De barman à fabricant de beignes alcoolisés

par  Eliane Bourque

L'image est en cours de chargement...

Le Mal nécessaire lance sa propre collection de beignes alcoolisés. | Photo : Eliane Bourque

Si on avait dit à Evan qu’il allait décliner les cocktails bien-aimés du Mal nécessaire en une sélection de « boozy » beignes, il ne l’aurait probablement pas cru. Employé par ce débit de boisson, Evan y est gérant, en plus de travailler derrière le bar. Avant la pandémie, il n’avait jamais mis la main à la pâte.

 Pendant que tout le monde cuisinait du pain, j’ai décidé de me lancer dans les beignes pour la première fois, raconte-t-il. Comme ça, juste pour le plaisir. De fil en aiguille, j’ai ajouté le crémage et le glaçage à l’alcool. 

Le résultat est coloré et unique. Des exemples? Le beigne Mal nécessaire (bourbon, Fernet-Branca, ananas et cannelle), le Baojengyu (rhum brun, cinq-épices, gingembre et lime), le Jalapinanche (mescal, chili ancho, jalapeño et ananas), le célèbre Piña Colada (rhum vieilli, noix de coco et ananas), le Singapore Sling (gin, chicha morada et lime) et, finalement, le Siesta (tequila, Campari, pamplemousse et lime).

Evan ne cache pas que ses recettes ont nécessité plusieurs tests. Son premier essai ressemblait d’ailleurs plus à une miche de pain qu’à un beigne! Allant chercher l’inspiration un peu partout (c’est la magie d’Internet, après tout), il a rapidement appris à maîtriser la levure, l’huile et la farine. Depuis, le bar offre une boîte de six beignes alcoolisés, des pâtisseries bien sucrées qui imitent le goût de certains cocktails du Mal nécessaire.

Depuis leur lancement, les ventes ne cessent d’augmenter.  La première semaine, je préparais environ 10 boîtes par jour, mais vendredi dernier, c’était plutôt 23! Même aujourd’hui, un mercredi où j’avais prévu la quantité à la baisse, j’ai vendu toutes mes boîtes avant 14 h! 

« Le beigne Mal nécessaire est un succès, explique Evan. Ça me fait tellement rire qu’il goûte autant comme le cocktail. Je suis passé de bartender à cuisinier, et d’un horaire de nuit trop tard à un horaire matinal trop tôt. Je ne peux pas gagner! »

Pour ceux et celles qui ont peur de la quantité d’alcool des pâtisseries, pas d’inquiétude à avoir : celui-ci est contenu presque entièrement dans la gelée ou le glaçage. 

 Tu ne peux pas te saouler en mangeant tous les beignes; tu vas avoir mal au cœur avant! 

Evan, fabricant de beignes alcoolisés

Se réinventer grâce à l’entraide

Le Mal nécessaire ne possède pas de cuisine. Avant sa fermeture due à la COVID, l’établissement encourageait au contraire sa clientèle à commander des plats des restaurants asiatiques situés tout autour. Pour permettre à son projet de voir le jour, l’équipe est allée frapper à la porte de ses voisins, Fleurs et cadeaux, qui offrent à Evan la chance de préparer ses petites douceurs dans leur cuisine, avant le début de leur service. Certains employés donnent même un coup de main!

L'image est en cours de chargement...

La cuisine du Fleurs er cadeaux. | Photo : Eliane Bourque

Malgré la popularité grandissante de ses créations, Evan précise que cela reste pour s’amuser jusqu’à l’ouverture des bars. Le projet a permis de conserver une visibilité pendant cette pause forcée par la pandémie. Pour ce qui est de la suite, l’avenir des beignes est incertain.

« En attendant la réouverture, j’aimerais peut-être faire des collaborations avec d’autres bars pour développer de nouvelles saveurs basées sur leurs cocktails signatures! Par la suite, tout dépend de mes responsabilités qui reprendront le dessus. Mais je n’exclus pas leur retour lors d’un pop-up [une succursale éphémère], par exemple. »

L'image est en cours de chargement...

L'établissement du restaurant Fleurs et cadeaux. | Photo : Eliane Bourque

Pour les nostalgiques

Si les cocktails du Mal nécessaire vous manquent à tel point qu’un beigne ne saurait vous consoler, sachez que le bar vend certains de ses mélanges maison au Pamplemousse.

« C’est vraiment une belle solution pour les gens qui ne veulent pas acheter 15 ingrédients, explique Evan. Pour le mélange Piña colada, par exemple, tout est frais pressé. Même la crème de coco est faite maison, avec l’eau de coco et un peu de sucre. La différence entre un produit frais et une canette est insane! Ce n’est pas quelque chose que les gens ont goûté, parce que personne ne fait ça, ici. »

Les beignes sont offerts uniquement du mercredi au vendredi, pour une période limitée. Il est possible de précommander les beignes en ligne sur le site de Fleurs et cadeaux.(Nouvelle fenêtre)

Le Mal nécessaire lance sa propre collection de beignes alcoolisés. | Photo : Eliane Bourque