Comment préparer ses semis d’intérieur sans se fatiguer

par  Ariane Labrèche

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L'activité de cultiver ses propres semis est possible pour tous. | Photo : O'Gleman Média / Daniel Öberg

Compliqué, commencer la culture de ses propres plants de tomates dans la maison? Pas en suivant les conseils de Larry Hogdson, alias le Jardinier paresseux, un expert du potager sans tracas.

Cela fait maintenant 40 ans que Larry Hodgson sème ses graines, taille ses plants, ainsi que récolte et déguste les produits de son jardin, mais pour cet habitué des légumes, rien ne bat l’émerveillement à la vue des semis. C’est tellement stimulant! On plante des graines dans la terre, on pense que c’est impossible qu’il se passe quelque chose et soudainement, une petite plante se met à pousser. C’est fascinant , dit Larry Hodgson, la passion dans la voix.

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Le Jardinier paresseux, Larry Hodgson est de passage à Sept-Îles  | Photo : Radio-Canada

Pour celui qui a plus de 64 ouvrages sur l’horticulture derrière la cravate, faire ses propres semis comporte plusieurs avantages. Le premier est celui du choix. En effet, il serait impossible que les centres de jardin puissent tenir autant de plants qu’il existe de variétés de semences.

J’aime expérimenter avec de nouvelles plantes chaque année. S’il fallait que je les achète toutes en plants, ça me coûterait une fortune! Les semences, c’est une manière d’avoir un jardin à moindre coût , ajoute-t-il.

Les semis sont une manière de couper l’hiver en deux. À 65 ans, Larry Hodgson ne se sent pas l’envie de devenir un hivernant (snowbird) quand il sait que dès janvier, il verra apparaître ses premières petites pousses. C’est thérapeutique, surtout cette année. Cultiver des plantes, toucher des plantes, c’est bénéfique. Elles deviennent nos amies, ces petites choses-là , dit-il.

Choisir la bonne semence

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Les piments peuvent être plantés dès le mois de mars. | Photo : Radio-Canada / Marie-Michèle Bourassa

Une fois qu’on décide de se lancer dans la culture de semis, on réalise vite que du choix, il y en a. Comment faire pour savoir quels petits sachets de semences choisir?

Le secret, c’est de limiter sa sélection, surtout la première année. Pas besoin de chercher bien loin : les jardinières et jardiniers débutants trouveront tout ce qu’il leur faut dans les centres de jardin, en plus de pouvoir bénéficier des conseils du personnel.

C’est important de se faire conseiller. Par exemple, les gens qui veulent des haricots choisissent souvent les haricots nains, la variété la plus populaire. Or, ils mûrissent tous en même temps! À moins qu’on fasse des conserves, ça peut être trop de légumes d’un coup. Il vaut mieux prendre des haricots grimpants, qui produisent tout l’été , explique le vétéran jardinier.

Pour les personnes qui débutent avec les semis, le plant de prédilection de Larry Hodgson demeure la bonne vieille tomate, car elle pousse solidement et on peut en commencer la culture plus tôt dans la saison, ce qui plaira aux jardiniers et jardinières fébriles.

Attention toutefois de ne pas planter ses semences trop tôt. Pour savoir quand se mettre à l’ouvrage, c’est facile : il suffit généralement de suivre les indications sur le sachet de semences, qui précise à quel moment planter ses graines en fonction du dernier gel anticipé. Au Québec, on parle généralement de la fin de mars et du début d’avril.

Choisir le bon contenant

Nos semences choisies, c’est maintenant le temps de les mettre en terre!

Ne les mettez surtout pas dans des contenants d’œufs. Je vois ça tout le temps sur Internet, mais c’est trop petit; les plants seront stressés. À moins d’avoir acheté des œufs de dinde.

Larry Hodgson, alias le Jardinier paresseux

Pas besoin néanmoins d’acheter quoi que ce soit. Le Jardinier paresseux est lui-même un champion du recyclage, réutilisant pots de yogourt ronds ainsi que barquettes de plastique et fabriquant même ses propres pots avec du papier journal.

Dans ses jeunes années, Larry Hodgson allait jusqu’à fabriquer son propre terreau, devant l’offre commerciale limitée. Heureusement, plus besoin pour les adeptes de jardinage de faire la même chose. Selon lui, les terreaux pour semis ou pour plantes intérieures sont en général excellents. S’ils contiennent d’emblée des mycorhizes, ces champignons qui favorisent la croissance des plantes et peuvent même les protéger de certaines maladies, c’est encore mieux.

Donner de la chaleur, mais pas trop

Une fois les semences bien installées dans le terreau, il faut les mettre au chaud. Pour ce faire, on les recouvre d’un dôme, soit le couvercle d’une barquette en plastique ou tout simplement un sac de plastique réutilisé. Le but est de créer un environnement humide, surtout dans nos maisons hivernales, où l’air est souvent trop sec.

Il faut donc éviter de les placer en plein soleil, du moins au début. Des rayons directs en plus du dôme créeront un environnement plus digne d’un sauna que d’un jardin, ce qui n’est pas favorable au développement des plants. Une fois la germination terminée, Larry Hodgson recommande d’enlever progressivement le couvercle sur une période de quelques jours. Ce n’est qu’à ce moment que nos petites tiges seront installées sous le soleil.

Et qu’en est-il des éclairages artificiels, ces lumières rosées qu’on entrevoit parfois par les fenêtres de certains appartements? C’est intéressant d’avoir un éclairage contrôlé, mais ce n’est pas nécessaire quand on commence. C’est quelque chose qui devient pertinent lorsqu’on se dirige vers des semis plus avancés, qui doivent être plantés en janvier ou en février, quand l’éclairage manque sérieusement , explique Larry Hodgson.

Repiquer au bon moment

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Un jardinier plante des tomates.  | Photo : iStock

Finalement, il est temps de repiquer les plants. Pour savoir quand les petites pousses seront prêtes à entamer leur vie dans le jardin, il faut non seulement se fier aux étiquettes, mais aussi au gros bon sens. Chaque année, j’ai des gens qui m’écrivent pour me dire que leurs plants sont morts. Mais ce n’est pas parce qu’on dit que le dernier gel à Montréal est le 29 mai que c’est nécessairement le cas! Il faut s’adapter et prendre le temps de regarder dehors , indique Larry Hodgson.

En suivant ces étapes toutes simples, vous aurez un jardin qui coûtera moins cher, ne nécessitera pratiquement aucun achat de matériel et embellira votre milieu de vie dès le printemps. En prime, vous aurez la fierté d’avoir pu être derrière un processus naturel des plus magiques, celui du passage de la graine au légume, jusqu’à ce qu’il se retrouve dans l’assiette. Bon jardinage!

L'activité de cultiver ses propres semis est possible pour tous. | Photo : O'Gleman Média / Daniel Öberg