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Nouvelle olympique

Chronique

Affaire Valieva : le Tribunal arbitral du sport blâme les responsables de l’antidopage

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Kamila Valieva à l'entraînement aux Jeux de Pékin

Photo : Getty Images / AFP/Anne-Christine Poujoulat

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Le Tribunal arbitral du sport (TAS) a rendu publiques ses conclusions dans ce que l’on appelle maintenant l’affaire Valieva.

On y apprend que le Comité international olympique (CIO), l’Agence mondiale antidopage (AMA) et la Fédération internationale de patinage (ISU) réfutent les arguments de l’athlète du ROC et de ses défenseurs, selon lesquels il y aurait eu contamination du produit dopant, la trimétazidine, laquelle se serait retrouvée accidentellement dans l’organisme de la jeune patineuse à cause de son grand-père malade.

Dans son réquisitoire, l’AMA parle de simples spéculations, il n'existe aucune preuve indépendante ou documentée que le grand-père de l'athlète utilisait de la trimétazidine.

Du côté du CIO, on maintient la même ligne. L'athlète s'appuyait sur une éventuelle contamination et cela soulève des doutes quant au niveau de justification de ces allégations, peut-on lire.

Du côté du ROC, on a fait intervenir l'expert médical Andrey Zholinskiy. Il a expliqué que la trimétazidine nécessite une ordonnance, un effet thérapeutique nécessite une prise régulière et il est interdit de l'utiliser chez les enfants. La substance produit des effets secondaires comme des étourdissements et des troubles extrapyramidaux qui sont préjudiciables au sport comme le patinage artistique, où la coordination est essentielle.

L’absorption par contamination est possible, et des traces peuvent être trouvées dans des échantillons même si quelqu'un dans l'environnement utilise ce médicament et cela pourrait se produire par des objets.

L’affaire Valieva, un rappel

Kamila Valiea a été suspendue provisoirement le 8 février par l'Agence russe antidopage (RUSADA) pour un test positif à la trimétazidine, dont le résultat est tombé au lendemain de sa victoire dans l'épreuve olympique par équipe avec le ROC. Ce produit, utilisé pour soulager les angines de poitrine, est interdit par l'AMA depuis 2014, car il favoriserait la circulation sanguine.

Ce contrôle a été réalisé en marge des Championnats de Russie à la fin décembre.

Le lendemain de la notification de son test positif, Valieva a obtenu la levée de sa suspension. Le CIO, l’ISU et l’AMA ont interjeté appel de cette décision. Il revenait au TAS de trancher, ce qu’il a fait 24 heures seulement avant le programme court féminin en permettant à la jeune patineuse de poursuivre ses Jeux olympiques.

En tête après le programme court, Kamila Valieva s’est effondrée en fin de concours, qu’elle a conclu au 4e rang.

Source : Agence France-Presse

On peut se montrer sceptique après tout ce que les Russes nous ont démontré par le passé, mais force est de constater que l’AMA, le CIO et l’ISU ont un problème et les trois savaient pertinemment que ce n’est pas lors des Jeux olympiques qu’il allait se régler.

Le comité ad hoc du Tribunal arbitral du sport, qui n’est qu’une infime partie du TAS, qui lui se trouve à Lausanne, est en Chine pour régler les problèmes de dopage qui ont lieu pendant les Jeux ou 10 jours avant la cérémonie d’ouverture, et cela, tout le monde le savait depuis qu’il a été mis en place.

C’est sans doute pourquoi il a été très sévère envers l’antidopage. Dans son règlement final, voilà ce qu’il écrit :

« Il est regrettable que cet épisode se soit produit pour cette athlète et les autres athlètes aux Jeux olympiques d'hiver. Cela a été le résultat d’organismes antidopage incompétents pour assurer une analyse en temps opportun des échantillons avant les Jeux, et ne pas veiller à ce que les affaires en suspens soient résolues avant les Jeux olympiques d'hiver. Si tout avait été accompli à temps et conformément aux délais recommandés par l'AMA dans les standards internationaux de ses laboratoires, une décision sur le fond du cas de Mme Valieva et sur son statut aurait pu être prise bien avant le début des Jeux et avant sa compétition. »

— Une citation de  Extrait des conclusions du TAS dans l'affaire Valieva

Et on poursuit en disant :

L'expérience et celle des autres athlètes ont été touchées négativement. En termes simples, les athlètes ne devraient pas être soumis au risque de préjudice grave occasionné par l'antidopage. L’incapacité des autorités à fonctionner efficacement à un haut niveau de performance ne protège pas l'intégrité du fonctionnement des Jeux. Comme a dit notre panel, la lutte contre le dopage est ardue et peut nécessiter des règles strictes. Mais les décideurs et ceux qui appliquent les règles doivent commencer par être stricts avec eux-mêmes. Les réglementations susceptibles de modifier la carrière des athlètes doivent être prévisibles.

Pour finir, le TAS a fait cette dernière déclaration :

Cette décision est fondée sur les faits présentés au groupe spécial, dont le fait instigateur était un retard insoutenable du laboratoire de Stockholm causé par des raisons non imputables à l'athlète et dont le point d'ancrage est que l'athlète est une personne protégée. Cette affaire ne concernait pas la violation alléguée des règles antidopage sous-jacente et la formation ne prend pas position sur ça. Mme Valieva aura la possibilité de contester ces preuves dans d'autres procédures sans rapport avec celle-ci, comme l'exigent les règles antidopage applicables.

Et voilà tout le fond d’une histoire qui ne fait que commencer. Une histoire trouble, nébuleuse et cruelle et qui, pour le moment, n’aura fait qu’une seule victime : une adolescente de 15 ans à qui l'on a brisé peut-être définitivement ses rêves.