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Nouvelles - Jeux paralympiques

Chronique

Pierre Pichette, ce grand gardien qu’on n’oubliera jamais

Pierre Pichette s'est éteint à l'âge de 68 ans. Il a profondément marqué son sport, le parahockey.

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Le gardien de parahockey Pierre Pichette laisse un grand héritage derrière lui.

Photo : Gracieuseté

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La vie est drôlement faite, parfois. Quelques jours après que la flamme des Jeux paralympiques d’hiver de Pékin se fut éteinte, Pierre Pichette, l’un des meilleurs athlètes paralympiques du Québec, s’est éteint lui aussi. Il est décédé d’une très courte maladie à Longueuil, à l’âge de 68 ans.

Je lui ai parlé le 6 mars dans le cadre d’un article sur son sport, le parahockey.

Je savais que sa santé était beaucoup plus fragile au cours des dernières années, mais j’ai été sous le choc lorsque j’ai appris sa mort. La nouvelle a bouleversé le monde du sport paralympique canadien. Les hommages sont vite apparus un peu partout.

Le départ de Pierre Pichette m’attriste profondément. Il a marqué le développement du parahockey au Canada, a écrit le président du Comité paralympique canadien, Marc-André Fabien. Il laisse un souvenir impérissable, notamment par son enthousiasme et sa joie de vivre.

Pierre Pichette a participé à trois Jeux paralympiques et a gagné une médaille de bronze en 1994 ainsi qu'une médaille d’argent en 1998.

Il était probablement le meilleur gardien de but au monde durant les années 90. Le sportif est entré dans la légende en demi-finale lors du tournoi de hockey sur luge, l’ancienne appellation du sport, aux Jeux paralympiques de Nagano.

Il avait alors arrêté 43 lancers dans une victoire de 2 à 1 contre la Suède, qui était à l’époque une puissance. C'est immense, une performance mémorable. Nous étions dominés, mais il gardait le fort, se souvient son coéquipier Jean Labonté.

« Pierre est un pionnier du parahockey. Un fier compétiteur et un très bon coéquipier. Toujours le sourire aux lèvres et calme dans les filets. »

— Une citation de  Jean Labonté, capitaine de l'équipe canadienne lors des Jeux de Vancouver en 2010

Maxime Gagnon, entraîneur de l’équipe nationale québécoise, abonde dans le même sens.  Pierre Pichette est un pionnier du parahockey au Québec, dit-il. Il a pavé la voie pour d'autres grands gardiens de but sur l'équipe nationale, comme Benoît St-Amand et Dominic Larocque. Il a permis de faire connaître un sport méconnu dans les années 90 et le début des années 2000.

Pichette a pris sa retraite après les Jeux paralympiques de Salt Lake City, en 2002. Dans ces années-là, le sport ne recevait pas beaucoup de couverture médiatique, mais une équipe de Radio-Canada l’avait suivi pour documenter sa préparation. Ça te donne une idée comment c'était pas mal le plus gros nom sur l'équipe, explique Labonté. Je le croisais moins souvent ces dernières années, mais c'était toujours un plaisir de le revoir.

Les derniers Jeux paralympiques de Pierre Pichette [ARCHIVES]

Paul Rosen a été son auxiliaire de 2001 à 2002. Il est devenu titulaire lorsque Pierre Pichette a pris sa retraite.

Quand je suis arrivé au début, c'était dur, car j'étais là pour prendre son poste, mais on a vite appris l'un de l'autre que porter le chandail canadien était l'ultime honneur, affirme Rosen. Pierre était un grand gardien, il m'a appris à travailler dur et à croire en ses capacités. Il y a eu de nombreuses fois, après avoir arrêté de jouer, où il m'a contacté pour voir comment j’allais.

« Il nous manquera. Il restera dans l’histoire comme l'un des meilleurs à avoir jamais porté un chandail du Canada. »

— Une citation de  Paul Rosen, ancien coéquipier de Pierre Pichette

C’est avec son grand ami Serge Lamoureux que Pierre Pichette a commencé à jouer au hockey luge à l’âge de 34 ans, en 1989. Les deux comparses se connaissaient depuis l’âge de 16 ans et avaient tous les deux la poliomyélite.

Si Pierre était le gardien de but, Serge préférait la vitesse et jouait à l’avant.

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Pierre Pichette en compagnie de son fils Carl, qui a été son entraîneur pendant sept ans

Photo : Gracieuseté

Ils ont fondé les Harfangs de Longueuil. Ils se sont rendu ensemble à un tournoi national de hockey sur luge à l'occasion du Bal des neiges à Ottawa, en 1991, et c’est à ce moment-là que l’aventure internationale a débuté.

Chaque fois que Pierre était dans les buts, on avait une chance de gagner, dit Lamoureux. Quand un adversaire partait en échappée, on savait que Pierre allait arrêter la rondelle. Sur la glace, Pierre était dans sa bulle; il avait un de ces regards...

Lamoureux a continué à s’impliquer dans le parahockey par la suite. Pierre a quant à lui pris un peu plus de recul. Il n’a toutefois pas été oublié.

Son départ nous rappelle l’importance qu’il a eue pour son sport. Même s’il a quitté les arénas il y a plusieurs années, il a joué un rôle important pour permettre au parahockey d’être l’un des sports pour personnes handicapées les plus importants du pays.

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