Bien s’alimenter en quarantaine

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Bien s’alimenter en isolement préventif du coronavirus | Photo : Radio-Canada / Allison Van Rassel

Ça semble un scénario tout droit tiré d’une superproduction cinématographique. Pourtant, nous vivons bel et bien avec une pandémie de coronavirus. Que l’on soit en isolement préventif ou en quarantaine, nous devons, dans ce contexte, limiter nos déplacements afin d’aplatir la courbe de propagation de la COVID-19. Voici donc quelques réflexes à prioriser afin de bien s’alimenter.

Tout d’abord, chers gourmands, il faudra cuisiner. L’auteure du blogue Science & Fourchette, la nutritionniste et docteure en pharmacie Annie Ferland, croit que c’est la solution la plus simple et efficace afin de bien s’alimenter, surtout dans un contexte de pandémie. C’est aussi la moins dispendieuse.

« Ça semble là l’élément le moins rassurant pour certains, car tous n’ont pas le même degré de compétences, soupçonne Mme Ferland, mais quel beau moment pour commencer! »

 Notre besoin fondamental de s’alimenter est un peu bouleversé en ce moment. On est habitués à un schéma d’abondance, d’avoir tout ce que l’on veut tout le temps, mais la chaîne d’approvisionnement n’est pas brisée. 

Annie Ferland, nutritionniste et docteure en pharmacie

La nutritionniste y va de quelques conseils très précis avant de mettre la main à la pâte ou de vous ruer vers les commerces d’alimentation. Pensez d’abord à #aplatirlacourbe(Nouvelle fenêtre)

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Un repas facilement exécuté à base de sauce tomate, de pâtes coquilles, de la chair à saucisse italienne et du basilic grec. | Photo : Radio-Canada / Allison Van Rassel

Faites l’inventaire de vos aliments

La première chose à faire est de dresser l’inventaire du garde-manger, du réfrigérateur et du congélateur. Tout comme moi, il y a probablement assez de nourriture pour s'alimenter durant quelques semaines et éviter les déplacements dans les commerces.

La chaîne d’approvisionnement en denrées alimentaires n’est néanmoins pas menacée. Le premier ministre a été très rassurant à ce sujet.

En isolement préventif, Mme Ferland croit qu’il n’y a pas vraiment d’aliments précis à privilégier, sauf ceux qui sont les plus simples à cuisiner.

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Un coup d’oeil à mon congélateur me permet de constater que je suis en mesure de nourrir une famille de quatre pendant une semaine, alors que nous ne sommes que deux.  | Photo : Radio-Canada / Allison Van Rassel

Suivez le Guide

La nutritionniste suggère alors de suivre les recommandations du Guide alimentaire canadien, un outil de référence sur l’alimentation fourni par Santé Canada et pour lequel Mme Ferland a offert une opinion professionnelle lors de sa récente révision.

Actuellement, suivre les proportions du guide [assiette santé] serait à privilégier, précise-t-elle.

À ce sujet, le Guide suggère de consommer des légumes et des fruits en abondance, des aliments à grains entiers, des protéines d’origine végétale - tofu, légumineuses, yogourt faible en gras - ainsi que de bons gras comme des noix et graines, des avocats et des poissons gras - la truite ou le maquereau.

Puis, lors de vos cuissons, l’utilisation d’huiles végétales - olive, canola, tournesol, cameline - ou de la margarine molle est recommandée.

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J’ai toujours des sardines de la Conserverie de Montréal aux algues du Québec à portée de main. | Photo : Radio-Canada / Allison Van Rassel

Aliments coupe-faim

Au-delà de l’utilité du document, Mme Ferland met l'accent sur trois suggestions d’aliments de base « coupe-faim » que tous devraient avoir à portée de main, que l’on soit en situation de pandémie ou non.

« Dans la vie quotidienne, on arrive à la maison, on a faim et on ne sait pas quoi manger », ajoute-t-elle. « Si on a ces ingrédients-là à portée de main, ça peut nous dépanner énormément et en tout temps. »

  • Des légumineuses en conserve. C’est facile à se procurer, peu coûteux, et ça se conserve pendant plusieurs années. Portez toutefois attention à l’apport en sodium, car certaines ont jusqu’à 15 % de l’apport en sodium recommandé par jour.
  • La protéine végétale texturée, un « aliment magique qui se conserve à vie », précise-t-elle. Disponible dans les commerces d’alimentation santé comme Avril ou Rachelle Béry, cette protéine s'achète sous forme de morceaux, en petits grains ou hachée.
  • Des poissons en conserve. Dans la mesure du possible, privilégier les espèces issues de pêches responsables. Selon moi, il est difficile de résister aux sardines portugaises au bacon de mer de la Gaspésie, que l'on peut se procurer en ligne par l'entremise d'Océan de saveurs.

En isolement?

Si toutefois vous êtes contagieux et en isolement à la maison, il y a de grandes chances que vous n’ayez pas faim. Le défi dans une telle situation est de bien s’hydrater, une priorité selon cette docteure en pharmacie.

« Quand on a une bonne grosse grippe, on oublie de boire ou on ne boit pas. S’hydrater est la chose la plus importante. Pas besoin d’aller acheter des gallons d’eau en bouteille de plastique, l’eau potable du robinet va toujours être potable, même en cas de pandémie. »

 Prendre de la vitamine C lorsque l’on a une grippe ou le coronavirus ne changera rien. Ça va peut-être donner un sentiment de sécurité pour certains, mais d’un point de vue nutritionnel, ça ne donne pas grand-chose. 

Annie Ferland, nutritionniste et docteure en pharmacie

Avec ces quelques conseils, il suffit alors d’adapter notre alimentation en fonction des symptômes et de l’aide disponible.

Bien s’alimenter en isolement préventif du coronavirus | Photo : Radio-Canada / Allison Van Rassel