tous ensemble, comme une raclette ou une fondue chinoise, et chacun apporte sa contribution.

Elle ajoute d’ailleurs que la plupart du temps, les gens sont bien heureux de contribuer à la réussite de la soirée en apportant un plat qu’ils ont cuisiné. Il ne faut donc pas hésiter à demander de l’aide.

7. Simplifier le dessert

Une recette de canapés croustillants choco-framboises
Une recette de canapés croustillants choco-framboises | Photo : O’Gleman Média / Sylvie Li

Myriam Gendron, de Tout simplement bouffe, pense qu’on sous-estime souvent le coût du dessert. La farine, le sucre et le beurre sont tous des ingrédients qu’on peut acheter à l’avance et donc profiter des rabais dans les semaines avant Noël (surtout le beurre, qui coûte très cher(Nouvelle fenêtre)).

Elle propose de laisser tomber la traditionnelle bûche, qui peut être chère et compliquée à préparer, et d’opter plutôt pour de petites bouchées sucrées ou des biscuits de Noël, souvent appréciés par tout le monde. En plus, ces desserts se conservent longtemps (on peut les congeler!) et peuvent même servir de cadeau d’hôte ou d’hôtesse.

Pour terminer la soirée, Maryse Côté-Hamel propose aussi d’autres options faciles, décadentes et économiques : des desserts chocolatés tels qu’un gâteau, un pouding ou encore un chocolat chaud servi avec quelques guimauves pour terminer le repas sur une note réconfortante.

Vous tenez mordicus à votre bûche traditionnelle? Le chef Antoine Dumesnil explique qu’il est tout à fait possible de la cuisiner à petit prix.

La base, c’est une génoise qu’on met sur une petite plaque au four. Après, on la défait pendant qu’elle est chaude et l’on y ajoute la garniture de notre choix. On peut faire une petite bûche super rapide avec du Nutella, de la confiture, un glaçage de fromage à la crème ou de crème fouettée et des petits copeaux de chocolat sur le dessus.

8. La congélation, notre alliée

La congélation n’est pas à négliger pour la préparation de la nourriture durant le temps des Fêtes. Antoine Dumesnil mentionne qu’il est possible de congeler vos plats jusqu’à trois mois à l’avance s’ils sont bien scellés dans des sacs de congélation et que l’air à l’intérieur a bien été retiré.

9. Miser sur l’ambiance

Recette de tranches d'agrumes séchées
Recette de tranches d'agrumes séchées | Photo : L'émission Ricardo

Au-delà de la nourriture, la décoration de la table et l’ambiance font aussi toute une différence.

« L’ambiance, la musique, l’éclairage, la présentation, ce sont des éléments qui jouent pour beaucoup dans l’expérience d’un repas. À la maison, on pense au sens du goûter, donc on va vouloir miser sur un repas parfait, mais on oublie qu’il y a d’autres sens qui sont tout aussi importants. »

— Une citation de  Maryse Côté-Hamel

Et pas la peine de dépenser une fortune! Vous pourriez, par exemple, allumer une chandelle aux arômes de sapin, de cannelle ou au pain d’épices. De réelles branches de sapin et des bâtons de cannelle font de beaux centres de table économiques, en plus de sentir bon. Tout comme des tranches d’agrumes qui, une fois séchées, sont à la fois jolies et dégagent une bonne odeur.

Sans oublier que le simple fait de faire jouer vos chansons de Noël préférées ajoute de la magie aux festivités.

10. Penser aux quantités

Selon Maryse Côté-Hamel, on peut se poser la question : est-ce que ça vaut la peine de payer plus cher pour certains aliments? Par exemple, si vous faites un plateau de fromages avec sept fromages qui coûtent cher, il y a de fortes chances qu’il en reste à la fin de la soirée. En optant pour seulement trois ou quatre fromages classiques, vous dépenserez moins, mais votre plateau de fromages sera tout aussi apprécié.

11. Ne pas oublier les restants (il y en a toujours!)

Tout le monde prépare toujours trop de nourriture en vue des célébrations. Myriam Gendron, de Tout simplement bouffe, souligne qu’en gaspillant moins, on fait aussi attention à son portefeuille. Si l’on doit préparer un gros repas de Noël, mais qu'on n'a pas pensé à l'avance comment on va manger les restants, on va perdre beaucoup d'argent. C’est certain qu’il va y avoir des restants. Alors que si l’on sait qu'on va faire une soupe, par exemple, avec les restants de légumes et de dinde et qu'on va congeler le reste, on ne gaspille rien et notre repas de Noël nous aura servi plus qu’une soirée.

Si vous ne savez pas quoi faire de vos restants, n’hésitez pas à les distribuer en fin de soirée. Tout le monde sera heureux d’avoir un congé de popote durant les Fêtes!

Photo : Marie-Pier Mercier