•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Connectez-vous pour suivre vos sports favoris

Nouvelle olympique

Dopage : Kamila Valieva autorisée à poursuivre ses Jeux olympiques

Une patineuse artistique en vert à l'entraînement

Le reportage de Philippe Leblanc

Photo : Getty Images / AFP/Anne-Christine Poujoulat

Agence France-Presse

La patineuse artistique du ROC Kamila Valieva pourra participer mardi au concours individuel des Jeux olympiques de Pékin, a annoncé lundi le Tribunal arbitral du sport (TAS) dans une décision très attendue qui déçoit le Comité olympique canadien (COC).

Le TAS, sans se prononcer sur le fond de l'affaire, a confirmé la levée de la suspension provisoire de l'adolescente de 15 ans, qui a été décidée mercredi dernier par l'Agence antidopage russe (RUSADA).

Empêcher l'athlète de compétitionner aux Jeux olympiques lui causerait un préjudice irréparable, ont observé les trois arbitres, alors même que son jeune âge (moins de 16 ans) demande des règles de preuves précises et des sanctions allégées.

La prodige, grande favorite, peut donc continuer à défendre ses chances d'or olympique, dès sa première saison chez les seniors, même si rien n'empêche qu'elle soit sanctionnée d'ici plusieurs mois et qu'elle voit ses résultats être annulés, y compris pour les Jeux olympiques.

Le ROC a qualifié de meilleure nouvelle de la journée la décision du TAS qui permet à sa jeune athlète de continuer à performer.

« Tout le pays la soutient ainsi que toutes nos patineuses pour l'épreuve individuelle. »

— Une citation de  Déclaration du ROC

Le programme court féminin est prévu à partir de 5 h (HNE) mardi. Valieva, première patineuse à réussir des quadruples sauts dans l'histoire olympique au cours de la compétition par équipe il y a une semaine, doit patiner à 8 h 52 (HNE).

L'adolescente, issue de l'usine à championnes de la sévère entraîneuse Eteri Tutberidze à Moscou, n'a que quelque 24 heures pour se concentrer sur la plus importante compétition de sa carrière, après plusieurs jours de tempête.

Il a fallu attendre à mardi dernier, après l'épreuve par équipe remportée par le ROC, pour que Valieva soit informée du résultat positif d'un contrôle antidopage réalisé par la RUSADA le 25 décembre, à Saint-Pétersbourg, aux Championnats de Russie.

Cette notification tardive, par le laboratoire de Stockholm, chargé de l'analyse, a empêché l'athlète de réagir, même si elle n'y était pour rien, a expliqué à la presse Matthieu Reeb, le directeur général du TAS. Si les procédures avaient été réglées en 10 jours comme d'habitude, je ne serais pas là, a-t-il souligné.

Le produit incriminé est la trimétazidine, une substance utilisée pour soigner les angines de poitrine et interdite par l'Agence mondiale antidopage (AMA) depuis 2014, car elle favoriserait la circulation sanguine.

Quelques heures après l'annonce du TAS, le Comité international olympique (CIO) a indiqué par voie de communiqué qu'il attendra une décision sur le fond avant de remettre les médailles des épreuves auxquelles Valieva aura participé à Pékin.

Matthieu Reeb avec un masque en conférence de presse.

Le Tribunal arbitral du sport autorise Kamila Valieva à poursuivre ses JO

Photo : Getty Images / Tasos Katopodis

Le Canada extrêmement déçu

Le Canada, 4e de l'épreuve par équipe en patinage artistique, hériterait de la médaille de bronze en cas de disqualification du ROC. Il ne cache pas sa déception.

Cette situation est malheureuse et triste pour les athlètes, a dit par communiqué le Comité olympique canadien (COC). Le COC croit au sport propre. Une personne impliquée dans le dopage n’a pas sa place dans le mouvement olympique.

Le COC n’a pas été impliqué formellement dans le processus d’appel au TAS, mais nous avons suivi ce dossier de très près et fait du mieux que nous avons pu pour protéger les intérêts des patineurs artistiques canadiens et de tous les athlètes propres.

« La décision du TAS est le résultat d’un processus équitable, mais nous sommes extrêmement déçus du résultat. »

— Une citation de  Extrait du communiqué du Comité olympique canadien

Dans l'attente

L'annonce a surtout jeté un immense doute sur la suite du destin olympique de Valieva, suspendue provisoirement par la RUSADA dans un premier temps, avant d'obtenir dès le lendemain la levée de cette mesure, pour des raisons restées mystérieuses.

Cela a conduit le CIO, mais aussi l'AMA et la Fédération internationale de patinage (ISU), à saisir le TAS d'un recours contre cette décision.

Depuis l'officialisation de son test positif vendredi, Valieva continuait de s'entraîner consciencieusement, jour après jour, tantôt sur la glace olympique, tantôt sur la patinoire d'entraînement.

À l'exception d'un bonjour sonore lancé dimanche matin, accompagnée de membres de l'encadrement du ROC, elle est restée muette à chacun de ses passages de la zone mixte. Elle s'était même caché le visage derrière son chandail vendredi.

L'affaire Valieva a démarré en début de semaine dernière. Le CIO avait alors annoncé que la cérémonie de remise de médailles de la compétition par équipe était reportée pour des raisons juridiques.

La presse russe a ensuite évoqué un contrôle antidopage positif de Valieva, mais il a fallu attendre un communiqué vendredi de l'ITA, l'instance responsable du programme antidopage des Jeux olympiques, pour en avoir la confirmation.

Même si Valieva avait été suspendue, le patinage russe et l'école Tutberidze conservaient des arguments, puisque ses principales concurrentes sont aussi ses partenaires d'entraînement, précisément Anna Shcherbakova, championne du monde en titre, et Alexandra Trusova, médaillée mondiale et européenne, 17 ans toutes les deux.

L'affaire Valieva, quand elle sera examinée sur le fond, pourrait aussi raviver les soupçons entourant le sport russe, à la réputation déjà bien entachée en matière de dopage par le scandale des Jeux de Sotchi, en 2014.