Les tire-bouchons au banc d'essai

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Photo : L'épicerie

Pour ne pas finir avec une bouteille entre les jambes, à tirer de toutes ses forces en regardant le bouchon de liège s’effriter, il faut le bon outil. Ça tombe bien : L’épicerie a testé pour vous 15 tire-bouchons en vente de 5 à 70 $, afin que vos apéros ne soient pas synonymes de catastrophe.

Rien de plus agaçant que des miettes de liège qui flottent dans une bonne bouteille de tempranillo! À cet égard, la qualité première qu’on cherche dans un tire-bouchon, c’est qu’il ne brise pas le bouchon, et un des points importants à vérifier est la longueur de la vrille. Si la vrille est courte, il y a moins de chance qu’elle traverse le bouchon et qu'elle cause des dépôts de liège dans le vin, explique Frédéric Chabot, chef et designer industriel.

Encore là, tout dépend du bouchon : ceux qui sont faits de plastique ne courent aucun risque de se briser en deux.

En compagnie de Nadia Fournier, autrice du Guide de vin Phaneuf, Frédéric Chabot a réparti les 15 tire-bouchons en 4 grandes familles: le limonadier classique, le modèle à double levier, le modèle à rotation continue et une autre catégorie, que Frédéric Chabot a baptisée « le modèle étau et levier simple ».

Au goulot!

Les experts ont tout d’abord essayé plusieurs modèles de limonadiers, ces tire-bouchons classiques utilisés dans les restaurants et par les professionnels. Il faut savoir qu’il en existe deux types : à appui simple et double. L’appui simple exige que la poignée du limonadier soit penchée davantage, ce qui est moins confortable. De son côté, un limonadier à appui double extrait le bouchon en deux mouvements : on monte jusqu’au premier appui, avant de mettre le poids sur le deuxième pour faire sortir le bouchon facilement de la bouteille.

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Photo : L'Épicerie

Quatre modèles à double appui ont bien fonctionné, autant pour le liège que pour le plastique. Afin de rendre le tout plus équitable, Nadia Fournier a testé les limonadiers sans être informée de la marque ou du prix. Celui-là, il faut appuyer sur le ressort. Ça se passe bien, mais ça prend un peu plus de pratique. Si le produit était abordable et ne coûtait pas plus cher que 10 ou 12 $, je dirais oui, a-t-elle dit en testant le limonadier de la marque Iroquois, vendu à 20 $.

Son préféré était sans conteste le modèle de la marque True, auquel elle a donné trois étoiles. C’est aussi le moins cher du lot, en vente à seulement 5 $.

Double levier : plus de difficulté

Nadia Fournier trouve étonnant que le modèle à double levier soit le plus populaire chez les non-professionnels. À son avis, il faut beaucoup plus de dextérité et de concentration pour s'assurer de bien faire l’extraction. Après deux verres de vin, on peut vite "perdre le focus", et ce n’est pas agréable pour les mains, souligne-t-elle.

En testant plusieurs modèles, il est vite devenu évident que ce type de tire-bouchons a la fâcheuse tendance d’avoir une vrille qui perce le bouchon et qui cause beaucoup de miettes. De plus, il faut souvent en arriver à tirer fort pour finir par sortir le bouchon, à moins de visser davantage et, ainsi, de souvent finir par percer le bouchon. Ça me donne l’impression que ça ne coûte pas cher et que ça ne vaut pas cher. Pas chez moi ! lance Nadia Fournier en tirant avec force sur une bouteille.

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Photo : L'épicerie

Un modèle s’est toutefois démarqué du lot dans cette catégorie : l'Oxo, en vente à 20 $. L’appui sur la bouteille était meilleur, la stabilité était grandement supérieure et les deux bras étaient plus ergonomiques, dit Nadia Fournier.

Rotation continue et étau

Tous les modèles de ce type ont le même défaut, soit une vrille longue qui perce toujours le fond du bouchon, ce qui semble faire partie de la conception même de l’objet.

Or, ces tire-bouchons peuvent être d’une grande utilité pour certaines personnes à la dextérité moins développée. Je pense à certaines personnes de ma famille qui souffrent d’arthrite et d’arthrose, et qui pourraient vraiment apprécier ces objets qui se manient comme un charme, dit Nadia Fournier.

Finalement, l’experte a testé les modèles les plus chers du lot, soit les tire-bouchons de type étau et levier simple. Sur le Peugeot, vendu à 70 $, on trouve une poignée ergonomique ainsi qu'une vrille qui ne dépasse pas la longueur du bouchon et qui l’extrait sans effort. Du côté du modèle MasterChef, en vente à 42 $, il faut faire preuve de moins de dextérité fine qu’avec les limonadiers, par exemple, mais de beaucoup plus de force.

Sur les 15 modèles, ce sont d’ailleurs les 4 limonadiers à double appui qui ont été les plus performants, en particulier le tire-bouchon de la marque True, de loin le moins cher du lot.

Ça vaut la peine de se donner le temps de développer l’habileté de manier ces tire-bouchons plus petits. Ça semble peut-être plus intimidant, mais ils sont souvent moins coûteux, beaucoup plus polyvalents et vont vous permettre d’ouvrir autant des bouteilles avec des bouchons de liège ou de plastique, dit Nadia Fournier.

Voilà une bonne excuse pour découvrir de nouveaux vins!

Les prix et les modèles des appareils testés ont peut-être changé depuis la réalisation du banc d'essai.

Photo : L'épicerie