Le plaisir acidulé de la camerise

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CVLD, Camerises, Camerises St-Philippe, Camerise  | Photo : Radio-Canada / Allison Van Rassel

Sur le domaine de Camerises St-Philippe, du rang Saint-Philippe à Saint-Anselme, les 8300 plants de camerises sont recouverts d’immenses filets blancs. Tout autour, dans les arbres longeant les terres, on peut entendre le chant du jaseur des cèdres, qui raffole de cette baie bleutée joyeusement acidulée.

« En quatre jours ils ont tout mangé », se souvient Denis Carrier, qui est propriétaire de Camerises St-Philippe avec sa femme Nancy Jacques. Ce fut un épisode marquant des premières années de production du couple, qui me raconte avoir tout essayé pour éloigner ces gourmands oiseaux.

« On a même acheté un canon à propane comme dans les aéroports pour les effrayer. L’effet a duré 10 minutes. Maintenant, aussitôt que la floraison est terminée, on dépose les filets sur les plants et on les enlève au fur et à mesure pour l’autocueillette. »

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L’autocueillette de la camerise attire autant les familles que les curieux de nature, sur le Rang Saint-Philippe.  | Photo : Radio-Canada / Allison Van Rassel

On entend au loin une sonnette de service comme dans une station d’essence, alors que les voitures s’enfilent dans le stationnement. Il y a même des touristes asiatiques venus de l’Ontario pour faire le plein d’antioxydants.

C’est sans l’ombre d’un doute que ce fruit au goût et à la texture uniques attire de plus en plus de curieux sur le rang Saint-Philippe.

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Les propriétaires de Camerises St-Philippe, Denis Carrier et Nancy Jacques, passionnés de la camerise.  | Photo : Radio-Canada / Allison Van Rassel

Introduit sur la terre familiale voilà un peu plus de cinq ans dans le but de diversifier l’activité agricole, la camerise est un terrain de jeu salutaire pour cette famille de Saint-Anselme, dont la production laitière est la source principale de revenu.

 En agriculture conventionnelle, les producteurs n’ont pas un grand pouvoir décisionnel. Le contact avec les consommateurs, on ne l’a jamais et on ne décide pas du prix. Il y a une belle structure de mise en marché, mais c’est contrôlé. Avec la camerise, c’est nous qui sommes aux guidons. 

Denis Carrier, copropriétaire de Camerises St-Philippe

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La camerise est connue et reconnue par les Japonais comme le fruit de la longévité, de la vie et de la vision. Très peu de pesticides et insecticides sont utilisés dans la production de cette baie dans l'hémisphère nord de la planète.  | Photo : Radio-Canada / Allison Van Rassel

« Une explosion de fruits »

Originaire des forêts boréales du nord d'Asie, d'Europe et d'Amérique du Nord, la camerise est cultivée surtout pour ses propriétés nutritives.

« Les Japonais appellent ça le fruit de la longévité », raconte M. Carrier portant un fruit à sa bouche. « C’est vraiment une explosion de fruits en bouche », de qualifier son expérience tout en soulignant les hauts taux d’antioxydants, ainsi que de vitamines A et C de son produit.

M. Carrier porte un polo d’un blanc impeccable décoré du logo de son entreprise. Je le trouve courageux, car dès la première croquée, la chair tendre — sans grains perceptibles ni noyaux — du fruit explose de jus dans ma bouche. Le goût joyeusement acidulé du fruit tonifie l’intérieur de mes joues, puis s’estompe naturellement. J’ai vraiment beaucoup de plaisir à déguster la camerise et l’immensité de mon sourire dévoile le pourpre foncé du fruit étalé partout sur mes dents.

« C’est comme une drogue », ajoute Denis avec un rire des plus contagieux. En effet, car après la troisième baie, son plaisir en bouche crée la dépendance.

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La tarte aux camerises de Nancy, élaborée à partir des cinq variétés de camerises de l’entreprise: Thundra, indigoGem, Indigo Treat, BerryBlue et Aurora.  | Photo : Radio-Canada / Allison Van Rassel

La camerise est un produit qui se congèle et se transforme facilement, comme n’importe quel petit fruit. Nancy a d’ailleurs profité d’une pause forcée par la COVID-19 pour élaborer une recette de tarte à la camerise. Un vrai délice!

Plusieurs produits développés en collaboration avec Martine Chamberland de L’Envers du pot sont disponibles au kiosque de la ferme. L’offre inclut notamment une confiture de camerises avec de la cardamome, une épice d’origine indienne couramment utilisée avec la camerise — mieux connu sous le nom haskap hors Québec — en Scandinavie.

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La confiture de camerises à la cardamome est un des nombreux produits transformés disponibles au kiosque de la ferme.  | Photo : Radio-Canada / Allison Van Rassel

J’aurais aimé déguster davantage de cardamome, car le sucre prend malheureusement trop de place et la cardamome se fait beaucoup trop discrète. C’est tout de même un condiment adéquat pour rehausser un tofu glacé, un gâteau blanc, un fromage frais, comme la faisselle de lait de chèvre biologique de Cassis & Mélisse ou un cheddar fort.

L’autocueillette se poursuit encore jusqu’à la fin juillet ou à l'épuisement des stocks. Chose certaine, ce ne sont pas les oiseaux qui vont se régaler cette année!


Camerises St-Philippe
1377, rang Saint-Philippe, Saint-Anselme
Facebook.com/camerisesstphilippe(Nouvelle fenêtre)

CVLD, Camerises, Camerises St-Philippe, Camerise  | Photo : Radio-Canada / Allison Van Rassel