Le P’tit Patelin, un repère multiculturel à Cap-Santé

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Marie-Eve Royer, Rémi Gingras et David Gingras, propriétaires d'un commerce où l'on célèbre la diversité culturelle, Le P'tit Patelin à Cap Santé.  | Photo : Radio-Canada / Allison Van Rassel

Depuis le 18 juin 2020, un nouveau lieu de pèlerinage pour les mangeurs locavores a ouvert ses portes à Cap-Santé : Le P’tit Patelin. Malgré son offre flamboyante de prêt-à-manger, dont émanent de nombreux parfums exotiques, c’est le tofu maison élaboré selon un savoir-faire de plusieurs millénaires qui gagne le cœur des mangeurs locaux.

J’entre pour une troisième fois au P’tit Patelin, comme j’entre dans la maison d’une amie qui aime bien manger. L’accueil est chaleureux et ça sent le réconfort en cuisine. Ça y est, je salive déjà.

Derrière le mur qui sépare l’épicerie de la cuisine, le chef Rémi Gingras prépare les ingrédients pour élaborer le tofu. Assisté de sa conjointe Rong Rong Li, originaire de Guilin, un village du sud de la Chine, le chef souligne qu’il faut agir rapidement, car un degré de trop dans le liquide de la marmite et tout est perdu. Avec la musique de The Dubliners comme trame sonore, un groupe de folk irlandais, mes repères culturels sont agréablement broyés.

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Le chef Rémi Gingras surveille la température du lait de soya afin de ne pas passer outre la température idéale de coagulation, dans le but de transformer le tofu.  | Photo : Radio-Canada / Allison Van Rassel

Je l’avoue bien humblement, c’est la première fois que j’assiste à la fabrication de tofu et j’ai un sourire tatoué au visage. Voici en images ce que j’ai capté de l’élaboration du tofu.

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Rémi Gingras, chef copropriétaire du restaurant Le P'tit Patelin à Cap-Santé, prépare son tofu maison.  | Photo : Radio-Canada

Déguster les cultures

Le chef originaire de Portneuf et sa conjointe ont tenu pendant quelques années un restaurant dans le xiang de Yangshuo, en Chine, un district situé au nord-ouest de Hong Kong. De retour dans la région depuis 6 ans maintenant, ils ont ramené avec eux des savoir-faire traditionnels et le désir de les partager.

Ensemble, ils cuisinent toutes sortes de mets, dont de succulents dumplings — des raviolis chinois — au porc et aux légumes servis à la façon traditionnelle chinoise, avec un mélange de sauce soya et de vinaigre de riz.

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La cuisinière Rong Rong Li prépare des «dumplings» selon les traditions de sa famille originaire de Guilin, un village du sud de la Chine. | Photo : Radio-Canada / Allison Van Rassel

On retrouve aussi toutes sortes de produits alimentaires, à l’image d’une épicerie spécialisée dans les produits locaux. Il y a même une section d’aliments sans gluten. Ce qui me surprend toutefois le plus est l’abondante offre de prêt-à-manger qui fait voyager les papilles, dont un shish taouk turc et des falafels libanais. Cette semaine, on propose même des pupusas typiques d’Amérique centrale à Cap-Santé!

« On voyage beaucoup et on trippe sur la bouffe », souligne Marie-Ève Royer, copropriétaire du commerce avec son conjoint David Gingras et son frère, le chef Rémi Gingras. « On veut faire connaître d’autres cuisines à notre clientèle. On veut travailler le plus possible avec nos produits d’ici avec les techniques d’ailleurs. Notre but est de réussir à amalgamer les deux le plus possible pour le plus grand plaisir de nos clients. » Et ça marche, car la population locale est au rendez-vous.

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J'ai déposé mon enregistreur afin de succomber au plaisir du tofu encore chaud préparé spécialement pour moi par le chef.  | Photo : Radio-Canada / Allison Van Rassel

Après avoir assisté à la fabrication du tofu, le chef Rémi m’offre de le déguster encore chaud. Impossible de refuser, car malgré son apparence simple, je viens tout juste de constater que l’élaboration du tofu demande plus de temps et d’efforts que ce à quoi je m’imaginais. Une expérience qui me permettra de respecter encore plus le produit.

Il me sert le mets comme il aime le manger : avec un peu de sauce soya et de fines rondelles d’oignon vert. Je ferme les yeux pour fixer l’expérience dans ma mémoire gustative, mais aussi pour apprécier un peu plus ce moment privilégié. C’est alors que mes yeux s’ouvrent et que je couine de pur bonheur. Soudainement, la texture semi-ferme du produit sous mes dents m’apparaît noble. Son goût délicatement acidulé, accompagné d’un effluve de céréale se pose sur ma langue.

« Tu sais, il n’y a pas juste du mauvais qui est sorti de la pandémie », me confie sur ce moment Marie-Ève. « Les gens ont réalisé à quel point l’achat local est important. Il y a une prise de conscience qui est en train de se faire au point de vue alimentaire et on le sent vraiment. Tout à coup, il y a une popularité sans précédent et c’est directement lié à la pandémie. Sérieusement, c’est plate de dire ça, mais c’est le bon de la pandémie. »

J’ajouterais que les mangeurs goûtent aussi la savoureuse différence.

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L'immeuble abritait autrefois la Caisse Populaire de Cap-Santé.  | Photo : Radio-Canada

L’entrepreneure native de Cap-Santé est aussi promotrice immobilière. Elle me raconte qu’elle souhaite participer activement au développement économique de sa ville natale. En ce moment, son tout premier projet de développement immobilier prend vie. « J’essaie d’être le plus près possible de ma communauté, car je crois qu’une économie saine commence d’abord et avant tout autour de soi », souligne-t-elle.

Lorsque la Caisse populaire s’est défaite de son immeuble de la rue Gérard Morrisset, elle a toute de suite vu l’opportunité de créer un terrain de jeu culinaire avec les gens qui lui sont les plus chers. Le P’tit Patelin prend donc vie dans un immeuble qui a longtemps servi les besoins financiers de la communauté, mais qui veille désormais à la mise en valeur de la richesse agroalimentaire du Québec.


Le P’tit Patelin
3, rue Gérard Morisset, Cap-Santé

Marie-Eve Royer, Rémi Gingras et David Gingras, propriétaires d'un commerce où l'on célèbre la diversité culturelle, Le P'tit Patelin à Cap Santé.  | Photo : Radio-Canada / Allison Van Rassel