Bon vivant!, de Marc Hervieux, élu meilleur livre de cuisine

par  Eliane Bourque

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Bon vivant! permet à Marc Hervieux de combiner ses trois passions: la nourriture, la musique et les histoires | Photo : Courtoisie / Flammarion

Bon vivant!, un livre de Marc Hervieux, a été couronné cette semaine « Best in the World » dans la catégorie du meilleur premier livre de cuisine aux Gourmand World Cookbook Awards. Ce concours international récompense les meilleurs livres de cuisine de même que ceux qui portent sur le vin.

« J’imagine mon bœuf braisé comme un mouvement lent d’une symphonie, dit Marc Hervieux. J’ai toujours fait ce lien-là entre la cuisine et la musique; ça marche ensemble. » Bon vivant! lui a permis de combiner ses trois passions : la nourriture, la musique et le plaisir de raconter. Ce mélange s’est avéré gagnant puisque le livre a aussi remporté le prix du meilleur livre de cuisine d’une personnalité au Canada français et celui du meilleur livre culinaire au Canada à d'autres concours.

Mordu s’est entretenu avec le ténor pour discuter de bouffe et, surtout, de bonnes histoires.

Comment un chanteur d’opéra reconnu dans le monde entier décide-t-il d'écrire un livre à propos de la nourriture?

La bouffe a toujours fait partie de ma vie. Je viens d’un milieu modeste, Hochelaga-Maisonneuve. Moi, j’étais un accident, c’est-à-dire que je suis arrivé beaucoup plus tard, par surprise! Ma mère se demandait : "comment on va faire pour nourrir cette famille-là?", et elle a dû aller sur le marché du travail.

À cette époque, les enfants allaient dîner à la maison, mais comme j'étais le seul à l’école primaire, je revenais à pied et je m'occupais moi-même de mon dîner. J’ai commencé par me réchauffer des restants, mais rapidement, j’ai eu envie de me cuisiner des choses. En deuxième année, je faisais déjà des frites dans un chaudron! C’est surréaliste aujourd’hui, mais à l’époque, c’était ça. Ma sœur, ma grand-mère et ma mère m’ont montré à cuisiner. C’est resté un plaisir et c’est toujours présent dans ma vie. La cuisine familiale a toujours fait partie de ma vie.

Il y a cinq ans, j’ai eu l’idée de partager des histoires et mes expériences dans un livre, et de les lier à des recettes et à des suggestions musicales. Quand la pandémie est arrivée, j’ai reçu un courriel de ma maison d’édition pour me dire : là, tu vas avoir le temps!

Selon toi, qu’est-ce qui a le plus touché le public dans tes récits?

C’est comme si je narrais en personne. Ce qui permet cette connexion, c’est que je raconte une histoire, puis la recette rappelle des souvenirs, en plus d’être facile à faire. Ce sont des recettes d'autrefois. D’ailleurs, je me suis contraint – avec plaisir – à respecter les recettes d’antan de mes souvenirs plutôt que comment je les cuisine aujourd’hui. Elles font partie de l’histoire en entier. Ça joue sur la corde sensible de la nostalgie.

C’était d’ailleurs ma grande crainte, de ne pas respecter cette proximité que j’ai normalement avec le public. J’ai l’habitude de la scène et d’être bon conteur, même si je suis dans la musique classique. On imagine toujours les chanteurs et chanteuses d’opéra en tuxedo 24-7, mais j’ai toujours raconté des anecdotes entre mes pièces. La musique très structurée offre un contraste avec mes histoires, qui sont plus chaleureuses. Mais j’ai finalement trouvé mon rythme de croisière dans l’écriture aussi!

Comment décrirais-tu les changements culinaires survenus dans la gastronomie québécoise au cours des dernières années?

Ça a explosé! Pas juste dans l’assiette, mais dans le verre à bière et la coupe de vin aussi; dans tout! Ce qu'on mange a tellement évolué, c’est incroyable. Je trouve ça fabuleux quand j’y pense. À l’époque, on ne roulait que sur 8 à 10 recettes à l’infini. Les recettes étaient toujours cuisinées le même jour. Le rosbif était toujours le dimanche midi. Le reste de la semaine, c’était un pâté chinois, un macaroni, et puis un pâté chinois décomposé. Ça marchait avec du steak haché ou du bœuf en cube et, parfois, un peu de poulet. On est loin de ça aujourd’hui; même les restaurants ont évolué! Il y a beaucoup plus de diversité.

Si tu avais un seul plat à manger pendant les six prochains mois, qu’est-ce que tu choisirais?

Je pourrais manger de la soupe à tous les repas. Dans ma vie de chanteur, j’ai beaucoup voyagé, et partout, j’ai adoré boire un bouillon chaud le matin, par exemple au Japon, en Corée ou à Taïwan. Je pourrais commander une soupe même à 35 degrés. Mais si j’étais condamné à manger une tranche de pain grillé badigeonné avec de l’huile d’olive et frotté avec une gousse d’ail, je serais aussi content.

As-tu envie de tenter à nouveau l’expérience de l'écrivain gourmand?

Oui! Mon prochain livre sort fin septembre; il est déjà écrit! Les anecdotes sont plus récentes; j’y parle plus de ma vie professionnelle, de mes voyages et de ma vie familiale avec mes enfants et ma blonde. Je reviens avec mes histoires et mes recettes, mais je me permets de parler plus de musique, d’y aller plus dans le descriptif.

Bon vivant! permet à Marc Hervieux de combiner ses trois passions: la nourriture, la musique et les histoires | Photo : Courtoisie / Flammarion