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8 tendances alimentaires à surveiller en 2022

par  Alexis Boulianne

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Les serres de Lufa produisent des légumes toute l'année. | Photo : Radio-Canada / Alexis Boulianne

La prochaine année culinaire en sera une de découvertes, mais aussi d’adaptation. Il faudra faire preuve de débrouillardise et d’ouverture d’esprit, alors que certains produits pourraient devenir plus chers et que d’autres apparaissent sur notre menu.

L’année 2021 aura été marquée par des fortes mais éphémères tendances en cuisine, notamment portées par le réseau social TikTok. Ces derniers 12 mois, on s’est surtout massivement tourné vers la nourriture pour trouver du réconfort et une raison de se rassembler, en plus de cultiver ses talents devant les fourneaux. Que nous réserve-t-on pour 2022? Tour d’horizon.

La nourriture rétro

L’année 2021 a ravivé l’amour des gens pour les recettes traditionnelles : tourtière, pâtés, ragoûts et autres plats de bûcherons reviennent sur les tables dans un retour pas si surprenant de la nourriture réconfortante. En effet, avec toute l’anxiété qui a caractérisé ces deux dernières années, la bouffe devient une valeur refuge. On peut dire sans risque de se tromper que le réconfort continuera d’être un thème central dans le monde de l’alimentation en 2022.

À Mordu, on le voit très bien. Parmi nos dix recettes les plus consultées cette année, on retrouve notamment une recette de pouding chômeur ainsi qu’une soupe aux pois végane à la mijoteuse! Cette dernière a ceci de particulier qu’elle combine deux tendances en pleine ascension, soit le végétarisme et la nourriture traditionnelle! Le meilleur des deux mondes, dirait-on.

Le yuzu

Le yuzu, un agrume originaire de l’Asie de l’Est, deviendra de plus en plus populaire dans les boissons et les aliments, affirme la chaîne américaine Whole Foods. Ce cousin du citron, au goût plus floral, fera certainement de nouveaux adeptes cette année. Utilisé non seulement dans des recettes sucrées, le yuzu se retrouve dans des vinaigrettes, des mayonnaises et des sauces.

La viande végétale moins populaire que prévu

Les imitations de viande, qu’on voyait prendre beaucoup de place sur les tablettes d’épicerie, ne seront peut-être pas aussi populaires que prévu. Selon ce que rapportait à la fin du mois de novembre le Financial Times, les produits imitant la viande seraient en perte de vitesse.

Les hypothèses pour expliquer ce désintérêt de la part de la clientèle vont du prix élevé à une perception (souvent avérée) que ces produits sont ultra-transformés, en passant par une réticence à essayer de nouveaux produits ces deux dernières années. Toujours est-il que les entreprises qui offrent les imitations de viande devront s’adapter pour convaincre plus de gens de les essayer, même si de plus en plus de personnes optent pour le végétarisme (au moins ponctuel).

Déconstruire les assiettes

On commence à voir se populariser au Canada une manière différente de servir de la nourriture : exit le steak-blé d’inde-patates, bonjour l’assiette déconstruite! Cette tendance est entre autres supportée par la montée en popularité du végétarisme et l’ouverture plus grande à la cuisine méditerranéenne et spécifiquement moyen-orientale, comme le prouve l'engouement pour les recettes de chefs comme Yotam Ottolenghi.

On verra certainement de plus en plus de repas présentés dans de grands plats déposés au milieu de la table, dans lesquels les convives pigent allègrement. C’est rassembleur, c’est beau, ça permet à tout le monde de manger selon sa faim et ça permet de faire plusieurs plats très diversifiés qu’on n’aurait pas nécessairement tous mis dans la même assiette.

Le Kernza

Le Kernza est une céréale vivace, c’est-à-dire qu’elle n’a pas besoin d’être semée chaque année. Cette plante a une forte teneur en protéines, en calcium et en oméga-3(Nouvelle fenêtre). Sa création est une réponse directe à l’épuisement des sols qui résulte du labourage des champs à chaque année en agriculture conventionnelle. Elle pourrait commencer à occuper plus de place en 2022, alors que les grandes entreprises agroalimentaires américaines et canadiennes s’y intéressent davantage.

L’agriculture urbaine, de plus en plus

Le géant des supermarchés américains Whole Foods prévoit que l’année 2022 sera celle de l’agriculture urbaine. Son toit maraîcher sur une épicerie de Brooklyn en fait la preuve. Au Québec, le IGA Duchemin, à Ville Saint-Laurent, fait déjà la preuve qu’un toit cultivable peut produire une quantité impressionnante de légumes.

C’est sans compter l’apport des Fermes Lufa et d’autres importants producteurs de légumes, de champignons et d’autres aliments qui s’installent en ville. Gageons que les produits des fermes urbaines seront de plus en plus faciles à trouver dans les épiceries.

L'économie circulaire

On n’a pas fini d’entendre parler d’économie circulaire, car en 2022, avec le prix des matières premières qui explose et la demande de la clientèle pour une empreinte carbone moins élevée dans l’alimentation, les entreprises seront poussées de plus en plus vers cette manière de faire.

Il s’agit en gros de récupérer les déchets d’une autre entreprise ou de la société pour en faire sa matière première, et de réfléchir aux manières d’utiliser ses propres déchets(Nouvelle fenêtre). C’est le cas de la Centrale agricole, à Montréal, où les insectes deviennent une source d’alimentation pour des poissons, qui aident à leur tour à faire pousser des champignons!

Une économie difficile

Sur une note plus sombre, on sait maintenant que le prix de la nourriture continuera d’augmenter en 2022, entre autres à cause de l’inflation, mais aussi parce que des catastrophes météorologiques liées aux changements climatiques ont frappé plusieurs régions agricoles du monde, dont le Canada. Les prix du blé, notamment, connaîtront une forte poussée, et c’est sans compter ceux des légumineuses, du soja, de l’orge et du canola, tous des aliments de base très importants.

C’est déjà une personne sur cinq au Canada qui doit faire appel aux banques alimentaires(Nouvelle fenêtre) pour subvenir à ses besoins. Ce chiffre continuera de grimper à moins d’un changement profond de notre système alimentaire.

Les serres de Lufa produisent des légumes toute l'année. | Photo : Radio-Canada / Alexis Boulianne