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Nouvelle olympique

Rêve olympique : la renaissance de Charles Hamelin

Deux patineurs sur courte piste se suivent dans un virage.

Charles Hamelin vise une sixième médaille olympique au mois de février à Pékin.

Photo : Associated Press / Zsolt Czegledi

Radio-Canada

Après une expérience ardue aux Jeux de Pyeongchang, Charles Hamelin a décidé de reporter sa retraite olympique pour clore sa carrière selon ses termes. De sa rupture hautement médiatisée est née une vie de famille dont le patineur a longtemps rêvé, qui lui fournit l’assurance nécessaire pour écrire le dernier chapitre de son parcours d’athlète.

De son propre aveu, le rendez-vous en Corée du Sud a été raté. Physiquement, mes jambes, mon cardio et tout, je pense que j’étais vraiment, vraiment super prêt, sauf le plus important… le mental. J’étais zéro là, se souvient Charles Hamelin, qui était à l’époque sur le point de se séparer de Marianne St-Gelais.

Ça roulait trop dans ma tête, il y avait trop de questions, trop d’incertitudes. Ça n’allait pas bien. La raison pour laquelle je ne dormais pas, ce n’était pas une question d’être trop stressé pour performer aux Jeux, c’était des questions et des trucs qui passaient dans ma tête qui étaient seulement liés à ma relation qui était en train de se détériorer, confie le spécialiste du courte piste.

Moins de deux semaines après la conclusion des Jeux d’hiver de 2018, Charles Hamelin et Marianne St-Gelais avaient annoncé conjointement la fin de leur relation dans un bref communiqué.

À Pyeongchang, les épreuves individuelles auxquelles était inscrit Charles Hamelin n’ont pas donné lieu aux prestations espérées. Des décisions à s’en gratter la tête, dit-il sans détour, l’ont mené à être pénalisé en qualifications du 500 m, en demi-finales du 1000 m et en finale du 1500 m.

Résultat des courses : aucune médaille en solo.

« Je savais que j’avais le potentiel d’être très performant à Pyeongchang. J’ai été disqualifié sur toutes les distances, j’ai fait beaucoup d’erreurs, plein d’affaires où je me disais : "Pourquoi as-tu fait ça?" On dirait que je n’ai pas de réponses à ça parce que j’étais aux Jeux, mais je n’étais pas aux Jeux. Ma tête n’était pas là. »

— Une citation de  Charles Hamelin, patineur de vitesse sur courte piste

Le mal était fait. Charles Hamelin a connu ses pires Jeux à tous les points de vue. Il s'est toutefois repris avec ses coéquipiers au relais 5000 m, le quatuor grimpant sur la troisième marche du podium lors de l'ultime épreuve au programme de courte piste.

Un résultat inestimable qui a mis un baume sur une compétition largement en deçà de ses attentes.

Quatre patineurs s'apprêtent à monter sur un podium.

Charle Cournoyer, Pascal Dion, Samuel Girard et Charles Hamelin

Photo : Associated Press / Julie Jacobson

Malgré les difficultés que j’ai eues durant les Jeux, j'ai su garder mon plaisir avec les gars et on a réussi à travailler ensemble pour arriver sur la glace en finale. Sincèrement, on aurait dû gagner ce relais-là. Au moins, avec les gars, c'était cool, on a tripé. D'être resté positif durant tous ces Jeux et d'apporter du positif avec les gars, pour moi, cette médaille a pas mal plus une valeur d'or que de bronze, affirme avec conviction le quintuple médaillé olympique.

Loin de la récolte espérée, mais surtout d'avoir pu patiner dans de bonnes dispositions, la locomotive de Sainte-Julie a décidé de reporter son arrêt définitif. D'autant plus qu'il ne lui manque qu'un podium au 1000 m afin de compléter sa collection dans toutes les distances.

C'est sûr que les Jeux ont une part du pourquoi j'ai décidé de continuer [...] Je sens que la fin est proche, je sens que la coche que je vais perdre, qui fera en sorte que je ne serai plus compétitif, elle approche, soutient le vétéran.

L'évolution de Charles Hamelin

Entre les Jeux de Turin en 2006, ses premiers, et ceux de Pékin en février prochain, ses cinquièmes et derniers, le nouveau père de famille en a parcouru du chemin, amassant au passage une quantité astronomique de succès.

Qu’ils s’agissent des Coupes du monde, des mondiaux ou des Olympiques, le Québécois est un habitué au podium depuis une quinzaine d’années. Il est d'ailleurs le champion du monde en titre du 1500 m. Son aisance à s’acclimater aux diverses situations y est pour beaucoup, selon le principal intéressé, ainsi que l'entraîneur-chef de l’équipe canadienne.

Si je suis encore dans le patin en ce moment, c’est parce que je me suis adapté toute ma vie pour rester au plus haut niveau, dit le triple champion olympique. [La paternité] est une autre adaptation, j’ai tellement pas peur et je suis le plus heureux en ce moment.

Ce qui est assez formidable, je trouve, c’est aussi sa capacité d’adaptation aux groupes, parce qu’ils changent au fil des années, aux entraîneurs, aux modes d’entraînement, aux nouvelles choses qu’on veut apporter. Qu’il arrive à faire ça, maintenant qu’il a une petite fille, c’est important de le montrer au monde, qu’on peut être un athlète de haut niveau, dédié à son sport, et aussi avoir d’autres choses dans la vie. Ce n’est pas incompatible, souligne avec fierté Sébastien Cros.

Il prend dans ses bras sa conjointe enceinte.

Le patineur de vitesse Charles Hamelin et sa conjointe Geneviève Tardif

Photo : Courtoisie Charles Hamelin

La paternité a également changé l’approche de Charles Hamelin au sein de la formation nationale. Son nouveau quotidien le sert bien dans ses rapports avec ses plus jeunes coéquipiers. Née au printemps 2020, sa fille prénommée Violette l'aide désormais à se relâcher, aux dires de l'athlète.

Je dois l’avouer, quand j’étais plus jeune, je n’étais pas toujours facile d’approche parce que j’étais super concentré sur ce que je faisais sur la glace. Mais en ce moment, avec ma fille, je vois la vie avec une perception un peu différente. Et avec mon rôle de papa, j’essaie de le transmettre un peu sur les gars et les filles du patin, raconte-t-il.

Plus jeune, j’avais la mèche très courte quand je patinais. Mais avec Violette, il y a bien des choses que je laisse passer qu’avant je ne laissais pas passer. Je suis pas mal plus… chill, renchérit-il.

« Violette a rendu Charles plus humain. Moi, en tout cas, je vois plus un Charles qui montre ses sentiments, qui communique davantage. »

— Une citation de  Geneviève Tardif, conjointe de Charles Hamelin

Parmi le quintette de patineurs canadiens qui se rendra à Pékin, Charles Hamelin est de loin le plus expérimenté du groupe à 37 ans, tandis que Pascal Dion, seul autre membre de la formation masculine avec un bagage olympique, est plus jeune d'une décennie. Suivent dans l'ordre Maxime Laoun, Steven Dubois et Jordan Pierre-Gilles, respectivement âgés de 25, 24 et 23 ans.

Le gros clash, c’est vraiment la différence d’âge entre moi et les autres patineurs. Je pourrais être leur père, c’est quelque chose de très spécial, mentionne d’un ton amusé le doyen de l'équipe unifoliée.

Charles amène beaucoup de stabilité, il s’entraîne tellement fort. Il est tellement assidu que ce n’est pas vraiment surprenant qu’il fasse encore des records personnels [...] En plus, Charles, c’est un bœuf, il est tellement fort à l’entraînement. C’est le fun d’essayer de se battre avec lui, s’entraîner avec lui, c’est vraiment un bon plus, indique Steven Dubois.

Un entraîneur et un patineur rigolent pendant un entraînement.

Sébastien Cros et Charles Hamelin

Photo : Radio-Canada / Étienne Bruyère

Qu’est-ce que la série Rêve olympique?

À quelques semaines de l'ouverture des Jeux d'hiver de Pékin, la série Rêve olympique vous fait renouer avec huit athlètes canadiens d'exception qui vous ont fait vivre de grandes émotions il y a quatre ans à Pyeongchang.

Leur parcours a été marqué par de grands bouleversements et, parfois, par de graves problèmes de santé. Soyez témoins de leurs grandes victoires, certaines au fil d'arrivée, mais beaucoup d'autres contre l'adversité. Parce que l'histoire d'une médaille olympique se raconte à travers tous les obstacles et les batailles vaincues, découvrez leurs rêves olympiques.


  1. Valérie Grenier : Quand la peur s’invite (Nouvelle fenêtre)
  2. Mikaël Kingsbury : Dans la tête du champion (Nouvelle fenêtre)
  3. Mélodie Daoust : Un seul but (Nouvelle fenêtre)
  4. Kim Boutin : La reconstruction (Nouvelle fenêtre)
  5. Charles Hamelin : La renaissance (Nouvelle fenêtre)

(Avec les informations d'Olivier Pellerin)