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Nouvelle olympique

Maxence Parrot, sportif accompli sur le point de goûter à la paternité

Maxence Parrot savoure sa victoire sur le podium.

Le planchiste Maxence Parrot détient trois médailles en trois participations aux Jeux d'hiver.

Photo : Getty Images / Patrick Smith

Déjà parmi la fine élite de son sport depuis nombre d’années, le planchiste Maxence Parrot a récemment ajouté, à Pékin, l’un des rares titres qu’il convoitait et manquait à son palmarès bien étoffé : l’or olympique. Maintenant que cet énième objectif professionnel est atteint, un autre pointe à l’horizon, plus personnel cette fois, avec le début de la paternité.

Fraîchement décoré de deux médailles aux Jeux d’hiver, l’athlète de 27 ans ne renouera pas avec la compétition en surf des neiges d’ici la prochaine saison.

Il a choisi de s’accorder une rare pause de quelques mois afin d’accompagner sa conjointe avant l’accouchement et préparer l’arrivée de leur premier enfant, prévue en mai, dans leur nouvelle demeure de Bromont, d’où il est lui-même originaire.

Avoir un enfant qui arrive, c’est un rêve qui va se réaliser, indique-t-il avec fierté. C’est plus sur ma vie personnelle que je vais focaliser durant les prochains mois. Je ne ferai pas d’autres compétitions pour le reste de la saison pour profiter avec ma copine du reste de sa grossesse, ensemble.

La retraite ne lui a pas encore traversé l’esprit. Sans avoir fixé une date, il prévoit reprendre l’entraînement de manière assidue au cours de l’été pour être fin prêt en lever de rideau du calendrier 2022-2023, tant sur le circuit professionnel qu’en Coupe du monde.

Le planchiste exécute une figure acrobatique dans les airs.

Maxence Parrot en action à l'épreuve du grand saut aux Jeux de Pékin

Photo : Getty Images / David Ramos

Vainqueur d’une épreuve des prestigieux X Games à huit occasions et vice-champion à six reprises depuis 2013, Parrot et les succès sportifs ne font qu’un depuis une décennie. Pas même le cancer, plus précisément un lymphome de Hodgkin, n’a eu raison de sa détermination.

Il est maintenant en quête d’un nouvel objectif en surf des neiges, question de repousser encore un peu plus ses limites.

J’ai déjà surpassé mon rêve par des centaines d’étages. Quand j’étais jeune, à 16 ans, mon rêve était juste d’être un planchiste professionnel et de voyager dans le monde. Ce n’était même pas de gagner des compétitions. Deux et trois ans plus tard, je gagnais une médaille aux X Games et j’étais aux Olympiques [de Sotchi], ce que je ne prévoyais même pas dans mon rêve initial, se remémore-t-il.

« Après ça, j’ai commencé à inventer de nouvelles manœuvres qui n’ont jamais été faites sur la Terre, dont certaines où, encore aujourd’hui, je suis le seul à les faire. C'est un feeling vraiment incroyable. En continuant à pousser, le rêve olympique de gagner est arrivé. Depuis mon rêve initial, je m’en suis ajouté plein d’autres par la suite. »

— Une citation de  Maxence Parrot, planchiste

Pour le futur, c’est sûr qu’il y aura d’autres buts, qu’il y aura d’autres rêves à venir. Ce sont des objectifs qui se forment avec le temps, je viens tout juste d’en réaliser un. Je vais m’asseoir un peu, me reposer, mais c’est certain qu’il y en aura d’autres. C’est avec ça que je carbure dans la vie, assure-t-il.

Derrière sa conquête de l’or en descente acrobatique (slopestyle) et du bronze au grand saut (big air), une acclimatation rapide a été nécessaire sur les différents parcours du Parc de Genting, notamment en raison de la présence d’une neige artificielle.

Ce qui me rend le plus fier de ces Jeux, c’est probablement les stratégies qu’il faut prendre et mettre en place dès le premier jour de pratique du slopestyle et du big air, explique Maxence Parrot. Il faut que tu sois vraiment à ton affaire, que tu gardes ton focus, surtout au big air après avoir gagné l’or, entendu des controverses et un petit peu de drame.

Bien qu’il aurait préféré pouvoir s’imprégner davantage de la culture chinoise, le fait de se retrouver à l’intérieur d’une bulle sanitaire a rendu sa tâche plus aisée. L’expression métro-boulot-dodo, à la sauce olympique, est devenue hôtel-cafétéria-montagne, hôtel-cafétéria-montagne, pendant trois semaines.

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La leçon de Pyeongchang

Détenteur d’une médaille d’or après avoir disputé sa première épreuve à Pékin, Maxence Parrot a revu sa stratégie durant la finale du grand saut, où les deux meilleures prestations parmi trois tentatives sont comptabilisées.

Il s’agit d’une légère distinction avec la descente acrobatique, non sans importance, épreuve dans laquelle un seul pointage est conservé au classement, tandis que les deux autres sont exclus.

Un planchiste est dans les airs pendant une compétition. On voit derrière lui des cheminées et d'autres édifices industriels.

Maxence Parrot a décroché des médailles dans les deux épreuves auxquelles il était inscrit à Pékin.

Photo : Getty Images / Richard Heathcote

Comme il avait accompli son désir d’être un champion aux Jeux d’hiver plus tôt dans la quinzaine olympique et qu’un podium lui avait échappé au grand saut à Pyeongchang, le principal intéressé a préféré jouer de prudence, quitte à sacrifier la possibilité d’obtenir l’or pour s'assurer du statut de double médaillé.

Si je n’avais pas eu de médaille d’or en slopestyle, c’est certain que je n’aurais pas joué [mes cartes] de la même manière, affirme-t-il. C’est sûr que j’y serais allé d’un autre 1800 pour mon troisième saut, qui aurait pu me faire gagner l’or.

« Je me suis dit qu’avoir l’occasion d’en ramener une deuxième, facilement entre guillemets, je vais le prendre. Au bout du compte, si tu n’y vas jamais le tout pour le tout, tu ne ramèneras jamais l’or. Ce n’est pas une mauvaise chose d’y aller le tout pour le tout, c’est juste de savoir quand y aller. »

— Une citation de  Maxence Parrot, planchiste

J’avais quand même eu une bonne leçon à Pyeongchang. J’avais essayé mon 1800 à plusieurs reprises, et j’étais tombé, tombé et retombé. Malheureusement, ça m’a coûté une médaille. J’étais un peu dans le même scénario, j’aurais pu faire une manœuvre plus simple et ramener facilement l’argent ou le bronze, et j’avais décidé d’y aller pour l’or, mentionne-t-il.

Maxence Parrot ne ferme pas la porte à une quatrième participation aux Jeux d’hiver, dans les villes de Milan et de Cortina d'Ampezzo, lorsqu’il aura alors franchi la trentaine.

Il n’est pas prêt à confirmer sa présence sur les pentes italiennes en 2026, préférant y aller une année à la fois et continuer à développer d’autres projets qui lui tiennent à cœur, notamment fonder une famille.