Que mangent les enfants de chefs?

par  Alexis Boulianne

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Le premier ministre du Québec en entrevue avec Caroline Cyr

Les enfants difficiles peuvent représenter un défi pour les parents, mais rassurez-vous : les chefs n’échappent pas non plus aux caprices de leur progéniture. On a appelé trois pros de la cuisine – qui sont aussi parents – afin d’avoir leurs meilleurs trucs pour plaire aux enfants difficiles et pour s’amuser en cuisinant!

Les enfants de chefs n’aiment pas les champignons et les oignons, comme tous les autres enfants, souligne en riant le professeur de cuisine à l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec (ITHQ) Stelio Perombelon. Surtout que j’ai fait une vie d’aimer les légumes et de cuisiner les légumes, donc je suis déçu de voir que je n’ai pas la popularité souhaitée!

Si M. Perombelon était dépité au départ (et peut-être, avoue-t-il, légèrement blessé à l’orgueil) devant les refus de ses trois filles de manger certains aliments, il croit que le travail doit se faire à long terme. Des fois, on va se torturer, mais toutes ces années, elles ont été exposées à la nourriture; ça crée une richesse au niveau de leurs connaissances alimentaires. Elles finissent par avoir envie de manger ça plus tard, affirme-t-il.

Au début, j’essayais de forcer mon fils à manger des trucs, mais ça ne fait pas une cool relation de terroriser ton enfant pour qu’il mange des fruits et des légumes, explique de son côté Robert James Penny, alias Bob le chef, auteur de l’ouvrage L’anarchie culinaire selon Bob le Chef.

Le chef raconte que son fils, si on le laissait faire, ne mangerait que des hot-dogs, du spaghetti et des croquettes de poulet congelées.

Ça blesse l’orgueil quand ton fils te dit que tes croquettes sont moins bonnes que celles de l’épicerie!

Bob le Chef, cuisinier

[Cuisiner avec] fiston, ça me garde aiguisé, dit le chef. Il s’est beaucoup intéressé à la cuisine dans les dernières années. Une des raisons, je pense, c’est TikTok… J’ai trouvé une qualité à TikTok et ça serait ça!

Le fameux réseau social est en effet très populaire auprès de son fils et lui donne parfois l’inspiration recherchée.

Marie-Michelle Chouinard, auteure du blogue Une maman végane et du livre La cantine végane, semble quant à elle avoir beaucoup moins de mal que ses deux comparses à faire manger des végétaux à son garçon de 3 ans. Il adore le tofu, le tempeh; il mange des gnocchis, plein de sortes de protéines végétales, des légumineuses, plein de légumes..., énumère-t-elle, visiblement très heureuse de l’appétit de son fils.

Plus tu les fais participer, plus ils vont avoir envie de goûter à ce qu’ils ont fait.

Marie-Michelle Chouinard, auteure

Ça fait deux semaines qu’Adam cuisine avec moi, raconte Marie-Michelle. Il a un chapeau de chef et un tablier, et il veut vraiment les mettre pour cuisiner. On a fait des Méli-Mélo maison; il m’aide pour les biscuits... Il est super bon pour licher les bols!

Vos trucs pour impliquer vos enfants en cuisine?

Les desserts, c’est toujours gagnant, fait valoir Marie-Michelle Chouinard. Je mesure les tasses, les cuillères, et je lui dis dans quel bol les mettre. Pour nous, c’est tellement banal de verser de la farine dans des bols, mais pour lui, c’est grandiose; ça le valorise.

Il faut toujours essayer de trouver des petites tâches pour les impliquer, comme plier des raviolis. Ça donne de beaux résultats; elles participent, et ça leur donne le goût d’y goûter, conseille de son côté Stelio Perombelon, qui avoue du même souffle préférer cuisiner pour sa famille.

C’est peut-être mon côté chef ou professeur, mais j’ai de la difficulté à les amener sur la planche de travail; j’ai de la misère à être zen avec ça, avec la propreté et l’organisation de travail, raconte-t-il, un sourire en coin.

Pour Bob le chef, l’autonomie en cuisine passe aussi par la confection des lunchs. Donc, j’ai décidé d’y aller d’une discussion ouverte : qu’est-ce que tu veux dans tes lunchs? Parlons-en! Tu veux des Oreo? Je vais t’en mettre deux, mais tu vas manger des fruits, un plat maison, quelque chose de plus santépour équilibrer le tout, explique-t-il.

Votre recette fétiche pour faire manger les enfants?

Stelio Perombelon ne jure que par ses pâtes aux tomates! On fait notre corvée d’empotage de sauce tomate vers la fête du Travail. On ne cuit pas beaucoup nos tomates. On a encore le plein parfum de l’été, très sucré, pas acide. C’est encore la chose la plus simple, la plus rapide qui satisfait tout le monde, raconte-t-il.

Marie-Michelle Chouinard, elle, réussit à concocter maints repas grâce à une simple plaque. Si je suis fatiguée, c’est tout ce que je peux mettre dans le four. Pois chiches, patate douce, brocoli : ça peut cuire à la même température; on met une petite sauce avec ça, ça va toujours bien, explique-t-elle.

Et du côté de Bob? Son classique, ces temps-ci, est une recette bien gourmande inspirée de... TikTok! On a fait des croquettes de poulet aux Doritos! lance-t-il joyeusement.

La recette de croquettes aux Doritos

Ça fonctionne aussi bien avec une livre de poulet coupé en cubes qu’une livre de tofu en morceaux, explique Bob. On les saupoudre légèrement de farine et on les trempe dans des œufs battus, puis on écrase les chips avec ses mains et ses poings. C’est là que mon fils a vraiment aimé la recette.

Une fois que c’est pané, on met ça sur une plaque avec du papier parchemin – parce que j’apprends à mon fils que faire de la vaisselle, c’est plate –, et on cuit au four pendant 20 minutes à 175 °C (350 °F), continue-t-il.

Et, pour finir, le truc secret : Une fois que c’est fait, on trempe chaque croquette dans un mélange à parts égales de miel et de moutarde, et on les finit au four de 5 à 6 minutes. C’est magique!

Le premier ministre du Québec en entrevue avec Caroline Cyr