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Nouvelle olympique

Rêve olympique : le nouvel équilibre de Laurent Dubreuil

Recroquevillé, il s'apprête à s'élancer sur la ligne de départ.

Laurent Dubreuil

Photo : dave holland/canadian sport institute calgary / Dave Holland / Patinage de vitesse Canada

Radio-Canada

Fils de parents athlètes olympiques, le patineur Laurent Dubreuil vit sa passion à 100 km/h. Assez pour en être consumé, même si le succès n’a pas toujours été au rendez-vous. Mais depuis que la paternité est arrivée dans sa vie, avec la naissance de sa fille Rose en 2019, il connaît les meilleurs moments de sa carrière.

La nouvelle membre de la famille est désormais son point d’ancrage. Laurent Dubreuil est le premier à le dire, il est un nouvel homme maintenant qu’il a trouvé le juste milieu entre le longue piste et son quotidien à l’extérieur du cadre sportif.

C’est important l’équilibre pour n’importe quel athlète, et c’est important pour moi parce qu’il y a des moments où je n’avais pas beaucoup d’équilibre dans ma vie, où c’était juste le patin. Ce n’est pas nécessairement les moments où ça allait le mieux en patin et où j’étais le plus heureux, dit-il avec le sourire en coin.

Performer quand c’est important, c’est devenu facile. Ce n’est pas une question de vie ou de mort. Une course importante, c’est quand même moins important que la santé de ma fille, ajoute-t-il avec philosophie.

« Toute sa vie tournait autour du patin. Mais maintenant, c’est plus le patin qui tourne autour de sa vie. »

— Une citation de  Andréanne Bastille, épouse de Laurent Dubreuil

C’est son travail, oui, mais c’est vraiment sa passion. Il respire pour le patin, c’est ce qui l’habite, le motive. C’est le feu à l’intérieur de lui et son moteur aussi. C’est un papa aimant. Laurent n’est pas quelqu’un de très expressif, de très démonstratif, mais avec Rose, on voit vraiment tout ce qu’il garde plus à l’intérieur, constate Andréanne Bastille.

Auparavant, l’athlète de 29 ans qui en sera à ses deuxièmes Jeux olympiques, à Pékin, s’est perdu en chemin à force de se projeter dans l’avenir. Selon ses résultats, le patinage de vitesse longue piste pouvait soit lui apporter de l’euphorie ou de la mélancolie.

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Laurent Dubreuil

Photo : Getty Images / Dean Mouhtaropoulos

C’est une erreur que j’ai faite par le passé. En 2012, j’étais champion du monde junior et j’avais le record du monde junior, c’était comme sûr que j’allais faire les Jeux en 2014… Mais je ne me suis juste pas classé aux Olympiques parce que j’ai stagné durant deux ans. J’ai complètement arrêté de m’améliorer à cause que je n’étais pas concentré sur le moment présent. J’étais toujours à me voir dans le futur, à m’imaginer gagner des médailles, alors qu’il fallait juste que je fasse le travail au quotidien pour me rendre sur le podium.

« Je suis heureux quand le patin m’apporte du bonheur, pas quand le patin consume ma vie. C’est comme ça que je me sentais aux derniers Jeux quand ça n’a pas bien été, c’est comme ça que je me sentais en 2014 quand j’ai raté les Jeux. Chaque course était un référendum sur ta qualité d’être humain. Si tu as une mauvaise course, tu es une vidange. Si tu as une bonne course, tu te sens comme un dieu grec de l’Antiquité. C’est malsain! »

— Une citation de  Laurent Dubreuil, patineur de vitesse sur longue piste

Un nouvel état d’esprit qui rapporte

Lors du dernier camp estival, en août, l’athlète de Lévis a affiché la meilleure forme de sa carrière, les données enregistrées supplantant celles de l’année précédente. De profonds changements à son programme d'entraînement ont contribué à son essor.

Deux mois plus tard, il a été le plus rapide sur 500 et 1000 m aux Championnats canadiens, avec de nouveau des sommets personnels à ce moment de la saison, dont son meilleur départ à vie. Un avant-goût de l’automne à venir pour le champion du monde en titre du 500 m, épreuve reine du sprint en longue piste.

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Laurent Dubreuil

Photo : Getty Images / Geir Olsen

D’excellents résultats ont suivi sur le circuit de la Coupe du monde avec une récolte inespérée de huit médailles en huit épreuves. Peu avant le temps des Fêtes, sur l’ovale de Calgary, Laurent Dubreuil est devenu seulement le cinquième patineur sur 500 m à obtenir un temps inférieur à 34 secondes. C'était de bon augure à deux mois des Jeux de Pékin.

Laurent fera face à quelque chose qu’il n’a jamais vécu, c’est-à-dire arriver aux Jeux olympiques en tant que favori. Oui, il faut qu’on l’assume, mais on ne défend pas un titre, on va chercher quelque chose, déclare son entraîneur dans le programme national, Gregor Jelonek, qui porte également le chapeau de parrain de Rose.

J’essaie de ne pas trop penser à des résultats, mais c’est sûr qu’être champion du monde une année avant les Jeux, tu vises à répéter, à reproduire la même course au bon moment. Mon approche n’a pas changé, c’est la même chose : toujours être focus sur l’exercice que je suis en train de faire et ne pas penser au lendemain, à dans 10 mois parce que c’est dans longtemps. Oui, on y rêve, mais ce n’est pas en y rêvant que ça va fonctionner, c’est en faisant tout, parfaitement, au quotidien, affirme Dubreuil.

C’est sûr que je veux gagner, c’est sûr que professionnellement, je serai plus heureux si je remporte les Jeux olympiques. Mais, au final, je suis à un point dans ma vie où les résultats ne me définissent plus du tout. Ma qualité de père me définit beaucoup plus. J’aime mieux quand Rose me dit : "Je t’aime papa" que "papa, numéro un", conclut-il avec certitude.

Qu’est-ce que la série Rêve olympique?

À quelques semaines de l'ouverture des Jeux d'hiver de Pékin, la série Rêve olympique vous fait renouer avec huit athlètes canadiens d'exception qui vous ont fait vivre de grandes émotions il y a quatre ans à Pyeongchang.

Leur parcours a été marqué par de grands bouleversements et, parfois, par de graves problèmes de santé. Soyez témoins de leurs grandes victoires, certaines au fil d'arrivée, mais beaucoup d'autres contre l'adversité. Parce que l'histoire d'une médaille olympique se raconte à travers tous les obstacles et les batailles, découvrez leurs rêves olympiques.


  1. Valérie Grenier : Quand la peur s’invite (Nouvelle fenêtre)
  2. Mikaël Kingsbury : Dans la tête du champion (Nouvelle fenêtre)
  3. Mélodie Daoust : Un seul but (Nouvelle fenêtre)
  4. Kim Boutin : La reconstruction (Nouvelle fenêtre)
  5. Charles Hamelin : La renaissance (Nouvelle fenêtre)
  6. Maxence Parrot : Le combat (Nouvelle fenêtre)
  7. Éliot Grondin : L’ascension d’un jeune prodige (Nouvelle fenêtre)
  8. Laurent Dubreuil : En équilibre (Nouvelle fenêtre)

(Avec les informations de Diane Sauvé)