Comment bien conserver un vin ouvert?

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Nous avons testé différentes méthodes pour conserver les restes de vin. | Photo : iStock / Natalia Shabasheva

Vous avez envie d’ouvrir votre bouteille de vin préférée et aimeriez pouvoir la conserver quelques jours, question de faire durer le plaisir? Ça tombe bien : L’épicerie a testé 12 accessoires de conservation sur des bouteilles de vin blanc, rouge et rouge nature, afin de voir lesquels permettront le mieux de garder les arômes.

Le vin n’aime pas l’air. Si on le laisse trop longtemps au contact de l’air, ça devient du vinaigre, lance d’emblée Pascal Patron, professeur de sommellerie à l’Institut de tourisme et d'hôtellerie du Québec (ITHQ).

Afin de déterminer le meilleur outil pour protéger notre précieux vin de l’oxygène, nous avons demandé à cet expert d’essayer quatre bouchons hermétiques, six bouchons à pompe, un système à gaz inerte et un système pour le vin effervescent.

Dans un premier temps, le sommelier a goûté aux vins, prenant soin de bien marquer ses impressions sur une feuille de dégustation témoin. Il a ensuite goûté aux vins quatre jours plus tard, et une semaine plus tard, afin de comparer l’évolution des goûts.

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Le sommelier a goûté aux vins, prenant soin de bien marquer ses impressions sur une feuille de dégustation témoin. | Photo : L'épicerie

Il se peut que le vin nature soit carrément tourné, puisque c’est un vin sans sulfites, qui sera donc moins préservé de l’oxygène dit Pascal Patron.

Jour 1

Première étape : installer les bouchons hermétiques. On en profite pour en tester l’étanchéité, car si les bouchons ne sont pas étanches, l’air pourra s’infiltrer et altérer le goût du vin. En retournant la bouteille coiffée du bouchon Zyliss à 4 $, une petite goutte fuit sur le côté. Les bouchons Trudeau à 13 $, les bouchons Oxo qui viennent en paire à 20 $, ainsi que le modèle Antiox de Pulltex muni d’un filtre à charbon et vendu à 34 $ n’ont pas laissé fuir le vin.

La deuxième catégorie, soit les bouchons à pompe, a ensuite été testée uniquement sur les vins rouges. Pour les mettre en place, il faut installer le bouchon et ensuite évacuer l’air à l’aide d’une pompe. Comme ils risquent de laisser passer de l’air quotidiennement, j’ai décidé de les repomper tous les jours afin de voir s’il y aurait une différence, explique Pascal Patron.

Les modèles testés étaient le Vacuvin à 17 $, le Trudeau à 23 $, l’Epivac à 25 $, le Starfrit à 8 $, le Ricardo à 15 $ et le système électrique de Cuisinart à 45 $.

La compagnie Ricardo offre un ensemble de deux bouchons qui se pompent eux-mêmes, pas besoin d’une pompe externe. De son côté, Epivac offre dans son ensemble un bouchon adapté aux vins effervescents. Finalement, Pascal Patron a vite constaté que le système de Cuisinart ne fonctionnait pas sur les bouteilles dévissables, mais uniquement sur celles qui avaient un bouchon de liège.

Le sommelier a ensuite testé le système le plus étonnant du lot, le Gaz Inerte Wine Preserver, vendu à 16 $. Le principe est assez simple : on injecte un mélange de gaz inerte composé d’azote, de dioxyde de carbone et d’argon dans la bouteille. Ce gaz plus lourd que l’air vient se déposer à la surface du vin, dont on rebouche la bouteille avec le bouchon d’origine.

Au septième jour

Une semaine plus tard, L’épicerie a retrouvé Pascal Patron afin d’évaluer l'efficacité des systèmes testés. Un constat s’impose rapidement : aucun bouchon hermétique n’a fait le travail demandé. Ils ont tous laissé passer de l’air, y compris celui dans lequel le sommelier avait placé le plus d’attente, soit le modèle Antiox de Pulltex muni d’un filtre au charbon.

Pourquoi ne pas simplement utiliser le bouchon d’origine en liège ou en plastique? Ça fonctionne très bien. C’est le plus intéressant, dit Pascal Patron.

Du côté des pompes, le modèle électrique de Cuisinart a rendu l’âme au bout de cinq jours. Un autre exemplaire a alors été testé, avec le même résultat. Si la pompe se brise et qu’on ne peut plus l’utiliser au bout de cinq jours, c’est un peu bizarre. Et pourtant, j’en ai vraiment pris soin! affirme Pascal Patron.

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L’équipe a testé 12 accessoires de conservation sur des bouteilles de vin. | Photo : L'épicerie

En plus d’être le produit le plus cher du lot, il faudra racheter un ensemble au complet si l'on veut plus de deux bouchons, car la compagnie ne les vend pas séparément. Starfrit ne vend pas non plus de bouchons à l’unité.

Le bouchon de la compagnie Ricardo a agréablement surpris notre testeur. Je ne voyais pas comment ce bouchon-pompe pouvait efficacement conserver le vin, mais ça a bien fonctionné et j’aime le fait qu’il soit indépendant, sans nécessiter de pompe à côté, indique Pascal Patron.

Autre élément de surprise : le vin nature a bien tenu la route, conservant ses arômes floraux et épicés même après une semaine de conservation. Tous les vins sans sulfites ont bien réagi, sauf celui pompé avec l’appareil Cuisinart. Le vin effervescent conservé avec le système Epivac a lui aussi impressionné, gardant toutes ses bulles après une semaine.

Verdict

Le gaz inerte a convaincu notre expert. La canette vendue à 16 $ peut servir jusqu’à 120 fois et offre un produit identique à l’ouverture, selon Pascal Patron. Le bouchon-pompe Ricardo a lui aussi séduit le sommelier, qui souligne son mécanisme autonome. Peu importe l’outil utilisé, il recommande de garder son vin au réfrigérateur. À moins, bien sûr, qu’on finisse la bouteille la même journée.

Les prix et les modèles des appareils testés ont peut-être changé depuis la réalisation du banc d'essai.

Nous avons testé différentes méthodes pour conserver les restes de vin. | Photo : iStock / Natalia Shabasheva