Le Petit Mousso ferme ses portes

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Le chef Antonin Mousseau-Rivard | Photo : Page Facebook Le Mousso

La pandémie aura eu raison de l’une des adresses gastronomiques les plus reconnues à Montréal. Le Petit Mousso met la clé sous la porte, et son chef, Antonin Mousseau-Rivard, en profite aussi pour apporter des changements importants à la formule du Mousso, son restaurant original, même s’il est peu optimiste pour la suite des choses.

On annonce qu’on va devoir fermer Le Petit Mousso, a-t-il indiqué(Nouvelle fenêtre) à Annie Desrochers, animatrice de l’émission Le 15-18. On va se concentrer sur les quelques employés nécessaires pour faire rouler Le Mousso, notre formule originale. Je ne veux plus avoir à gérer autant d’employés, parce qu’en trouver en ce moment, c’est un gros problème.

Le Mousso sera quant à lui ouvert au public seulement trois jours par semaine, à raison de deux services par soir. Afin d’augmenter le salaire de son personnel, le restaurateur a aussi décidé de réduire le nombre de personnes au service, puisque ce sont les chefs qui viendront présenter les plats aux tables.

On a réussi à faire une formule où chaque personne va faire une semaine de 40 heures, payées au complet avec des salaires très compétitifs. Nos employés pourront se considérer comme des professionnels.

Une aide directe pour la haute gastronomie?

Découragé par les conséquences de la pandémie, le chef québécois réputé dresse au passage un portrait sombre de la scène gastronomique montréalaise. L’industrie tentait déjà d’améliorer ses conditions de travail, mais doit désormais composer avec un problème de recrutement, une augmentation du prix des denrées et une baisse de l’achalandage touristique.

S’il n’y a pas d’incitatifs des employeurs ou des gouvernements, d’ici quatre ou cinq ans, plus personne ne voudra travailler en restauration. Il faut revoir le modèle de la restauration, il faut revoir ce qu’on est prêt à offrir à ces gens.

Antonin Mousseau-Rivard

Si certains restaurants ont pu bénéficier du contexte de la pandémie, notamment les chaînes de pizza ou de poulet qui livrent à leur clientèle, les adresses de haute gastronomie n’ont pas eu la même chance. Antonin Mousseau-Rivard estime que sa clientèle est normalement composée de 40 % de touristes. 

Le chef est d’avis que le secteur gastronomique de la restauration a besoin d'une aide directe afin de traverser la crise. Il souligne que les établissements comme le sien font partie d’une économie culturelle et que les personnes qui vont dans ces restaurants fréquentent aussi les musées et les salles de spectacles.

C'est bien beau de faire la promotion de Montréal, mais si la moitié des restaurants [gastronomiques] ne passent pas la crise, on ne sera peut-être plus cette ville gastronomique, se désole-t-il.

Le chef Antonin Mousseau-Rivard | Photo : Page Facebook Le Mousso