Trois boissons sans alcool loin d’être plates

par  Alexis Boulianne

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Un verre de soda au gingembre | Photo : iStock

Difficile d'imaginer une soirée gourmande sans alcool... et pourtant! La plupart des restaurants proposent aujourd’hui des accords mets-boissons sans alcool, où les deux travaillent en symbiose pour créer des saveurs uniques en bouche, à la manière du vin. Pour celles et ceux qui ne boivent pas ou qui tentent de réduire leur consommation d'alcool, nous proposons des options sans alcool qui feront frémir votre palais et qui prouvent que sobriété n'est pas synonyme d'ennui.

Les bulles

Délaissés, longtemps relégués au rang de malbouffe à cause du taux très élevé en sucre que les grands fabricants leur ajoutent, les sodas sont pourtant une option facile d’accès pouvant convenir pour un excellent accord sans alcool.

Qu’il soit préparé à l’italienne – une eau pétillante agrémentée de sirop aromatisé (accordé à votre plat) – ou d’aromates comme le basilic, la menthe ou le gingembre, avec une machine pour gazéifier de l'eau ou alors à la maison grâce à la lactofermentation, le soda n’a pas à pâlir devant ses concurrents alcoolisés.

Leurs bulles peuvent favoriser la digestion, et leur côté rafraîchissant est parfait pour les soupers d’été et les apéros. Plusieurs études démontrent que le gaz carbonique contenu dans les boissons pétillantes entraîne un rehaussement des saveurs de la boisson en réduisant la perception du niveau de sucre dans les aliments.

Pourquoi ne pas en servir avec les desserts? Un jus de canneberge pétillant, par exemple, ira parfaitement bien avec un dessert au chocolat, l’amertume et l’acidité du breuvage contrastant avec la richesse du plat. Nous recommandons aussi une boisson gazeuse au gingembre avec les plats très épicés, par exemple indiens ou sichuanais.

Parmi les boissons gazeuses, nous nous permettons d’inclure aussi le kombucha, la bière au gingembre et le kéfir d’eau, qui sont tous gazéifiés, mais qui comportent leurs propres caractéristiques.

Évidemment, ces boissons peuvent être aromatisées comme bon vous semble : aux agrumes, aux petits fruits, aux herbes, aux légumes, à la noix de coco… Les possibilités sont presque infinies, et leur parfum légèrement acide, leurs arômes distincts et leur grande polyvalence offrent autant d’options d’accords avec vos plats.

Par exemple, le restaurant Tanière3, à Québec, propose en temps normal quatre accords mets-boissons sans alcool, qui sont choisis pour accompagner les plats sortant de la cuisine avec le même soin que les vins.

Les cocktails

Les boissons gazeuses sont aussi à la base des cocktails sans alcool, ou mocktails en anglais. L’art d’un bon cocktail semblable est toutefois difficile à maîtriser, et les mauvais résultats sont soit fades, soit trop sucrés.

Les spiritueux sans alcool ont fait leur apparition dans les dernières années, ce qui a entraîné une vague de renouveau dans le domaine des cocktails sans alcool. L'entreprise Seedlip, pionnière dans ce domaine, propose des bouteilles de spiritueux épicés ou herbeux à mélanger à du soda tonique ou à votre boisson préférée.

Le HP Juniper, un gin sans alcool élaboré au Québec, s’inspire de cette idée britannique, tout comme d'autres produits qui viennent tout juste d'entrer sur le marché.

Au même titre que les spiritueux sans alcool, les vinaigres à boire (shrubs en anglais) sont des sirops faits de vinaigre de cidre ou de vin qui servent ensuite de base aux cocktails. Leur goût acidulé et complexe ajoutera de la dimension à vos créations.

Finalement, les amers sont des bases de cocktails; ils peuvent très bien être utilisés sans l’alcool. Ils procurent eux aussi une étonnante complexité et se prêtent aux expérimentations.

Le thé

Le thé est vu comme une boisson à consommer à la fin d’un repas; pourtant, ses tanins et ses saveurs complexes offrent un monde de possibilités pour les accords mets-boissons.

Le contraste et la familiarité entre le vin et le thé font d’ailleurs l’objet d’un livre, vieux d’un millier d’années, écrit par Wang Fu, un philosophe chinois qui fait dialoguer ces deux breuvages, chantant leurs mérites respectifs pour tenter de trouver qui est le meilleur.

Peu importe qui l’emporte, le thé mérite une place de choix à la table des personnes qui souhaitent réduire leur consommation d’alcool tout en dégustant des boissons bien arrimées à leurs plats et pourvues d'arômes aussi diversifiés que ceux du vin.

À l’instar du vin, d’ailleurs, le terroir ainsi que les méthodes de culture, de récolte et de conservation du thé influencent son goût et le rendent aussi riche en histoire et en découvertes que son compétiteur alcoolisé. Certaines variétés prennent même de la valeur avec l’âge.

Même si tous les thés viennent de la plante Camellia sinensis, il est impossible de goûter le même thé deux fois. Les mêmes feuilles donneront des arômes différents, évolutifs, aux rythmes des infusions successives, ce qui permet une expérience gustative unique.

Pour faire son accord, il faut choisir le type de thé (blanc, vert, noir), ses origines et les ajouts qu’il pourrait y avoir, comme la bergamote dans l’Earl Grey. Par exemple, un thé vieilli, le pu’erh, avec ses notes boisées très riches, fait la paire avec des viandes grillées, à la manière d’un vin rouge.

D’un autre côté, un thé sencha japonais, avec ses notes végétales, fraîches et iodées – parfois très proches de l’asperge –, accompagnera bien les poissons (surtout les sushis) et les entrées plus légères. En dessert, il est possible de servir un Earl Grey, justement, qui adoucit le palais et enveloppe le sucre.

Un repas gastronomique peut-être une excellente occasion de découvrir de grands thés d'exception, comme les premières pousses printanières du thé Darjeeling, aussi surnommé le champagne du thé. Ce produit de niche est un peu plus cher que votre thé en poche, mais il sera encore beaucoup plus abordable qu'un alcool de luxe.

Un verre de soda au gingembre | Photo : iStock