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Nouvelle olympique

« Pas évident! » : des médecins devenus pros du ski pour les Jeux de Pékin

Une personne casquée vérifie son équipement de ski.

Le personnel médical se prépare pour intervenir sur les pentes.

Photo : Getty Images / NOEL CELIS

Agence France-Presse

Des médecins chinois se sont mis au ski à haute dose pour pouvoir secourir d'éventuels athlètes blessés. À quelques jours des premières compétitions, ils peaufinent leur technique sur le site de Yanqing, qui accueillera à 80 km au nord de Pékin les épreuves olympiques de ski alpin.

Ces anesthésistes, traumatologues, infectiologues, chirurgiens, sac médical de 10 kilos sur le dos, dévalent les pistes par moins 20 degrés.

En 2018, un appel a été lancé dans une dizaine d'hôpitaux de la région pour recruter des médecins volontaires. Condition indispensable : avoir au moins une petite expérience de skieur amateur.

Âgés de 33 à 62 ans, avec un simple niveau loisir, ils ont enchaîné les formations depuis 2019 pour devenir des skieurs chevronnés.

Vêtus d'une veste orange floquée d'une croix blanche, ils effectuent les derniers exercices qui doivent leur permettre d'arriver rapidement à n'importe quel endroit de la piste et d'assurer les premiers secours.

Apprendre à chausser et à déchausser les skis sur la neige, c'était difficile. Si tu tombes, tu dégringoles jusqu'en bas parce que la piste est très raide et glissante, dit la médecin Li Dong, 51 ans, infectiologue à l'hôpital de médecine traditionnelle chinoise de Changping.

La formation, ce n'était pas évident, résume Li Qiyi, 49 ans, chirurgien orthopédique à l'hôpital Xiehe, un établissement hospitalier réputé de Pékin.

Ça chutait parfois à -20 ou -30 degrés, avec une température ressentie encore plus basse. Certains ont eu des engelures aux pieds ou au visage, détaille-t-il.

Ces médecins, les premiers de Chine à être spécifiquement formés au secours d'urgence à ski, sont fin prêts.

On est tous médecins, donc habitués au secours d'urgence dans nos hôpitaux. Mais sur une piste de ski de compétition, avec le froid extrême, la pente, l'environnement, c'est très différent, explique Li Qiujun.

Les skieurs peuvent atteindre, en descente notamment, des vitesses de 140 km/h. Toute chute est donc potentiellement grave.

Il dévale la piste.

Le personnel médical sur les pentes de ski des Jeux d'hiver de 2022

Photo : Getty Images / NOEL CELIS

Équipés d'émetteurs-récepteurs radio 5G avec écran et caméra vidéo, les médecins ont sur le dos un gros sac contenant matériel d'intubation, seringues, bouteille d'oxygène, gaze, attelles, stéthoscope, défibrillateur et tensiomètres.

Si un skieur se blesse, on doit être capable de se porter à son secours en quatre minutes. On doit évaluer la gravité de la blessure, puis effectuer les premiers secours pour qu'il soit évacué rapidement vers un endroit où il pourra bénéficier de meilleurs soins, ajoute le Dr Li.

Ils doivent aussi pouvoir communiquer avec des athlètes étrangers.

Si le blessé reste conscient, on communique avec lui en anglais. On a eu pas mal de cours d'anglais pendant notre formation, conclut-il.

Tous les hivers depuis quatre ans, ces médecins partagent leur vie entre d'un côté leurs consultations ou leurs opérations à l'hôpital, et de l'autre leur entraînement sur les pistes, à raison de quatre ou cinq semaines par an.