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Les vins du Québec, plus populaires que jamais

par  Élise Madé

de L'épicerie

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Le vignoble Domaine du Nival | Photo : Radio-Canada / L'épicerie

Les vins québécois ont le vent dans les voiles. C’est ce qu’a constaté l’émission L’épicerie. Même en vendant 2,3 millions de bouteilles chaque année, les vignobles du Québec ont du mal à répondre à la demande. Certains d’entre eux voient leur petite production s’envoler en quelques minutes. À la SAQ, les ruptures de stock se succèdent.

  • Au cours de la dernière année, les vins, spiritueux et cidres du Québec ont enregistré une hausse des ventes en litres de 27 % à la SAQ.
  • Les vins Origine Québec ont, pour leur part, enregistré une croissance de 41 %, influencée notamment par la popularité des vins rosés.

Pourtant, cette situation aurait été inimaginable il y a 20 ou même 10 ans, alors que les vins du Québec peinaient à se défaire de leur mauvaise réputation.

En à peine 10 ans, on est passé d'une situation où les vignerons québécois partaient avec leur bâton de pèlerin à essayer de vendre leurs bouteilles [...] à une situation où c'est l'inverse, constate Mathieu Beauchemin, copropriétaire du vignoble Domaine du Nival. On doit retenir les bouteilles et limiter les quantités par personne.

Que s’est-il passé pour qu’aujourd’hui, des milliers de consommateurs et consommatrices se battent pour obtenir la dernière bouteille québécoise à la mode?

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Les vins québécois ont le vent dans les voiles. | Photo : Radio-Canada / L'épicerie

Une soif de produits locaux

Bien que la pandémie ait donné tout un coup de pouce à l’industrie, Charles-Henri de Coussergues, copropriétaire du Vignoble de l’Orpailleur, estime que cette frénésie pour le vin québécois a débuté bien avant.

La pandémie a accéléré quelque chose qui était déjà en route, avec le discours d'achat local, mais c'était déjà bien parti. Qui aurait cru qu'un jour, on vendrait par Internet du vin avant de le mettre en bouteille? C'est quand même incroyable.

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Les vignobles du Québec vendent 2,3 millions de bouteilles chaque année. | Photo : Radio-Canada / L'épicerie

Aujourd’hui, des amateurs et amatrices n’hésitent pas à payer 30 $ la bouteille pour des vins de petits vignobles tendance, la qualité, la rareté et le côté artisanal en justifiant le prix.

Selon Nadia Fournier, autrice du Guide du vin 2022, cette popularité s’explique par la qualité indéniable des vins québécois.

« On achète une bouteille une fois par curiosité. Mais quand on la rachète une deuxième fois, c’est parce qu'on l'a trouvée bonne. Si les vins sont en rupture de stock depuis plus de 18 mois, c'est parce qu'ils sont bons.  »

— Une citation de  Nadia Fournier, autrice du Guide du vin 2022

Les réseaux sociaux au service des vins locaux

Les amateurs et amatrices de vin, et en particulier la jeune génération, se tournent vers les réseaux sociaux pour avoir accès aux produits et connaître la démarche derrière ceux-ci.

Il y a plein de bons côtés aux réseaux sociaux qui permettent aux gens d’avoir accès à ce qu'on fait, à nos réflexions, à notre quotidien, explique Mathieu Beauchemin, copropriétaire du vignoble Domaine du Nival.

Pour Jérémie d’Astous, qui fait partie de cette nouvelle génération de consommateurs de vins québécois, c’est principalement sur son cellulaire que la recherche de vin s’opère.

On a des groupes Instagram et des groupes Facebook où on se passe les nouvelles entre amateurs. Quand il y en a un qui est le premier à recevoir une infolettre, il réserve une caisse de vin, et on se sépare la caisse à la gang, explique le jeune amateur de vin.

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Les réseaux sociaux permettent aux amateurs de vin québécois d'avoir accès aux produits et de connaître la démarche derrière ceux-ci. | Photo : Radio-Canada / L'épicerie

Les infolettres, les listes d’envoi et les listes d’appels sont aujourd’hui devenues des moyens indispensables pour joindre la clientèle.

À titre d’exemple, l’infolettre de La boîte à vins, une épicerie fine où l’on vend des vins qui ne viennent que du Québec, connaît une immense popularité.

Quand on a commencé l’infolettre, c’était pour faire une espèce de liste d'attente, pour partager nos nouveautés et avoir quelques abonnés. Maintenant, on est rendu à 10 000 abonnés sur cette infolettre-là, explique Louis-Philippe Mercier, copropriétaire de La boîte à vins.

Une expérience qui porte ses fruits

L'engouement pour le vin québécois ne repose pas seulement sur une bonne mise en marché. L'expérience des vigneronnes et vignerons québécois acquise au cours des 40 dernières années donne des résultats.

Il y a eu un bond qualitatif énorme qui a été fait dans les vignobles québécois en 10-12 ans, explique Mathieu Beauchemin.

Les vignobles québécois ont raffiné leurs équipements et ont peaufiné leurs techniques au champ ainsi que leurs techniques de vinification.

Nous avons aussi un plus grand respect du terroir, une volonté de présenter le vin québécois comme quelque chose de différent, d'unique, qui est résolument ancré dans notre climat, nos sols, ajoute le copropriétaire du Domaine du Nival.

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Les vignobles du Québec ont acquis beaucoup d'expérience au cours des 40 dernières années. | Photo : Radio-Canada / L'épicerie

On a des standards internationaux aujourd'hui qu'on n'avait pas il y a 20 ans. Le savoir-faire est là aujourd’hui. On n'a pas à rougir de ce que l'on fait aujourd'hui, estime Charles-Henri de Coussergues.

Malgré la popularité croissante des vins québécois, leur vente ne représente que moins de 1 % des ventes de vin à la SAQ. Il y a donc de la place pour grandir sur les tablettes, à condition de trouver du financement et de l'espace pour planter des vignes.

Et le vin québécois, ça goûte quoi?

Un goût de terroir, de froid, avec une belle acidité… Voilà les quelques caractéristiques du vin québécois, qui a son goût bien à lui et qui a demandé à être apprivoisé par la clientèle.

Il faut retenir que ce sont des vins de climats frais, avec une belle acidité, une acidité croquante, bien fraîche. Il faut accepter ce goût et l'apprivoiser, note Nadia Fournier.

Pour la chroniqueuse vin, il est primordial aussi que les consommateurs et consommatrices comprennent toute la démarche artisanale derrière ces vins et leur rareté qui en découle.

C'est un produit qui est dépendant du vignoble. On a une récolte par année. Et il faut attendre un an avant d'avoir de nouveaux raisins pour produire de nouveaux vins. Il faudra donc que les consommateurs prennent leur mal en patience conclut-elle.

Avec les informations de Gildas Meneu

Le vignoble Domaine du Nival | Photo : Radio-Canada / L'épicerie