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Que garantit la certification biologique du sirop d’érable?

par  Élise Madé

de L'épicerie

Le sirop d'érable biologique est très demandé à l'international. | Photo : Radio-Canada / L'épicerie

Depuis 2015, devant une demande croissante, la production de sirop d’érable biologique au Québec a augmenté de 250 %. L’épicerie a voulu en savoir plus sur ce qu’implique la certification biologique du sirop d’érable quant à sa production et sa qualité.

Sur les 7000 entreprises acéricoles du Québec, 1100 ont une certification biologique. Bien qu’environ 17 % sont certifiés biologiques, la production bio représente quant à elle 40 % de la production annuelle.

C'est un produit qui est de plus en plus populaire sur les marchés internationaux, constate Simon Forest, chargé de projets au sein de l’organisation Producteurs et productrices acéricoles du Québec (PPAQ).

La production de sirop d’érable biologique au Québec a augmenté de 250 % en sept ans.
La production de sirop d’érable biologique au Québec a augmenté de 250 % en sept ans. | Photo : Radio-Canada / L'épicerie

Bio égale qualité?

Bien que la certification biologique donne parfois l’impression que les produits sont plus fins ou de meilleure qualité, il faut savoir que ce n’est pas nécessairement le cas.

La certification biologique ne s'attarde pas à la qualité du produit. C’est un système qui certifie les procédés de production. Quand on a une certification biologique, on a l'assurance que c'est fait selon des normes d'environnement, d'utilisation des équipements de lavage, d'assainissement et des équipements qui respectent les normes biologiques, explique Simon Forest, du PPAQ.

Avec la certification biologique, le sirop d’érable va avoir des chances minimes de contenir certains éléments chimiques qui ne devraient pas être là, ajoute Jean-Michel Lavoie, professeur titulaire à la Chaire de recherche industrielle sur les technologies acéricoles de l’Université de Sherbrooke.

La certification de sirop d'érable biologique se penche sur les procédés de production sur sirop.
La certification de sirop d'érable biologique se penche sur les procédés de production sur sirop. | Photo : Radio-Canada / L'épicerie

Regardez ici le reportage d’Andrée Langlois sur le sujet.(Nouvelle fenêtre)

Les normes biologiques

Les acériculteurs de produits biologiques doivent respecter des règles sur les forêts, notamment pour l’aménagement du territoire et le nombre d'entailles sur un arbre.

« Il n'est pas possible de faire du double entaillage et il y a un certain nombre d'entailles maximum qu'on peut faire par rapport à un diamètre d'arbres. On s'assure aussi que la forêt n’est pas un peuplement pur d'érables. Il faut que la forêt ait une certaine portion d'autres espèces. »

— Une citation de  Jean-Michel Lavoie, professeur titulaire à la Chaire de recherche industrielle sur les technologies acéricoles, Université de Sherbrooke

Les productrices et producteurs de sirop d’érable biologique doivent également utiliser par exemple de l’éthanol pour nettoyer les tubes qui connectent les érables.

De plus, pour casser la mousse qui se crée lorsque le sirop d’érable est en cuisson, il est obligatoire d’utiliser des huiles végétales biologiques.

Finalement, les entreprises doivent se soumettre annuellement à des vérifications de la part d’organismes de certification comme Ecocert.

Ce sont ces normes qui expliquent le prix plus élevé du sirop bio.

Ecocert Canada est un organisme de certification engagé dans l'agriculture biologique.
Ecocert Canada est un organisme de certification engagé dans l'agriculture biologique. | Photo : Radio-Canada / L'épicerie

Une cuisson carboneutre?

Transformer la sève d’érable renfermant 2 % de sucre en sirop d’érable qui en contient 66 % demande évidemment beaucoup d’énergie, et cette cuisson nécessite un combustible. Mais la certification biologique ne considère pas l’utilisation du mazout, par exemple.

Dans la certification biologique, il y a des normes environnementales. Par contre, la norme ne tient pas pour acquises toutes les émissions de gaz à effet de serre (GES), explique Simon Forest.

« Depuis tout récemment, il y a une nouvelle certification : la certification Carboneutre. Ce logo certifie que les entreprises ont une démarche qui vise à réduire les GES avec l’évaporateur, par exemple. Pour les GES restants, elles doivent acheter des crédits carbone pour arriver à un total zéro. »

— Une citation de  Simon Forest, chargé de projets, Producteurs et productrices acéricoles du Québec

L’empreinte de carbone n'est pas nécessairement aussi grande quand on utilise du bois que quand on utilise un combustible fossile. Mais si on est capable de récupérer une partie de cette énergie-là, c'est plus économique pour les producteurs et il y a moins de carbone qui va dans l’atmosphère, mentionne Jean-Michel Lavoie.

À lire : Une nouvelle certification carboneutre pour le sirop d’érable du Québec

Une question de goût et de proximité

La production biologique n’est pas garante d’un meilleur goût du sirop d’érable, puisque plusieurs facteurs peuvent influencer sa saveur.

C’est difficile de vraiment dire que le sirop d'érable biologique est vraiment meilleur. Ça dépend d’où vient le sirop d'érable et de comment il a été fait. On ne peut pas dire d’office que le sirop d’érable bio est meilleur au goût, estime le professeur Jean-Michel Lavoie.

Sur les 7000 entreprises acéricoles du Québec, 1100 ont une certification biologique.
Sur les 7000 entreprises acéricoles du Québec, 1100 ont une certification biologique. | Photo : Radio-Canada / L'épicerie

Il faut aussi savoir que la plupart des érablières respectent les normes biologiques, mais n’en ont pas réclamé la certification, selon Simon Forest.

Pour Jean-Michel Lavoie, notre proximité avec un acériculteur est importante à prendre en compte si on cherche à faire un choix écologique.

« Acheter chez un producteur local empêche que le sirop d'érable aille faire une ronde autour du Québec. Il y a donc certains avantages sur le plan des gaz à effet de serre, mais aussi juste pour le bon voisinage avec les producteurs. Je trouve ça intéressant et important d'encourager les petites productions acéricoles. Si on n'a pas cet accès, on peut aller vers le biologique ou la carboneutralité, pourquoi pas! »

— Une citation de  Jean-Michel Lavoie, professeur titulaire à la Chaire de recherche industrielle sur les technologies acéricoles, Université de Sherbrooke

Avec les informations d’Andrée Langlois

Le sirop d'érable biologique est très demandé à l'international. | Photo : Radio-Canada / L'épicerie