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L’agriculture sur les toits : mirage vert ou futur de l’alimentation?

par  Alexis Boulianne

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Les légumes de Lufa poussent dans une serre construite sur un toit. | Photo : Radio-Canada / Alexis Boulianne

Avec les toits cultivables, sommes-nous en train d’assister à une réelle révolution agricole?

De l’humble potager personnel au-dessus d’un appartement à la plus grande serre commerciale sur un toit de la planète, voici des initiatives lancées par des rêveuses et des rêveurs qui croient qu’on peut aider à rendre les villes plus vivables et, surtout, à nourrir le monde grâce aux toits cultivables.

Pierre-Antoine Jacques plonge sa main dans la terre, l’air soucieux. Il retire une poignée de substrat, qui s’envole au vent, léger. Son regard porte au-delà de ses rangs de carottes pour se poser sur les balcons des condos qui encerclent son champ. Nous nous trouvons à une dizaine de mètres au-dessus du plancher des vaches, sur le toit d’une épicerie à grande surface.

Pierre-Antoine y récolte des tomates, des poivrons, des carottes, des aubergines et deux douzaines d’autres plantes, qu’il vend directement à la clientèle qui magasine en dessous. Cette ferme expérimentale se situe sur le toit du IGA Duchemin, à Saint-Laurent. Les propriétaires se sont alliés avec l’entreprise La ligne verte pour y planter les premières plantes maraîchères en 2016.

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Pierre-Antoine Jacques vérifie l'état de la terre sur le toit maraîcher dont il s'occupe. La chaleur du soleil est implacable en hauteur. | Photo : Radio-Canada / Alexis Boulianne

C’est un gain d’efficacité incroyable, affirme Pierre-Antoine. Dans les rayons de légumes de l’épicerie, une petite section a été aménagée pour les légumes du toit, qui font fureur. Tous les légumes sont vendus rapidement, parfois plus vite que ce que le toit peut produire. Sur le site web et un peu partout dans divers médias, des articles élogieux pour cette idée originale pullulent. On offre du visuel idyllique de belles plantes vertes croulant sous les fruits.

Pierre-Antoine a toutefois les traits tirés. Les mauvaises herbes croissent au travers des laitues, qui sont sur le point de n’être plus récoltables parce qu’elles ont poussé trop vite sous le soleil impérieux de la belle saison. Son ton contraste avec le vocabulaire louangeur du département du marketing. L’agriculture, c’est pas un sprint, c’est un marathon. Mais en plus des défis de base de l’agriculture biologique, cultiver des légumes en pleine terre sur un toit, c’est extrêmement difficile, explique-t-il.

De fait, lorsque la construction de l’édifice du IGA est planifiée, on lui impose d’avoir un toit de verdure. On prévoit alors la structure pour qu’elle puisse accueillir une quinzaine de centimètres de terre, assez pour végétaliser le toit avec des plantes ornementales. Le tout est disposé dans la forme du logo de l’entreprise, qui peut se voir du haut des airs.

C’est plus tard qu’est venue l’idée d’y mettre des légumes. Les rangs potagers, plantés dans une terre mince et brutalement exposée aux éléments, suivent encore aujourd’hui la forme des trois immenses lettres. Pierre-Antoine Jacques doit donc composer avec des circonstances difficiles tout en tentant de réduire ses coûts au possible. Normalement, on pense les fermes en système de blocs interchangeables, tous de la même taille, explique-t-il.

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Le maraîcher Pierre-Antoine Jacques contemple l'étendue de sa surface cultivable... située sur le toit d'une épicerie! | Photo : Radio-Canada / Alexis Boulianne

Des poules aideraient certainement à fertiliser les sols, en plus de fournir des œufs qui pourraient aussi être vendus en bas, mais le règlement municipal de Saint-Laurent ne le permet toujours pas. Qui ça dérangerait? Personne! On pourrait créer un circuit fermé, souligne Pierre-Antoine.

Tout, jusqu’aux tuteurs, doit être repensé. Puisqu’ils ne peuvent être plantés dans le sol, ceux-ci sont coulés dans de petits blocs de béton et bougés selon les besoins. En plus de devoir composer avec la disposition du toit, le maraîcher doit monter à bras tous les matériaux nécessaires au fonctionnement de sa ferme, dont les sept tonnes de compost utilisées en début de saison.

L’opération est à peine rentable, même si Pierre-Antoine est le seul employé à temps plein et que le toit est loué à prix d’ami. Pour l’aider, une autre employée saisonnière et une stagiaire non rémunérée complètent l’équipe. Malgré cela, les coûts de main-d'œuvre représentent la plus grosse dépense du projet.

Malgré tout, les plantes poussent. Des insectes butinent tranquillement les fleurs ornementales qui occupent certains rangs. Le soleil est brutal, mais pas autant qu’en l’absence de la terre et des végétaux, où on pourrait s’attendre à affronter des températures de 50 °C.

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Les insectes pollinisateurs sont attirés par la diversité des jardins sur les toits. | Photo : Radio-Canada / Alexis Boulianne

L’agriculture sur les toits c’est aussi la lutte aux îlots de chaleur, l’augmentation de la biodiversité au niveau local, affirme Éric Duchemin, directeur scientifique au Carrefour de recherche, d’expertise et de transfert en agriculture urbaine du Québec (CRETAU). Il faut reconnaître ça.

Ce toit maraîcher n’est qu’un pas dans la bonne direction. Pour l’instant, plus que de faciliter l’autonomie alimentaire des habitants de l’arrondissement de Saint-Laurent, le toit du IGA Duchemin est davantage une façon, pour la compagnie propriétaire de IGA, Sobeys, de se faire du capital vert; un brillant coup de publicité.

Au début, le IGA avait peur que le toit fasse de la concurrence aux autres produits, explique Éric Duchemin. Mais en fait ils vendent plus! Les clients sont attirés par les légumes, un coup qu’ils sont rendus là, ils achètent le reste.

Il en va de même pour l’autre partenaire, La ligne verte, qui agrandit son expertise en maraîchage en pleine terre sur les toits.

Le jour où on aura un autre toit, on ne refera pas les mêmes erreurs, se promet Pierre-Antoine. Malgré ses déboires, le maraîcher voit le futur d’un bon œil. L’agriculture urbaine, c’est vraiment l’avenir, soutient-il, entouré de ses tomates rougissantes.

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Les légumes produits sur le toit du IGA Duchemin sont descendus pour être vendus directement à la clientèle. | Photo : Radio-Canada / Alexis Boulianne

Apple et les tomates

Mohamed Hage arbore un sourire en coin et l'œil brillant, vêtu d’un simple t-shirt sombre et de jeans. S’il ne vendait pas des tomates, j’ai l’impression que Mo, comme il se fait appeler, serait le dynamique PDG d’une jeune pousse de la Silicon Valley.

Au lieu d’une application de téléphone mobile, Mohamed Hage et sa compagne Lauren Rathmell ont mis sur pied les Fermes Lufa, pionnier et chef de file de la production serricole sur les toits dans le monde. On se rencontre sur le nouveau toit de Lufa à Saint-Laurent, une immense serre hydroponique de plus de 15 000 mètres carrés, où bourdonne une activité impressionnante malgré une lourde chaleur.

À un petit poste informatique, un employé surveille les niveaux d’eau dans chaque système d’irrigation. Partout, des tubulures longent les rangs de tomates et d’aubergines pour s’enfoncer dans les blocs de fibre de noix de coco dans lesquels les plantes prennent racine.

À un rythme régulier, de petites gouttes d’eau saturée d’un mélange de fertilisants de synthèse sont injectées dans le substrat. En dessous, des tubes ramènent l’eau utilisée dans les entrailles de la serre, où elle sera filtrée pour en retirer les débris, refertilisée, puis réinjectée dans le système. Cette machine produit des légumes 12 mois par année, même au plus froid de l’hiver.

C’est aussi compliqué à construire qu’une boutique Apple, sauf qu’on vend des tomates, blague Mo.

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Mohamed Hage a cofondé Lufa, pionnier et chef de file de la production serricole sur les toits dans le monde. | Photo : Radio-Canada / Alexis Boulianne

Plusieurs personnes s’affairent à récolter les légumes. Mohamed Hage m’informe que le jeune homme qui s’apprête à tirer sur une aubergine vient du département du marketing. On a l’habitude de faire participer tous les employés à la récolte, explique-t-il.

Libanais d’origine, Mohamed me raconte qu’il a grandi dans un village où l’agriculture était le principal moteur économique. Au Canada, le goût des produits fraîchement cueillis lui manquait cruellement, d’où l’idée de tenter de cultiver des légumes, toute l’année, sur les toits de Montréal. Un plan d’affaires monté naïvement en main, Lauren et lui ont fait le tour des toits commerciaux à Montréal sur lesquels ils pensaient pouvoir implanter une serre.

En 2010, on a construit la première serre commerciale sur un toit au monde, on a dû tout apprendre. C’était un projet très difficile, personne ne voulait nous financer, explique Mohamed Hage. Au début, c’était la famille, ensuite le financement hyper haut risque, haut risque et finalement le financement standard.

Lufa, ce sont plusieurs choses. C’est une entreprise de production agricole, qui fournit tomates, verdures, concombres, poivrons, oignons verts et aubergines lors des livraisons de ses quelque 20 000 paniers hebdomadaires.

C’est aussi un distributeur, rassemblant sur sa plateforme en ligne des dizaines d’entreprises agroalimentaires qui ont aidé à diversifier l’offre des paniers et à fidéliser la clientèle.

Puis c’est une expertise, qui pourra éventuellement s'exporter dans n’importe quel pays de la planète pour installer ses serres sur les toits d’immeubles, de centres commerciaux, et commencer en un ou deux ans à produire des légumes.

La serre de Saint-Laurent est la quatrième de l’entreprise, qui utilise chaque nouveau site pour améliorer son modèle et son efficacité. On pense que la cinquième serre sera le modèle pour toutes les autres serres qu’on va implanter dans le monde, souligne Mohamed Hage.

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Les légumes de Lufa ne sont alimentés que par de l'eau fertilisée. | Photo : Radio-Canada / Alexis Boulianne

La prochaine serre sera d’ailleurs chauffée à l’électricité, grâce aux nouveaux tarifs d’Hydro-Québec pour les productions serricoles, contrairement aux serres 1 à 4 qui sont chauffées au gaz naturel.

« C’est comme Apple quand ils ont sorti le iPod, toutes les technologies existaient et ils les ont rassemblées pour créer un nouveau produit.  »

— Une citation de  Mohamed Hage, PDG de Lufa

Ce modèle unique a, selon toute vraisemblance, le potentiel de devenir une véritable voie gagnante pour l’agriculture urbaine. De l’avis de Pierre-Antoine Jacques, rencontré plus tôt sur son toit maraîcher, Lufa, c’est la F1.

L'arrivée des serres Lufa a changé la vision que les gens pouvaient avoir de l'agriculture urbaine. Avant, on parlait surtout de jardins communautaires. Eux, ils produisent de la nourriture pour nourrir la population. C’est aussi productif que l’agriculture conventionnelle, affirme Éric Duchemin.

Les serres hydroponiques sont, toutefois, une solution des plus coûteuses et les investissements nécessaires pour développer l’expertise et l’infrastructure ne sont pas accessibles à tout le monde.

De plus, les légumes – non biologiques – de Lufa sont, pour le moment, plus chers que des produits comme les légumes biologiques de la Californie. Mohamed Hage affirme sans broncher que les produits de Lufa seront, dans un avenir rapproché, au même prix, sinon moins chers que ceux de ses compétiteurs.

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Les serres de Lufa produisent des légumes toute l'année. | Photo : Radio-Canada / Alexis Boulianne

Autre statistique étonnante : Lufa estime qu’il faut environ 1,4 mètre carré de serre hydroponique pour combler les besoins en légumes d’une personne pour toute l’année. La superficie nécessaire pour que la ville de Montréal soit autosuffisante en produits maraîchers serait donc d'un peu moins de 85 000 mètres carrés , ce qui se traduit par 19 centres commerciaux.

Il faut penser à la quantité de personnes que ça prend pour travailler dans les serres, nuance toutefois Éric Duchemin. Les fermes conventionnelles sont assez mécanisées et elles ont de la difficulté à avoir assez de main-d’œuvre; les fermes sur toit le sont encore moins, on ne peut même pas y amener un rotoculteur!

L’idée d’automatiser les opérations n’est pas envisageable à court terme, répond-on du côté de Lufa. Après tout, l’avantage d’être en ville, c’est qu’on a accès à un immense réservoir de main-d'œuvre, que celle-ci n’a pas besoin de déménager, qu’elle peut venir travailler en vélo ou en transport en commun; une idée impensable ailleurs.

La relève agricole est en ville, la clientèle est en ville, résume M. Duchemin.

Le petit jardin

Chloé Fortier-Devin grimpe sur une passerelle qui l’amène au toit du triplex dans lequel elle occupe un appartement. Une fois au sommet de la canopée urbaine, ce qui frappe l’œil, c’est une petite oasis construite par Chloé au milieu du toit.

Des tomates, des concombres, des aubergines, des tomatilles, des plantes ornementales et aromatiques entourent sur trois côtés une terrasse dotée de chaises et d’une petite table. Le mont Royal trône devant nous et le vent souffle de grandes bourrasques d’air chaud.

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Chloé a établi son jardin sur le toit de son immeuble.  | Photo : Radio-Canada / Alexis Boulianne

Cet espace d’expérimentation, joliment nommé le Jardin de la devinette, est son projet personnel, un endroit où elle décroche de la routine et, surtout, passe un moment paisible et bénéfique pour son mental. C’est durant le confinement du printemps 2020 que Chloé a commencé à planter ses semis, sans trop y penser.

En parallèle de son implication bénévole pour coordonner des livraisons de denrées alimentaires durant le confinement, Chloé a finalement décidé de se lancer dans un jardin de toit de plus grande ampleur. Je voulais contribuer à la société, mais je voulais aussi prendre du temps pour réaliser un accomplissement personnel, explique-t-elle.

C’est en discutant avec son père, horticulteur de formation et propriétaire du bloc d’appartements de Chloé, que le déclic s’est fait. Ça a pris de bons arguments pour le convaincre, mais éventuellement on s’est mis à vérifier si la structure pouvait accueillir un jardin, ce qu’il fallait faire pour protéger la membrane du toit, les réglementations municipales, la sécurité d’accès au toit, raconte-t-elle.

Elle admet que les relations entre les propriétaires et les locataires peuvent être un obstacle à l’établissement d’un jardin de toit. Il y a aussi le côté financier, souligne Chloé. Bâtir ce potager, c’est le coût d’un voyage. Elle estime que le coût total avoisine les 1000 $.

Pas tellement accessible donc, le potager individuel. Sans parler des connaissances techniques nécessaires pour garder en vie et faire fructifier les fragiles végétaux. Quand tu mets du temps et de l’argent là-dedans et que tu n’obtiens rien, c’est déprimant, dit Chloé, affirmant que son premier jardin sur son balcon s’est soldé par un échec.

Malgré les obstacles, Chloé Fortier-Devin ne regrette pas du tout son expérience. Ça fait du bien de voir les plantes pousser, de cuisiner avec tes propres légumes, ça sensibilise à la consommation, à l’effort que ça prend pour faire notre nourriture.

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Chloé Fortier-Devin considère son jardin de toit à la fois comme une manière de s'alimenter et comme un loisir qui lui fait du bien mentalement. | Photo : Radio-Canada / Alexis Boulianne

Une réflexion fertile qu’Éric Duchemin souhaite voir chez plus de personnes. L’agriculture conventionnelle est un élément essentiel de la vitalité des régions, mais l’agriculture urbaine est un bon lien pour faire le maillage avec la production rurale, une réalité que les gens de la ville ne connaissent pas.

« C’est plus dur qu’on pense de faire pousser une carotte! »

— Une citation de  Éric Duchemin, directeur scientifique au Carrefour de recherche, d’expertise et de transfert en agriculture urbaine du Québec

De son côté, Chloé Fortier-Devin croit fermement que l’agriculture urbaine a le pouvoir de rapprocher l’humanité – de plus en plus confinée à la ville – de sa nourriture, de faire comprendre que la source de notre alimentation est fragile, de nous tirer de ce romantisme qui idéalise la vie paysanne, en plus de permettre de tisser des liens dans les communautés.

Ce que je vois, c’est que c’est plus facile quand on unit les forces, souligne Chloé. Selon moi, c’est plus réaliste de faire des jardins collectifs pour cette raison-là, plutôt que de faire des potagers individuels chacun de notre côté.

Les toits porteront-ils leurs fruits?

Si la promesse de Lufa de nourrir toute la population des villes grâce à des serres hydroponiques sur les toits est alléchante, elle ne peut que difficilement devenir une réalité. Il faudrait que tous les espaces soient couverts. La ville a d’autres raisons d’être, comme le partage de la connaissance, la culture, affirme M. Duchemin.

Le directeur scientifique du CRETAU a pourtant une confiance inébranlable dans le potentiel de la culture sur les toits. Ce qu’on voit qui fonctionne bien, ce sont les plantes tropicales, comme les aubergines, les poivrons, les tomates, mais aussi les arbres fruitiers, comme les pêchers, les vignes de kiwis, illustre-t-il. D’où l’importance de bien adapter la production urbaine aux besoins du marché et aux lacunes de l’agriculture en champ.

« Il ne faut pas qu’il y ait des perdants dans l’équation. »

— Une citation de  -Éric Duchemin, CRETAU

Grâce aux produits à forte valeur ajoutée, on peut rentabiliser le coût élevé de l’espace et de la main-d’œuvre sur les productions urbaines. On n’a qu’à penser aux champignons, cultivés à l’intérieur, aux tomates de serre disponibles toute l’année et aux micropousses, qui valent toutes leur pesant d’or sur le marché.

Mais ce ne sont pas ces produits qui fournissent la base de l'alimentation, ce sont les céréales, les féculents, les légumineuses et les légumes racines comme les carottes et les oignons. Tous ces légumes continueront de venir principalement des champs.

Le message qu’Éric Duchemin souhaite envoyer : il faut un dialogue. Entre les champs et les toits, entre les entreprises de production et les développeurs immobiliers, entre la production et la clientèle. Il faut faire connaître l’agriculture urbaine, faire connaître la production du Québec et innover au niveau du type de production, fait-il savoir.

Est-ce que l’agriculture sur les toits peut assurer la sécurité alimentaire du Québec? Non, tranche Éric Duchemin. Mais ce n’est pas l’objectif. L’agriculture urbaine pourrait servir, par exemple, à nourrir des personnes plus vulnérables.

Il faut donc un mélange de toutes les expériences pour réussir. Autant des serres comme celles de Lufa, à la pointe de la technologie, que des toits maraîchers en pleine terre, plus faciles à gérer, que des jardinières et des jardiniers amateurs comme Chloé qui mettent la main à la terre et prennent conscience du travail incroyable qui se trouve derrière la délicieuse tomate, pour enfin espérer atteindre une plus grande autonomie alimentaire.

Ensemble, on peut nourrir tout le monde, affirme Éric Duchemin.

Les légumes de Lufa poussent dans une serre construite sur un toit. | Photo : Radio-Canada / Alexis Boulianne