Boîte à lunch : quel est le meilleur contenant isotherme?

par  Anne-Hélène Mai

de L'Épicerie

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Un expert analyse la qualité des contenants isothermes | Photo : Radio-Canada

À l’école, au travail, en randonnée ou en camping, le contenant isotherme promet de garder nos aliments chauds ou froids, le temps d'une avant-midi ou même toute une journée. Les modèles que l’on trouve sur le marché varient en taille, en forme et surtout en prix. Comment savoir lequel conservera le mieux la température de nos recettes?

Pour y voir plus clair, l’équipe de L’épicerie a demandé à l’expert en réfrigération Daniel Marsolais de tester 15 contenants isothermes que l’on trouve sur le marché canadien. En vue de la rentrée scolaire, le banc d’essai s’est concentré sur des modèles pouvant être destinés aux écoliers et écolières.

Pour comparer les récipients, M. Marsolais a versé des liquides chauds et froids dans chacun d’entre eux, puis les a laissés reposer plusieurs heures. Il a par la suite mesuré combien la température des liquides avait changé dans chaque contenant.

La température ne doit pas descendre en deçà de 60 °C, explique-t-il. La plage de température dangereuse se situe entre 4 °C et 60 °C. Si la température du repas atteint entre 35 °C et 45 °C, les bactéries se multiplient à une très grande vitesse (2 fois toutes les 15 minutes). Lorsque le contenant est utilisé pour un contenu froid, le réchauffement amène assez rapidement sa température au-dessus de 4 °C. Les produits laitiers et autres repas exigeant d’être conservés sous cette valeur sont à éviter.

En plus des qualités de conservation thermique des bocaux, M. Marsolais a observé leur étanchéité, leur solidité et leur ergonomie. Autre critère important: la facilité d’entretien. Faut-il démonter le contenant pour accéder à tous les recoins? Y a-t-il des zones difficiles d’accès? Il est impératif de le nettoyer après chaque usage pour éviter les odeurs. Certains fabricants mentionnent que leur produit est lavable au lave-vaisselle, mais pour une plus grande durabilité, le lavage à la main est toujours recommandé, insiste notre expert.

Méthodologie :

Les contenants isothermes ont tous été soumis au même protocole. Ils ont chacun été remplis tour à tour avec :

    de l’eau à 70 °C, conservée 6 heures (sans que le contenant soit réchauffé au préalable)

    de l’eau à 80 °C, conservée 5 heures (le contenant ayant été réchauffé au préalable avec de l’eau bouillante quelques minutes)

    de la soupe à 95 °C, conservée 4 heures (le contenant ayant été réchauffé au préalable avec de l’eau bouillante quelques minutes)

    de l’eau froide à 2 °C, conservée 8 heures

    La température de leur contenu était ensuite mesurée et comparée à la température initiale. La température était également mesurée au niveau du couvercle pour évaluer à quel point il représente une perte de chaleur.

Classement

Le coup de cœur de notre expert

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Bouteilles isolantes en acier inoxydable Geo, orange et rouge, paquet de 2 – autour de 40 $ | Photo : Radio-Canada

Selon M. Marsolais, le duo Geo 470 ml et 600 ml en deux pour un est un excellent achat : à près de 20 $ chaque contenant, il présente une capacité de conservation tout à fait respectable. Le bol qui se visse par-dessus le couvercle est utile tant pour verser la nourriture que pour créer une barrière supplémentaire à l’évacuation de la chaleur. Le contenant est aussi facile à ouvrir, grâce à sa vanne de relâche de pression. Et puis, il est pratique d’avoir deux contenants puisque cela permet d’alterner l’un et l’autre. Cerise sur le gâteau : les contenants Geo sont faciles d’entretien et composés de matériaux solides.

Le meilleur rapport qualité-prix

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Récipient isotherme Efterfrågad, acier inox 500 ml, d’IKEA – 10 $ | Photo : Radio-Canada

Malgré son petit prix, le contenant du fabricant suédois offre une isolation légèrement meilleure que la moyenne, surtout pour les aliments froids. Côté design et robustesse, c’est une construction honnête et efficace aux yeux de notre expert.

Les meilleures performances isothermiques

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Thermos Stainless King de 470 ml en acier inoxydable – autour de 39 $ | Photo : Radio-Canada

Sa performance a été inférieure à ce qui est promis sur l’étiquette (reste froid jusqu’à 14 h et chaud jusqu’à 9 h). Mais avec une variation moyenne de seulement 3 ºC par heure, il est le champion de ce classement. Son bol vissé sur le couvercle offre une isolation supérieure et cache un ustensile dépliable très pratique. Enfin, sa coque le rend particulièrement résistant en cas de chute. Le prix est supérieur, 39 $, mais c’est un achat qui durera dans le temps, conclut M. Marsolais.

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Contenant pour aliments Le Choix du Président, acier inoxydable, 500 ml – autour de 16 $ | Photo : Radio-Canada / Émission L'Épicerie

C’est assez surprenant, parce qu’il n’est pas cher, admet M. Marsolais. Pourtant, il arrive en deuxième place en termes de préservation de la température! Et ce, alors que la marque n’énonce aucune promesse sur l’étiquette du produit. Il est facile à ouvrir et se nettoie aisément.

Achats convenables

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4 contenants isothermes comparés | Photo : Radio-Canada

Les contenants de Zojirushi (38 $), d’HydroFlask (35 $), de Thermos FUNtainer 290 ml (entre 19 $ et 22 $) et de Yumbox Zuppa (30 $) (de gauche à droite ci-dessus) démontrent des capacités de conservation plutôt correctes pendant 4 heures et moins. Ils s’ouvrent sans difficulté, même avec de petites mains d’enfants. Petit bémol : à l’exception du contenant d’HydroFlask, ces récipients ont une base en polymère, ce qui peut les rendre moins résistants et étanches, à la longue, que leurs concurrents ci-haut.

Les déceptions

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Thermos TS3200 avec microcontenant, 355 ml – 35 $ | Photo : Radio-Canada

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S’well Eats Bol-repas 2-en-1, 473 ml – 54 $ | Photo : Radio-Canada / Émission L'Épicerie

Avec leurs doubles contenants qui s’emboîtent, ces deux articles semblent pratiques : on peut réchauffer le contenu au four à micro-ondes et laver le bol intérieur au lave-vaisselle. Mais cette conception affaiblit les capacités isothermes de ces récipients et leurs performances se situent bien en deçà de ce qui est promis. Leurs structures sont aussi plus fragiles, et le risque de fuite est plus grand.

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S’nack S’well, 295 ml – 27 $ | Photo : Radio-Canada

La forme est intéressante pour une boîte à lunch, mais le couvercle est grand. Il y a donc une grande surface par laquelle la chaleur peut s’échapper, estime notre expert. Ce récipient affiche parmi les pires résultats en matière de préservation de la température.

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Contenant à isolation sous vide Fuel de Trudeau Maison, 355 ml – 21 $ | Photo : Radio-Canada

M. Marsolais place le contenant de Trudeau dans cette catégorie à cause de la difficulté à l’ouvrir lorsqu’il contient un liquide chaud et qu’il est sous pression. Si on compte le faire utiliser par un enfant, cela peut poser un réel problème. De plus, sa capacité de maintien de la chaleur ou du froid est un peu plus faible que la moyenne.

À éviter

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Contenant isotherme Rama Design de Dollarama – 4 $ | Photo : Radio-Canada

Bien que cet article se présente en tant que contenant isotherme, le constat est clair pour M. Marsolais : Je n’ai rien observé qui justifie cet achat, même pour 4 $. Entièrement en plastique et sans isolation sous vide, il ne retient quasiment aucune chaleur et ne conserve pas la fraîcheur. N’ayant rien pour lui outre son prix, il est de plus très peu étanche et les fuites sont inévitables.

La découverte de la technique de l’isolation à vide est attribuée au physicien écossais James Dewar. Pour mener à bien ses travaux de cryogénisation, il avait besoin d’un récipient dans lequel des composants chimiques pouvaient garder une température stable. En 1892, il plaça un flasque de verre dans un autre, puis aspira l’air qui se trouvait entre les deux parois. Inspiré par sa création devenue couramment utilisée dans le monde scientifique, le souffleur de verre qui travaillait avec Dewar, Reinhold Burger, s’associa à l’Allemand Albert Aschenbrenner pour manufacturer un flasque à double paroi protégé par une enveloppe de métal. Ils la nommèrent Thermos. La création de Burger et Aschenbrenner intéressa l’homme d’affaires américain William B. Walker. Ce dernier créa en 1906 l’entreprise aujourd’hui mondialement reconnue.

Faut-il dire Thermos, ou contenant isotherme?

Thermos est devenu le petit nom familier de ce type de récipient. C’est un nom déposé, mais il est tombé dans le domaine public aux États-Unis dans les années 1960. Il peut donc être employé par les autres marques pour décrire leurs produits qui emploient la même technique d’isolation sous vide.

Pour voir le reportage complet de L’épicerie, c’est ici(Nouvelle fenêtre).

Un expert analyse la qualité des contenants isothermes | Photo : Radio-Canada