•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Connectez-vous pour suivre vos sports favoris

Nouvelle olympique

Chronique

Carnet de bulle pékinoise

Le caméraman italien pointe le trépied sous le regard de Frédéric Tremblay.

Le reportage de Jean-François Poirier

Photo : Radio-Canada / Jean-François Poirier

Chargement de l’image

Ces Jeux olympiques restrictifs n'avaient rien de fictif. Ensemble, mes collègues et moi, on les a vécus enfermés, souvent chacun dans son coin. Mais avant de péter notre bulle, et que nous chantions tous à l’unisson « envoye à maison », tels des Jean-Pierre Ferland, j'ai le goût de vous partager certaines de nos péripéties, nous, le personnel de Radio-Canada, envoyé à Pékin, pour couvrir les exploits de nos magnifiques athlètes canadiens qui nous ont permis d'écrire et de raconter des histoires.

Il y a plein de moments grandioses aux JO. On les voit à l'écran. Mais il y a aussi, le quotidien. Ce qui nous fait rire, pleurer ou rager. Ces petites histoires qui ne méritent pas un article, mais une fois qu'elles sont réunies et que les JO sont terminés, deviennent souvent assez savoureuses pour une chronique.

Alors, en bref, voici quelques épisodes de notre vie pékinoise...


Un formidable trépied

L’une de mes tâches connexes durant ces JO, c’était de transporter le trépied, qui servait à Fred pour tourner des images. Fred, c'est Frédéric Tremblay, un caméraman qui a beaucoup voyagé et qui était mon partenaire de tous les jours à Pékin.

Je ne vous mens pas, ce trépied m'a fait passer pour un génie au moins une douzaine de fois lorsque des caméramans étrangers m'ont arrêté pour me demander où j'avais trouvé ce petit bijou muni d'un mécanisme roulant de toute évidence intrigant! Et je ne compte pas ceux qui me suivaient pour prendre la photo... du trépied!

Ce trépied à roulettes, c'est une invention de Fred, bien que je sais qu'il ne veut pas que j'écrive ça. D'accord, ce n'est peut-être pas son invention brevetée, mais personne n'en a un comme le sien. Et il est très pratique. Les roulettes se détachent dans le temps de le dire et ça facilite les transports.

Fred a vu quelque chose de semblable à Rio durant l'un de ses périples et a décidé de s’en fabriquer un. Durant les JO, ce vieux routier a même refusé une offre d'un caméraman italien qui voulait le lui acheter! C'était trop, j'ai fait la photo de l’Italien et de Fred.

Ce qu'il y a d'extraordinaire, c'est que la popularité de ce trépied m’a permis de rencontrer Valentina Marche, ambassadrice des Jeux d'hiver de Milan et Cortina d'Ampezzo en 2026 et ex-championne italienne de patinage artistique. Elle accompagnait le caméraman italien et je n’ai eu qu’à entamer la conversation pour découvrir la belle histoire. Tout ça grâce à un trépied.


La course à Bing Dwen Dwen

Bing Dwen Dwen est la mascotte des Jeux de Pékin, un sympathique panda qui tourne sur lui-même et se déhanche moins bien que Youppi!

Beaucoup de mes collègues ont fait de gros efforts pour acheter de petits Bing Dwen Dwen à la boutique officielle des Jeux olympiques à l'intérieur du Centre international de diffusion (IBC). Mais chaque fois, la file était longue, très longue et occupée en grande majorité par des bénévoles chinois. On parle de plus de centaines de personnes en attente pour une toute petite boutique! Deux heures avant l'ouverture parfois.

Chargement de l’image

La journaliste Kim Vallière en compagnie de la mascotte des Jeux de Pékin, Bing Dwen Dwen

Photo : Radio-Canada

Et si vous vous rendiez jusqu'à l'intérieur, il fallait implorer le seigneur pour que les rejetons de Bing Dwen Dwen soient encore en vente. À la fin des JO, c'était un Bing Dwen Dwen par personne. La plupart des Chinois qui achetaient des souvenirs se tournaient ensuite vers le bureau de poste juste à côté pour les envoyer à leurs proches. Car, souvenez-vous, ces gens-là seront en quarantaine à la fin des Jeux.

Le mot de la fin revient à ma collègue Kim Vallière qui faisait la tournée de nos stations de radio au Canada.

Je ne me suis jamais senti aussi drôle. Chaque fois que je prononçais le nom de Bing Dwen Dwen, les rires étaient instantanés.

Dites-vous qu'il faut prononcer Bing Doune Doune...


Antoine a gelé, mais triomphé

Antoine Deshaies est notre héros des Jeux. Les Canadiens ont gagné 10 médailles sous ses yeux avant d'être interviewés par lui à la montagne. Du même souffle, je félicite tous ces athlètes pour leurs performances et pour avoir occupé notre Antoine. Pendant ce temps, il disposait de moins de moments libres pour essayer de distraire ses collègues à distance. On l’aime quand même.

Chargement de l’image

Antoine Deshaies

Photo : Radio-Canada

Il faut lui lever notre chapeau ou notre tuque. Dix-huit jours au froid à 1880 mètres d'altitude à demeurer planté au bas de la pente à attendre toute la journée les athlètes, c'est un bon test d'endurance. À notre retour au pays, nous devrons cependant subir le nôtre, car Antoine sera en verve à nos côtés. C’est ce qu’on appelle l'envers de la médaille...


Rira bien qui rira le dernier

Alexandre Gascon, notre journaliste affecté à la couverture du Canadien de Montréal depuis de nombreuses années, a renoué avec Claude Julien durant le tournoi olympique. L'ex-entraîneur du Bleu-blanc-rouge a hérité du poste derrière le banc de l'équipe masculine canadienne. Alexandre a fort probablement été le premier reporter à l'écouter raconter sa mésaventure qui a failli l'empêcher d'être présent à Pékin.

Claude Julien a foncé dans un arbre à bord d'un toboggan durant une activité organisée pour cimenter l'esprit d'équipe. Le vétéran entraîneur s'en est tiré, mais il s'est quand même fracturé des côtes et l'un de ses poumons a été perforé. Il a même dû subir une opération. Alexandre avoue qu'il a été difficile pour lui de se contenir durant l'entrevue.

Chargement de l’image

Claude Julien et Alexandre Gascon

Photo : Radio-Canada

Je savais qu'il allait mieux parce qu'il était devant moi. Mais j'étais incapable de ne pas visualiser la scène. Je m’imaginais Claude dans le toboggan juste avant la descente. Je me suis vraiment retenu pour ne pas rire, car j’ai beaucoup de respect pour Claude.

Alexandre n'est pas un reporter chanceux. Il quitte la saison d'enfer du CH pour assister à l'élimination du Canada en quarts de finale contre la Suède par blanchissage. On n'est pas tous Antoine Deshaies.


Les chandails des Expos de Pékin sont en demande

Depuis la diffusion de notre reportage, ce club de hockey de ligue de garage de Pékin dont le chandail contient un logo des Expos de Montréal auquel on a ajouté le drapeau chinois, ne cesse de recevoir des demandes d'amateurs de partout dans le monde qui désirent s'en procurer un.

Chargement de l’image

Des chandails des Expos de Pékin

Photo : Gracieuseté

Le capitaine des Expos, Marcel Coutu, a déjà une commande d'une quarantaine de chandails. Ce Canadien de Calgary, qui vit à Pékin depuis quatre ans, n'en revient pas de la popularité de son équipe. Un ami, qui vit en Suisse et qui organise un événement de hockey, m'a même contacté pour obtenir les coordonnées de Marcel afin d'inviter les Expos à un prochain tournoi.


Bon voisinage

Celle-là, on me l'a racontée. En hockey féminin, lors du premier match entre l'équipe canadienne et celle des États-Unis, l'excitation était palpable à l'IBC dans les bureaux de Radio-Canada et dans ceux du réseau de télévision américain NBC. Les locaux des deux réseaux sont séparés par un mur, mais qui ne s'étire pas jusqu'au plafond. Donc, le bruit circule.

Chaque camp peut entendre aisément les cris d’encouragements provenant des voisins. Après un but des Américaines, les gens de NBC ont ouvert le bal avec des cris de joie intenses. Le camp de Radio-Canada et de CBC a répliqué après un but des Canadiennes. Ce petit jeu s'est poursuivi, mais s'est arrêté avant la fin du match remporté par le Canada 4 à 2. On nous dit que des Canadiens travaillaient pour NBC...


Christine, la recrue

On demeure au hockey féminin. On se souvient toujours de la première fois. Ma collègue Christine Roger vivait ici ses premiers Jeux olympiques sur place.

On lui avait confié la mission de réaliser les entrevues avec les joueuses. Aux JO, il faut vite apprendre à être débrouillard, car les choses sont rarement simples. L'équipe canadienne ne comptait que trois Québécoises, Marie-Philip Poulin, Mélodie Daoust et Anne-Renée Desbiens, pour répondre aux questions en français.

Chargement de l’image

La journaliste Christine Roger interviewe la capitaine Marie-Philip Poulin.

Photo : Radio-Canada

Mélodie Daoust s'est vite blessée et on oublie la gardienne Anne-Renée Desbiens avant et pendant un match. Il ne restait plus que la capitaine Poulin, celle que tout le monde s'arrache.

Christine a doucement convaincu Nathalie Spooner, Laura Stacey et Emma Maltais de plonger et de lui accorder de courtes entrevues en français, même si elles ne se sentaient pas complètement à l'aise.

Que Marie-Philip Poulin et Mélodie Daoust prennent le temps de la remercier après le tournoi pour son travail l'a beaucoup touchée.


Roseline, la délinquante

Roseline Filion ne pouvait s'en empêcher. De passage au Centre national aquatique où la piscine a été transformée en aire de curling, l'ex-plongeuse devenue intervieweuse est retournée sur les lieux de sa prestation olympique en 2008 à Pékin.

Chargement de l’image

À l'insu des bénévoles et d'une interdiction de s'y rendre, Roseline Filion est montée sur la plateforme de 10 mètres du Centre national aquatique, à Pékin.

Photo : Radio-Canada

Roseline ne s'est toutefois pas contentée d'observer la plateforme de 10 mètres toujours intacte. À l'insu des bénévoles, elle y est montée afin d'immortaliser le moment en dépit de l'interdiction d'y poser les pieds. Elle mérite une note parfaite pour son incursion!


Yanick, le guerrier

La balade en autobus entre les lieux de compétition et l'IBC n'était pas le moment idéal pour se préparer de manière optimale. Yanick Bourdon, qui veillait notamment sur les épreuves de patinage de vitesse sur longue piste, de planche à neige et de ski cross, a fait la preuve que le manque de confort n'est pas un obstacle à la productivité.

Chargement de l’image

Yanick Bourdon

Photo : Radio-Canada

Assis sur le plancher d'un autobus rempli à craquer, Yanick transmettait ses informations sur toutes les plateformes sous les regards intrigués des passagers. Une rumeur court selon laquelle Yanick a été vu quelques fois au salon des chaises de massage au sous-sol de l'IBC où il pouvait accorder un répit à son dos.


La tempête olympique

Se rendre aux compétitions de ski alpin était une aventure. Taxi, train, autobus et gondoles faisaient successivement partie de nos moyens de transport pour arriver à destination.

Chargement de l’image

Le journaliste Jean-François Poirier a donné des leçons de déneigement aux Pékinois.

Photo : Radio-Canada

Le caméraman Frédéric Tremblay et moi avons cependant choisi la mauvaise journée pour atteindre le sommet de la montagne lors du slalom géant. Ce jour-là, une tempête de neige, la seule ayant soufflé sur la région durant notre séjour, a bouleversé le quotidien des Chinois, peu habitués à devoir composer avec les inconvénients d'une bordée qui ne dérangerait pas les Québécois.

Notre long voyage de quatre heures nous aura tout de même permis d'apprécier les techniques de pelletage et de balayage des Chinois et même de leur offrir des leçons!

Chargement de l’image

Les Jeux de Pékin sont terminés.

Photo : Getty Images