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Nouvelle olympique

La recette des Pays-Bas pour récolter des médailles en patinage de vitesse

Pour une troisième fois à des Jeux olympiques, le comité néerlandais fait appel à un algorithme pour sélectionner les athlètes qui participent aux épreuves de patinage de vitesse, sport dans lequel le pays se distingue.

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La patineuse néerlandaise Irene Schouten a remporté deux médailles d'or à Pékin.

Photo : usa today sports / Michael Madrid

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Cela ne fait aucun doute, les Néerlandais entretiennent une passion particulière pour le patinage de vitesse.

Il suffit d’aller à l’anneau de glace de Groningen, dans le nord-est du pays, pour s’en apercevoir. En soirée, la semaine, des dizaines d’amateurs filent sur les pistes.

Vous voyez que les enfants rêvent aux Jeux olympiques et aux médailles, explique Auke, un entraîneur de la région.

Dans l’histoire olympique du pays, ils sont nombreux à avoir atteint cet objectif. Sur les 143 médailles remportées par des Néerlandais à des Jeux d’hiver, 138 l’ont été dans des épreuves de patinage de vitesse de courte et de longue piste.

Les Pays-Bas sont aux prises avec un beau problème. Ce petit pays de 17 millions d’habitants dispose d’énormément de talents dans ces disciplines, mais ne peut envoyer qu’une poignée d’athlètes aux JO, compte tenu des règles du Comité international olympique.

À Pékin, la limite est de neuf hommes et de neuf femmes en patinage de vitesse sur longue piste.

« Nous avons un énorme bassin de patineurs de grande qualité. Comment choisir les bons? »

— Une citation de  Gerard Sierksma, professeur à l’Université de Groningen

Voilà la question que s’est posée il y a plusieurs années le mathématicien Gerard Sierksma, professeur à l’Université de Groningen.

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Le professeur à l'Université de Groningen Gerard Sierksma a contribué à développer l'algorithme de sélection des patineurs néerlandais.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair.

Lui-même patineur dans ses temps libres, il a eu l’idée de mettre la science au service du sport en proposant au Comité olympique néerlandais la création d’un algorithme qui faciliterait la sélection des athlètes.

Le comité, qui a pour objectif que les Pays-Bas se retrouvent parmi les 10, voire les 5 premiers pays au tableau des médailles, a rapidement accepté la proposition.

L’algorithme, surnommé la matrice, permet de déterminer les épreuves dans lesquelles les Néerlandais ont le plus de chances de gagner des médailles. En fonction de leurs performances aux épreuves de qualification olympique, des patineurs sont ensuite sélectionnés.

Nous utilisons les performances réalisées sur différentes compétitions sur divers anneaux de glace dans le monde, explique Gerard Sierksma pour décrire les facteurs qui sont pris en considération par son équipe et lui.

Évidemment, certains facteurs, comme les risques de chute, sont imprévisibles.

Comme il y a plus de positions de départ que d’athlètes admis aux compétitions, l’objectif est aussi de sélectionner des patineurs qui réussiront à se démarquer dans plus d’une distance.

Un exemple : en 2022, la matrice suggérait que les Néerlandaises avaient un maximum de chances de remporter des médailles au 5000 m, au départ groupé et au 3000 m.

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Le patinage de vitesse est un sport très populaire aux Pays-Bas.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair.

La patineuse Irene Schouten, qui se démarque dans toutes ces épreuves, a sans surprise pu se qualifier pour les Jeux olympiques. À Pékin, elle a reçu l’or aux 5000 et 3000 m. La compétition en départ groupé se tiendra le 19 février.

Avec cet algorithme, il ne suffit donc plus de remporter les épreuves de qualification, qui sont très compétitives aux Pays-Bas, pour s’assurer d’avoir un aller simple vers les Jeux olympiques.

Ça peut être très frustrant, admet le professeur Sierksma, non seulement pour les athlètes qui réalisent d'excellentes performances aux qualifications, mais aussi pour les membres du comité olympique à qui revient ultimement la décision d’exclure certains de ces sportifs de la sélection, en raison des suggestions de la matrice.

Une réussite?

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Le professeur Gerard Sierksma explique le fonctionnement de l'algorithme qui contribue à sélectionner les patineurs néerlandais aux Jeux olympiques.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

L'algorithme élaboré à l’Université de Groningen a d’abord été mis en application pour la sélection d’athlètes en vue des Jeux olympiques de 2014, à Sotchi.

En Russie, les Pays-Bas ont fracassé un record avec leurs 24 médailles.

Quatre ans plus tard, à Pyeongchang, la cueillette a également été fructueuse. Les Néerlandais ont quitté la Corée du Sud avec 20 médailles, dont 8 d’or.

À Pékin, bien que les compétitions ne soient pas terminées, les patineurs venus des Pays-Bas continuent de s’imposer sur la glace. Le pays a déjà recueilli 13 médailles, dont 12 dans en patinage de vitesse.

Les Néerlandais ne cessent de surpasser leurs performances de Jeux passés. À Vancouver, en 2010, et à Turin, en 2006, ils avaient obtenu moins de 10 médailles.

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Les performances des patineurs néerlandais sont suivies de près aux Pays-Bas.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair.

L’algorithme, qui a commencé à être utilisé après les Jeux en Colombie-Britannique, peut-il expliquer les succès néerlandais sur la glace?

C'est difficile à dire, répond le mathématicien Gerard Sierksma, qui précise que plusieurs autres facteurs doivent être pris en considération.

« Il y a beaucoup plus d’énergie qui est déployée par le comité olympique pour être parmi les 10 pays les plus médaillés. Nous investissons aussi beaucoup d’argent dans ce sport. »

— Une citation de  Gerard Sierksma, professeur à l’Université de Groningen

Selon lui, la réussite de ce système unique au monde repose surtout sur le fait qu’il offre de la clarté au processus de sélection et qu’il est désormais accepté par les sportifs et leurs entraîneurs.

Gerard Sierksma, qui suit avec attention les compétitions olympiques, dit vivre un rêve depuis quelques années.

Mon passe-temps et ma profession de mathématicien fusionnent, dit-il.